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53% des tunisiens sont pour un gouvernement de technocrates

Par Ridha Ben Kacem
Depuis quelques temps, la menace terroriste devient de plus en plus évidente pour la majorité des tunisiens. Ainsi, ils sont 65% à l'estimer élevée. En avril dernier, alors que les tunisiens faisaient connaissance avec la menace terroriste au rythme des explosions des mines au Jebal Châambi, ils n'étaient que 59% à penser que cette menace était élevée. Ces données nous ont été révélées par un sondage d'opinion effectué du 2 au 3 août 2013, par TUNISIE SONDAGE, auprès de 1780 personnes, un échantillon représentatif de la population tunisienne, âgée de 18 ans et plus.

On aurait pu penser, que pour un peuple qui a toujours été préservé des troubles fracassants de l'actualité, l'irruption soudaine de la menace terroriste, dans sa vie quotidienne, allait faire prendre conscience, à la plus grande majorité, de la nature fondamentalement dangereuse de la menace terroriste. Mais l'on est en fin de compte surpris de constater qu'un gros tiers de la population continue à n'y voir rien aucune gravité, ni pour la sécurité du pays ni pour sa propre sécurité. Faut-il chercher l'explication dans les séquelles de l'excès de protection, prodiguée par l'Etat-providence, l'Etat-surveillance, l'Etat-omniprésence, seul modèle de gestion politique que le tunisien ait connu, depuis l'indépendance ? Les psychologues et les sociologues ont vraiment du pain sur la planche, pour mieux nous renseigner sur les ressorts de motivation de nos compatriotes.

Pour les trois quarts des tunisiens, soit 74%, la causes de l'émergence de cette menace terroriste réside dans la complaisance affichée par le mouvement Ennahdha, Parti au pouvoir, envers les mouvements salafistes radicaux, que le mouvement considère comme son réservoir électoral naturel, conjuguée en plus, pour 50% des tunisiens, à un certain laxisme du gouvernement provisoire, face à la violence verbale et physique, qui se répand inexorablement dans la société, depuis les élections du 23 octobre 2011.

Compte tenu de ces attitudes officielles, plus ou moins condamnables, 62% des tunisiens exigent désormais, une tolérance zéro, face aux mouvements extrémistes religieux. Il se trouve aussi, que pour 55% des interrogés, la chute du gouvernement Laârayedh ( islamiste ) est une condition nécessaire, pour vaincre le terrorisme, qui mine la société tunisienne. La réactivation de la loi antiterroriste, ne séduit, quant à elle, qu'une grosse minorité de 43%. Lucides, les tunisiens, ne lient pas la lutte contre le terrorisme, à la dissolution de l'assemblée constituante. Seuls en effet, un gros tiers de 36% de la population pense que la dissolution de l'ANC permettrait de mettre fin au terrorisme, en Tunisie. Il semble que sur ce plan là du moins, les tunisiens sont plutôt pour la stabilité, mais seraient-ils pour autant conservateurs ?

Enfin et indépendamment de tout autre fait lié au terrorisme et aux événements extérieurs, 53% des sondés estiment qu'il devient nécessaire à l'heure qu'il est, de remplacer le gouvernement actuel, par un gouvernement de technocrates indépendants. Cette majorité n'est pas très prononcée ni suffisamment tranchée, mais elle témoigne d'un réel malaise quant à la perception du rendement du gouvernement provisoire Laârayedh. D'ailleurs ce « verdict » est renforcé par le fait que seuls 32% des sondés pensent qu'il faut garder le gouvernement Larayedh, tout en y changeant quelques ministres. Il semble donc, que même dans les rangs des soutiens de la légalité, l'on est bien conscient que le gouvernement Larayedh, n'est vraiment, pas la panacée et qu'il arrive au bout du chemin qui est ou était le sien.

La grosse surprise de ce sondage d'opinion nous est venue cependant, de ces 7% des sondés qui sont en faveur d'un gouvernement d'union nationale groupant tous les partis politiques. Ce score est si faible qu'il est dépassé par le taux des « éternels spectateurs » ceux, qui comme d'habitude, ne se prononcent pas et qui sont de l'ordre de 8%. C'est dire l'importance de la fracture sociopolitique qui caractérise, aujourd'hui, le pays. Ce n'est pas en effet, aujourd'hui, à la faveur de la menace terroriste, que les tunsiens oublieront leurs profondes divergences, pour s'unir et offrir un front commun, face à ceux qui veulent du mal à ceux pays. Dommage. Le terrorisme a , face à lui , un peuple déchiré et la réconciliation n'est pas pour le moment, à l'ordre du jour.

Par Ridha Ben Kacem le 5 août 2013

Tunisie Focus

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