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Réunion sur la situation en Egypte à la Maison blanche le 4 juillet 2013.  lREUTERS/Pete Souza/White House/Handout
Réunion sur la situation en Egypte à la Maison blanche le 4 juillet 2013. lREUTERS/Pete Souza/White House/Handout

Les Etats-unis ont perdu la main en Egypte

La médiation américaine permettra-t-elle de résoudre la crise qui divise profondément le pays?

Envoyé par les Etats-Unis en Egypte, le secrétaire d'Etat adjoint, William Burns, doit trouver une porte de sortie à la crise qui secoue le pays depuis près d'un mois.

Mais les Etats-unis n'ont plus la même influence sur ce qui se passe en Egypte: c'est l'observation faîte par l'islamologue Mathieu Guidère après les derniers soubresauts survenus en Egypte. Selon lui, si l'Oncle Sam avait pu influer sur l'issue de la révolution qui a conduit à la démission d'Hosni Moubarak, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les Etats-unis n'ont pas pu empêcher le renversement du président Mohammed Morsi le 3 juillet dernier. «Les militaires égyptiens ont mis leur projet à éxécution alors que même que le président américain était en tournée officielle en Afrique. C'est un pied de nez qui montre désormais l'ampleur du déficit de crédibilité et d'influences américaines en Egypte et, au delà, dans l'ensemble des pays arabes», soutient Mathieu Guidère.

Dans ce contexte, William Burns a, selon lui, très peu de chance de rapprocher les positions de l'armée et celles des Frères musulmans dont les partisans continuent de manifester et de résister contre ce qu'ils appellent «un coup d'Etat contre la démocratie.»

Quid du soutien financier annuel des Etats-unis à l'armée égyptienne estimé à 1,3 milliard de dollars? Selon le chercheur, l'armée ne serait plus dépendante de ce soutien financier. «L’Arabie saoudite a versé à l’Égypte, au lendemain du coup d’État contre Morsi, plus de 7 milliards de dollars ; et les Émirats arabes unis lui ont emboîté le pas en versant plus de 4 milliards de dollars ; sans oublier la contribution qatarie d’un milliard de dollars datant d’avant le coup d’État. En tout, cela correspond à dix ans d’aide américaine!», poursuit l'islamologue.

Si l'influence des Etats-unis diminue, comme le stipule Mathieu Guidère, le pays reste un allié et un acteur incontournable de la politique égyptienne. Le coup d'Etat du 3 juillet n'a pas effacé d'un trait les décennies de collaboration étroite entre ces deux pays. Depuis la signature des Accords de Camp David par le président égyptien Anouar al Sadate (1979), l'Egypte représente le principal allié des Etats-unis dans la région.

Lu sur Atlantico

 

 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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