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De Jbèl Châambi au Bardo …Ambiguïtés politiques et psychose de l’attentat

Par Soufiane Ben Farhat

Un sentiment de plus en plus diffus gagne les esprits. Les tunisiens perdent confiance dans la classe politique sur fond d'un sentiment de peur et de psychose de l'attentat.
Certes, les gouvernants provisoires reçoivent le plus grand lot de critiques, voire des antipathies et inimitiés non déguisées. Cela est dû en partie à la dégradation inouïe des conditions de vie, économiques, sociales et sécuritaires. C'est accusé également par l'arrogance et la faiblesse discursive caractérisée de la majeure partie des trois présidents et de ceux qui parlent en leur nom.
La profonde crise qui secoue le pays en atteste. Le mouvement social traduisant le ras-le-bol généralisé a tôt fait d'être instrumentalisé par les partis politiques. C'est de bonne guerre, disent-ils. La politique est aussi une forme d'opportunisme émaillé de rebonds sur les faits.
Seulement, grosso modo, la classe politique campe deux profils différents, sinon antagoniques, en la matière. Les gouvernants tournent radicalement le dos aux revendications sociales, au ressentiment et à la colère populaire. Ils ne voient qu'ébauches de coup d'Etat dans le mouvement social. Profondément obsédés par ce qui s'est passé en Egypte, ils en arrivent à perdre la faculté de discernement politique. Ils peinent à déchiffrer les signaux forts de la réalité et à en saisir pleinement la teneur et la signification.
De l'autre côté, on épouse le mouvement social spontané sans arriver à le mettre en perspective, politiquement parlant. Une attitude en partie avortée. On prend acte de la partie qui se joue, on s'y associe, sans pour autant l'imprégner. D'où, jusqu'ici, cette impression d'inachevé qui caractérise le positionnement des partis de l'opposition vis-à-vis du rassemblement antigouvernemental et anti-Assemblée du Bardo.
Les postures des uns et des autres instruisent sur l'inadaptation des solutions proposées. Les tenants du pouvoir opposent les meetings moutonniers des fidèles et les déclarations enflammées et à l'emporte-pièce. Leur parade tient de l'idée fixe : la démonisation sans autre forme de procès des manifestants contre le gouvernement, coupables à leurs yeux de velléités putschistes. Ils ne sauraient saisir autrement la teneur et la portée du marasme populaire.
Côté opposition, on constate l'émergence d'un Front de salut national. Ses structures, son programme d'action, ses instances dirigeantes et son échéancier de sortie de crise demeurent inconnus, ou vagues et flous. Tout au plus s'en tient-on aux revendications de dissolution du gouvernement et de l'Assemblée constituante, et de la formation d'un gouvernement de salut national. Pourtant, ce front regroupe des pans jusqu'ici distincts de l'opposition en plus de larges franges de la société civile. Ses matrices sociales embrassent un large éventail de profils socioéconomiques et sociopolitiques.
Entre les deux pôles, il y a la centrale syndicale UGTT , la centrale patronale UTICA et la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme LTDH. Leur position est médiane, puisqu'ils prônent la dissolution du gouvernement tout en gardant l'Assemblée profondément diminuée en prérogatives et dans la durée. Même si, politiquement, ils se rangent du côté des revendications populaires et du diagnostic sévère du Front du salut national à l'encontre de l'establishment.
Pour l'instant, l'essentiel des évolutions politiques tient dans les démonstrations massives par meetings interposés. Le gouvernement campe l'immobilisme et la surdité face au grondement populaire qui se fait entendre à Tunis et dans de nombreuses villes et localités de l'intérieur.
Les partisans du gouvernement provisoire doivent faire également avec la colère qui monte à l'encontre des terroristes qui ont décidé de mettre les baïonnettes à l'ordre du jour. Les terroristes retranchés dans les hauteurs du jbèl Châambi sont relayés par les groupuscules dormants disséminés dans le Grand-Tunis et ailleurs. Ils s'adonnent à des actes terroristes et maintiennent depuis une semaine un climat de terreur et de psychose de l'attentat.
La fin du mois saint de Ramadan est terne et ensanglantée. Les Tunisiens sont exsangues, apeurés, exténués. L'été est on ne peut plus pourri. Et la classe politique fait du surplace. Hélas.

S.B.F Publié le 4 août 2013

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