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Crise des cités universitaires : La version de l'ANEB

Camarades étudiantes et étudiants,

La soirée du jeudi 1er août a vu une répression féroce s'abattre sur les étudiants dans les rues de Ouagadougou. Les étudiants ont été réprimés à coup de gaz lacrymogène, bastonnés et pourchassés à travers la ville par les éléments de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS), la Brigade Anti- Criminalité (BAC) et la gendarmerie nationale. Le bilan est particulièrement lourd. On déplore plusieurs étudiants blessés dont des cas graves ; certains ont été arrêtés et conduits dans des centres de détention. Selon les autorités, cette répression féroce se justifierait par le refus des résidents de quitter les cités universitaires. Mais comment en est-on arrivé là ?

Tout est parti de la suspension des ½uvres sociales sous le prétexte des vacances universitaires par les autorités du CENOU dans la soirée du 30 juillet 2013. Il faut noter que ces décisions n'ont été communiquées ni aux étudiants ni à leur organisation.

A sa demande, l'ANEB a été reçue en audience par le Directeur régional du CENOU le 31/07/13 à 10h pour discuter de la question des ½uvres sociales et promesse avait été faite par le Directeur régional de transmettre les doléances à la hiérarchie et de joindre le Comité Exécutif le soir même pour des réponses précises sur la question de la restauration. Comme d' habitude les autorités n'ont pas tenu leurs promesses. Et le Directeur général (DG) du CENOU le sait bien !

Au journal de 20h de la RTB du mercredi 31 juillet, le Dr André BATIANA, DG du CENOU dit entre autres qu'aucun « étudiant ou responsable d'étudiants ne l'a approché pour poser le problème », « les programmes sont terminés et les universités en vacances », « j'accepte donner quatre jours aux étudiants pour se débrouiller quitter les cités ».

Pour le Directeur Général, les cours sont finis dans les universités alors que les étudiants vivent les conséquences d'un ''blanchiment technique'' qui risque fort de se répéter. En effet, le retard dans l'année académique est criard surtout à l'UFR LAC où le DG lui-même enseigne. Les étudiants viennent de commencer les cours au mois de mai. D'autres sont dans l'attente des résultats de la 2ème session de l'année 2011-2012.

Aucune Unité de Formation et de Recherche (UFR) n'a terminé l'année 2012-2013 à l'heure actuelle dans les universités de Ouagadougou et de Ouaga2. Les UFR SEG ( Sciences Economiques et de Gestion), Sciences de la Santé (SDS) et Sciences Juridiques et Politiques (SJP) qui sont les plus avancées dans l'année académique 2012-2013 reviendront composer les examens de la première session en octobre.

On voit bien que des étudiants sont obligés de rester en cités pour préparer leurs examens. De plus la tranche d'allocation financière ( FONER) servie depuis le mois de mai est actuellement épuisée pour ceux qui l'ont reçue. La grande majorité des étudiants n'ont pas reçu d'allocation du fait du retard et malgré le tapage fait par le gouvernement suite à la mesure du ''blanchiment technique''.

Camarades étudiantes et étudiants ;

Pourquoi les autorités du CENOU qui ont été au Conseil de la Formation et de la Vie universitaire (CFVU) de l'université de Ouagadougou et de Ouaga2 pour adopter les calendriers universitaires depuis le mois de mars 2013 font semblant d'être surprises par les vacances ? Qu'ont elle fait pour empêcher cette situation ? Pourquoi vouloir justifier la suspension des ½uvres universitaires par les vacances ?

L'ANEB rappelle aux autorités que le maintien du Restaurant Universitaire (RU) et des cités pendant les vacances est le fruit des luttes menées par les étudiants depuis des années et elle ne laissera quiconque les arracher fut-il un directeur zélé. En réalité les appels à candidatures pour les cités vacances étaient lancés régulièrement en mai, les résultats de la sélection publiés au moins deux semaines avant le premier jour des vacances pour permettre aux étudiants de se préparer en conséquence. Même des étudiants non résidents peuvent bénéficier des cités vacances. Seulement les deux dernières années, l'ANEB a demandé et obtenu le maintien de toutes les ½uvres sociales pendant les mois d'août et de septembre comme mesure d'accompagnement des étudiants dans le processus de rattrapage du retard.

