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Choisir le moindre mal entre deux maux!

Le premier tour de l'élection présidentielle n'a pas permis aux maliens de se choisir un Président de la république. Cela nous commande de nous rendre aux urnes une seconde fois le 11 août 2013 pour choisir cette fois-ci non pas entre vingt sept candidats mais seulement deux. Plus que jamais les maliens doivent se mobiliser pour ce faire. Nous sommes presqu'au « bout du tunnel » avec le choix de ce nouveau Président. Nous avons maintenant la question de la bonne organisation de l'élection derrière nous en dépit du fait que nombre de nos concitoyens auront été privés de leur droit vote.

 

Salif Ouattara

Dans ce contexte, ceux qui ont eut le privilège de voter au premier tour, devraient récidiver le 11 août 2013.

 

 

Ainsi, la situation actuelle de notre nation laisse-t-elle le choix aux électeurs de se rendre aux urnes ?

 

Doivent-ils s'abstenir en ne choisissant aucun des deux candidats ? En clair, les maliens ne sont-ils pas contraint de se prononcer le 11 août quand bien même ils ne se reconnaissent dans aucun des deux candidats du second tour ?

 

 

C'est tribune a pour objet d'analyser cet aspect du « nouveau processus démocratique » malien.

 

 

Le deuxième tour de l'élection présidentielle du Mali opposera finalement M. Ibrahim Boubacar KEITA à M. Soumaila CISSE. Le peuple malien a choisi d'envoyer ces deux individus au second tour. Vu leur passé non irréprochable, l'on peut affirmer que bon nombre de nos concitoyens sont restés sur leur faim ; le défaut de renouvèlement de la classe politique pourrait de toute évidence constituer à leurs yeux un échec du « nouveau processus démocratique » qui serait alors « mort né ». Il en est ainsi parce que non seulement ces deux individus ont pris part à la dégringolade de notre nation de façon directe ou indirecte, mais aussi et surtout parce qu'avec eux, les comportements qui ont enfoncés le pays, feront leur retour de la plus belle des manières ; je veux nommer les coalitions ou plateformes qui se sont constituées en leur faveur. J'avais dis (il y'a quelques semaines) que ces coalitions étaient contre-nature, que ces plateformes sont insincères et que celles-ci n'ont, pour la plupart d'autres buts que d'acquérir un poste ministériel, une direction générale ou nationale, une ambassade etc.

 

 

Nonobstant l'échec du renouvellement de la classe politique, il faudra tout de même se prononcer le 11 août. Personnellement, je ne conseillerais à quiconque de s'abstenir de voter; je recommanderais à tout un chacun de se prononcer, pas par un vote blanc mais plutôt de voter en faveur d'un candidat qu'il pense être le moindre mal des deux maux. L'enjeu est énorme, il y va de la survie de notre nation. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas faire de ce second tour, notre affaire.

 

 

Si nous ne nous rendons pas aux urnes, ce sont d'autres qui choisiront à notre place. Nous ne devons pas nous tromper cette fois-ci dans le choix du Président de la république car c'est à lui que reviendra la lourde tâche de sortir le pays du gouffre et de redorer l'image de notre grande nation.

 

 

Si nous ne votons pas afin de « barrer la route » à un candidat d'un certain acabit, nous pouvons dire à jamais adieu à la nation malienne car nous nous enfoncerons encore plus et très rapidement !

 

 

Chacun fera son choix en son âme et conscience pour le bonheur de tous. Je ne peux que dégager quelques critères susceptibles de faciliter la tâche à l'électeur du 11 août.

 

 

Qui est le moindre mal des deux maux ?

Le moindre mal est celui qui a le moins prit part à la dégringolade de notre nation par rapport à son adversaire; celui qui a souvent dénoncé certains textes, certains accords, certains comportements quand bien même il l'aurait fait en étant à l'intérieur du système de gouvernance. L'idéal aurait été qu'il ne soit pas mêlé au système ; ce qui est regrettable

 

Nous ne le choisirons pas parce que nous pensons qu'il est la solution, mais seulement parce que nous n'avons pas d'autres choix que de faire obstacle à son adversaire qui serait pire que lui. Nous faisons cela en attendant les cinq prochaines années où nous nous offrirons un Président correspondant le mieux aux aspirations du peuple malien. Ce n'est pas parce que nous manquions de vrais présidentiables le 28 juillet, mais tout simplement parce que le peuple n'a pas su prendre son courage en main en infligeant un carton rouge aux caciques des régimes de ces vingt dernières années. Aussi, les autorités de transitions ne nous ont pas laissé ce choix en donnant la possibilité à tous les citoyens en âge de voter d'exercer pleinement leurs droits! Les autorités de transition n'ont pas su s'affranchir du « colon français » qui se voulait intraitable sur la date butoir du 31 juillet pour l'organisation du premier tour de l'élection présidentielle. L'histoire retiendra ainsi que la France, la même année, aura été le libérateur du Mali et en même temps l'instigateur de l'effondrement de sa jeune démocratie !

 

 

Pour revenir aux deux candidats du second tour, nous aurions pu nous passer d'eux, car sur les vingt sept candidats, seulement deux à trois autres me semblait être les mieux à même de relever le défi du redressement et de l'essor de notre nation.

 

 

Ceci étant, le travail de renouvellement de la classe politique devra se poursuivre au lendemain même de l'investiture du vainqueur du second tour, mais cette fois-ci en douceur, sans violence ni déchirure.

 

Il devra se poursuivre par un travail de fond et une sensibilisation de nos concitoyens sur la place d'un chef de l'Etat. Une fois que nous aurions réellement cerné cette place, nous ne troquerons plus jamais nos votes contre quoique ce soit.

 

Pour finir, nous osons espérer que le moindre mal choisi entre les deux maux, fera le moindre mal à notre nation car a-t-on l'habitude de dire : « Si le vin est tiré, on ne peut que le boire ».

   Salif OUATTARA

              Doctorant en Droit Privé pour Maliweb.net

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