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Présidentielle : Les leçons qu’il faut en tirer

Quelque 6,9 millions d’électeurs étaient invités à participer au premier tour de la présidentielle. Ils sont 3 520 442 à se présenter devant les bureaux de vote pour départager 27 candidats en lice, soit un taux de participation estimé à 51,54% des inscrits. Cela démontre l’engouement que les citoyens maliens ont eu pour ce scrutin. Les causes de cet engouement nous les résumons à cinq aspects.

 

 

Premièrement, depuis janvier 2012, le Mali vit une double crise sécuritaire et institutionnelle. Elle a commencé le 17 janvier par l’attaque de Ménaka par le MNLA et le massacre des soldats maliens à Aguel hoc. A cela se sont ajoutés les événements du 22 mars qui ont entrainé la chute du président de la République démocratiquement élu, Amadou Toumani Touré. Une situation qui a précipité l’occupation des deux tiers du territoire et les affrontements entre frères d’armes (conflit bérets rouges fidèles à Att et bérets verts proches du capitaine Sanogo, auteur du putsch).

 

 

 

Dans le but de sortir définitivement de cette crise et tourner la page de la transition, le gouvernement a décidé avec l’aide de la communauté internationale d’organiser des élections présidentielles. Avec la classe politique, le choix a porté sur un fichier biométrique pour garantir la transparence totale de ce scrutin. Ce qui a eu pour conséquence l’adoption de la carte NINA comme carte d’électeur. Elle constitue également le document de référence dans l’élaboration de toutes les pièces administratives. La volonté d’acquérir les cartes NINA, dont le taux de retrait a atteint la barre des 85%, a créé un engouement certain chez beaucoup de citoyens.

 

 

 

Autre aspect qui a favorisé la mobilisation, c’est l’appel à voter pour le candidat du RPM, Ibrahima Boubacar Keïta lancé par les religieux notamment le chérif de Nioro et l’association Sabati.

Une autre leçon de cette présidentielle qu’il convient de tirer, c’est la non prise en compte des discours prononcés par certains candidats appelant à une rupture avec la vieille garde, le changement de personnalité et la façon de gérer le pays. Les candidats porteurs de ce slogan sont entre autres Housseïni Amion Guindo, Moussa Mara, Oumar Mariko, Alhousseyni Abba Maïga Madani Tall, même si la candidature de ce dernier n’a pas été retenue. Même la plus grande formation politique du pays, l’ADEMA a été entrainée par ce slogan en portant son choix sur un jeune issu du néant et en mettant au placard la vieille garde. L’exemple de ce parti et de son jeune candidat montre à suffisance l’échec de ce courant du changement. Au contraire, ce sont les caciques du mouvement démocratique qui ont eu à gérer ce pays au plus haut niveau au cours des 20 dernières années, IBK et Soumi qui ont occupé le haut du pavé.

 

 

Au cours de cette élection, nous avons également remarqué que contrairement aux précédentes élections, l’argent n’a pas joué un rôle déterminant. Cela est un signe que l’électorat a mûri. Plusieurs jeunes prenaient de l’argent mais disaient à qui voulait l’entendre, qu’ils voteront pour le candidat qu’ils auront eux mêmes choisi. Ce phénomène est du à la sensibilisation des médias, à travers des émissions, des sketchs et des articles de presse. Tout cela a contribué à faire reculer le pouvoir de l’argent. Tant mieux pour la démocratie malienne !

 

         Moussa SIDIBE

 

présidentielle

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