Pourquoi alors attendre la veille des vacances pour vouloir déguerpir les étudiants ? Quelle réfection monsieur le DG compte effectuer à la cité Kossodo que les autorités elles-mêmes qualifient de « référence dans la sous région » et dont les bâtiments C et D ont été ouverts cette année même ?

M. BATIANA est assurément un des apprentis sorciers de la sphère fascisante du pouvoir de la IVème République qui se dit être venu pour en finir avec les acquis sociaux des étudiants. Il compte pour se faire s'inspirer des fermetures de 2008. Sa sortie au journal de 20h n'est qu'une campagne médiatique pour justifier la répression aveugle qui allait suivre.

Les étudiants ne sont pas dupes. Le DG du CENOU caresse certainement le désir secret d'appliquer les nouveaux tarifs contestés des prestations sociales (cités, RU, Mutuelle de santé,...) à la rentrée.

L'ANEB rappelle aux autorités que l'université ainsi que les ½uvres et allocations sociales fonctionnent grâce au contribuable burkinabè et ne sauraient être gérées de la sorte. C'est donc un droit légitime pour les étudiants d'en bénéficier pendant les vacances.

Au regard de tout ce qui précède, l'ANEB :
- Condamne fermement la répression barbare et féroce abattue sur les étudiants ;
- tient les autorités pour responsables de tous les dégâts causés ;
- exige la libération sans condition et sans délais de tous les étudiants arrêtés ainsi que la prise en charge de tous les blessés ;
- Appelle les étudiants à s'organiser en son sein pour exiger l'ouverture sans condition et sans délais des cités et RU vacances ;
- Appelle la population à une solidarité avec les étudiants pour faire échec à la politique anti sociale et criminelle du pouvoir de la IVeme République.
- Informe les étudiants que des points d'accueil sont en place au siège du CODE, à l'UO sous le hall des amphi A600 et C, à la Bourse du Travail et au siège de l'EDP à Dassasgo.

Pain et liberté pour le peuple

Ouagadougou le 04 août 2013

Le Comité Exécutif


Appel à la solidarité

Les 1er et 2 août 2013, les étudiants de l'université de Ouagadougou et de Ouaga2 ont été sauvagement réprimés et expulsés des cités universitaires par la BAC, la gendarmerie nationale et la CRS. Cette répression aveugle a été suivie de la fermeture des restaurants universitaire. Cette situation a jeté dans la rue des milliers d'étudiants privés de logement, de nourriture et sans couverture sociale. Cette suspension brusque des ½uvres sociales ne saurait se justifier. En réalité il suffit de considérer les éléments suivants :

1. En cas de vacances universitaire le maintient des ½uvres sociales (cités et Restaurants Universitaire vacances) est prévu par les textes du Centre National ¼uvres Universitaires (CENOU) lui même et constitue un acquis des étudiants et cela depuis des années.

2. Alors que le CENOU avait connaissances des calendriers universitaires auquel il à participé à l'adoption depuis le mois de mars 2013 en Conseil de Formation et de la Vie Universitaire (CFVU), elles n'ont pris aucune mesure administrative (même pas une note de service) dans le sens d'informer les étudiants à temps des réajustements subséquents.

Face à cette situation, l'ANEB lance un appel à la solidarité agissante à l'endroit de toutes personnes physiques ou morales pour soutenir les étudiants en difficulté. A cet effet, des équipes mobiles sillonneront la ville de Ouagadougou pour recevoir votre soutien (en nature ou en espèce).Par ailleurs des équipes fixes sont installées à la Bourse du Travail (BT),à l'université sous les hall des amphi A600 et C ,au CODE et au siège de l'école démocratique et populaire (EDP). L'ANEB vous remercie d'avance pour votre soutien.

Pour le Comité exécutif,
Le Président,
ZOEHINGA Patrice
Tel : 71 40 70 41

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