mis à jour le

La Com’, talon d’Achille du Pouvoir ?

Avec l'annulation de la grâce royale accordée au pédophile espagnol, on a le sentiment très fort que cette décision, prise très rapidement après l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur les circonstances et les responsabilités dans le déroulement de cette affaire, répond enfin aux attentes légitimes de l'opinion publique nationale, fortement choquée par la libération anticipée d'un monstre pervers.

Cette mesure d'annulation et l'annonce que des contacts seront entrepris entre  les appareils judiciaires marocain et espagnol pour la relance de poursuites à l'encontre de ce pédophile devraient également mettre un terme à la campagne déclenchée depuis la fin du mois de juillet par des secteurs et milieux activistes qui ont profité de cette lamentable affaire pour tenter de rallumer un feu similaire à celui qui avait déclenché et quelque peu alimenté le mouvement protestataire consécutif au 20 février 2011.

Prise avec un certain retard certes, l'annulation de la grâce royale coupe ainsi radicalement l'herbe sous le pied des militants de l'AMDH et des boutefeux installés à l'étranger et qui ont cru, en cette occasion, que l'on pouvait de nouveau entretenir la grogne sociale à partir d'une forte mobilisation sur les réseaux sociaux.

Mais, indiscutablement, l'affaire du #DanielGate a montré, une nouvelle fois, que de grosses lacunes affectaient la stratégie de communication des plus hautes sphères de l'Etat. En effet, c'est le lendemain même de la grâce royale, le 30 juillet 2013, qu'un site électronique informait de la présence d'un pédophile condamné à trente années de prison parmi les quarante-huit ressortissants espagnols graciés.

Aussitôt la Toile s'est enflammée, le hashtag DanielGate a fait son apparition et l'on a vu les réactions d'indignation, de condamnation se succéder sur Twitter, Facebook, sur les plages de commentaires des sites qui avaient abordé la question alors que c'était le silence radio le plus complet au niveau des médias officiels, qu'ils soient télévisuels ou écrits ou encore la MAP.

 

L'absence des confrères

 

Rares, très rares mêmes ont été les analystes sérieux qui se sont  avancé à apporter une grille de lecture correcte et crédible de cette affaire et hormi, le portail www.lanouvelletribune.com (www.lnt.ma) ou l'éditorialiste Toufik Bouachrine, les confrères ont observé un silence aussi profond qu'inquiétant, démontrant ainsi leur manque d'esprit d'initiative et l'absence d'indépendance éditoriale.

Les partis politiques également ont été en dessous de tout, comme tétanisés et incapables de remplir leur rôle constitutionnel d'encadrement des citoyens, laissant ainsi la voie libre aux courants les plus extrêmes de la sphère activiste, lesquels disposent depuis toujours de l'oreille complaisante des médias internationaux et particulièrement français.

Comme on  a pu le constater tout au long de ces derniers jours, la mobilisation et les appels à manifester ont été relayés par les réseaux sociaux et c'est à partir de la communication virale que les agences de presse étrangères, les chaînes d'information internationales, les grands réseaux TV occidentaux ont informé leurs opinions publiques respectives.

Lorsque le premier communiqué du cabinet royal est tombé, repris très rapidement par la MAP, il s'était écoulé quatre jours depuis le début de la crise, mais Internet se faisait à ce moment-là surtout le réceptacle des protestations de tous ceux qui avaient été choqués par la sévérité de la dispersion par la police des manifestants devant le Parlement le vendredi 2 août.

Bien évidemment, comme chaque fois en pareil cas, les photographes étaient à l'affut et les clichés d'un visage ensanglanté faisaient le tour du monde !

Avait-on perçu au ministère de l'Intérieur qu'en tabassant les protestataires, cela pouvait  accréditer dans certains esprits mal préparés l'idée que ce pédophile avait mérité d'être gracié ?

Et personne en haut lieu n'a voulu voir que l'image du Maroc officiel a, encore une fois, était sérieusement écornée par cette propension à l'usage démesuré de la castagne chaque fois que quelques pékins s'employaient à tenter de mobiliser leurs maigres troupes.

Il n'est plus possible aujourd'hui d'ignorer l'importance de la communication virale, des réseaux sociaux et des stratégies de gestion de crise sur la Toile.

La jeunesse marocaine, les opinions publiques étrangères, les grands médias internationaux, en connaissent l'importance, l'utilité, l'efficacité.

On a pu mesurer, en cette nouvelle occasion, que la mèche qui a servi à tenter d'allumer le feu du FEB 20, pour singer un «printemps arabe» largement décrié aujourd'hui, est toujours présente, entre les mains de pyromanes qui possèdent l'art des nouvelles techniques de communication et de mobilisation.

Il serait peut-être temps qu'à Rabat, «on» s'en préoccupât…

 

Fahd YATA

moustache7

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Maroc : Alerte de pluies et averses importantes dans plusieurs villes  Obsèques  La terre a tremblé 

pouvoir

AFP

Présidentielle en Gambie: le pouvoir de Yahya Jammeh face aux urnes

Présidentielle en Gambie: le pouvoir de Yahya Jammeh face aux urnes

AFP

Les Nyamitwe, deux frères devenus les porte-voix du pouvoir burundais

Les Nyamitwe, deux frères devenus les porte-voix du pouvoir burundais

AFP

Guinée-Bissau: le parti au pouvoir rejette le nouveau Premier ministre

Guinée-Bissau: le parti au pouvoir rejette le nouveau Premier ministre