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Diéma : L’EDUCATION COMMUNAUTAIRE DE L’ENFANT, UNE FUITE EN AVANT COLLECTIVE

Seuls, les parents ne peuvent pas assurer la bonne conduite des enfants

Jadis, l'éducation de l'enfant incombait à toute la société

De nos jours, l'enfant n'appartient plus à la société. Seuls ses parents ont le droit de veiller sur lui, de l'éduquer, ou le corriger au besoin. A ce propos, les corrections pour mauvaises conduites surviennent rarement. Lorsque l'enfant commet une incartade, ses géniteurs préfèrent fermer les yeux sur ces impers que de lui administrer le soufflet mérité. De ce fait les enfants sont devenus en de véritables roitelets qui se croient investis de droits divins.

Ceci dénote que les parents accordent plus  d'importance à leurs enfants qu'à leur éducation. Ils les chérissent, les placent au-dessus d'eux-mêmes comme si  ce ne sont pas eux-mêmes qui les ont  mis au monde. Tout ce que l'enfant réclame, on s'empresse de  le lui donner, quitte à s'endetter, détourner ou voler.  Il faut à tout prix le satisfaire, même ses caprices les plus stupides.

En campagne l'enfant ne participe plus aux travaux collectifs, d'intérêt communautaire. S'il refuse, ses parents ne font aucune pression. La société s'est  détournée de l'éducation de l'enfant social. Les parents d'aujourd'hui n'ont d'autres soucis que de protéger leurs progénitures, de les défendre même au prix du mensonge, de sauvegarder leurs intérêts.  Aucune réprimande d'une autre personne n'est permise. N'avions-nous pas assisté souvent à des scènes surréalistes, où un père ferme les poings contre un enseignant pour avoir corrigé son enfant qui s'est mal comporté dans la classe ou qui a eu une mauvaise note.

 

LES MAUVAISES PRATIQUES- Si de telles pratiques continuent, le monde ira à la dérive. D'après les anciens, l'enfant  est comme de l'argile. Il faut la modeler humide pour lui donner la forme souhaitée.

Madame Diallo Mariam Soucko, la présidente de la CAFO, se rappelle qu'auparavant  l'éducation des  filles était  confiée à une vieille femme du village, chez laquelle, elles passaient les nuits. Elles filaient le coton, ne sortaient jamais pour aller se promener, ne rentraient pas en contact avec les garçons.  Si la fille rentre sous le toit de son mari, elle rivalisait avec sa coépouse. Elle confectionnait un joli boubou et l'offrait à son époux, pour se faire plaire et avoir la faveur de son époux. Elle assure être formée dans cette moule.  La mamy qui veillait sur le groupe était très exigeante. Maintenant, l'éducation des enfants incombait avant aux parents et à l'école. Mais la rue semble avoir pris le dessus sur ces deux structures à leurs parents. Les nouvelles technologies de la communication mal gérées ont fini par donner le coup de grâce fatidique à l'éducation  de nos enfants.

Amara Nimaga, le Directeur adjoint du Centre d'Animation Pédagogique, lui,  pointe plutôt du doigt  l'individualisme qui a gagné nos m½urs. L'individu était auparavant communautaire, aujourd'hui il est seul avec sa famille nucléaire. La communauté est au second plan. C'était l'inverse il n'y a pas encore longtemps où l'éducation des enfants était une affaire de toute  la société. On corrigeait l'enfant en faute dans la rue sans savoir d'où il vient. Ses parents ne bronchaient point. Au contraire il vous remerciait d'avoir amené leur rejeton sur le droit chemin. C'était un devoir sociétal.  Aujourd'hui avec l'individualisme l'enfant n'appartient plus à la société. Les parents ne voient que l'intérêt de leurs propres enfants. Rares sont ceux qui s'occupent des enfants  d'autrui. Notre société est entrain  de s'effondrer. Alpha Diombana, un flutiste va plus loin. Nos sociétés sont entrain de mimer l'occident assure-t-il. Là-bas, c'est l'individu seul qui compte.

Tout le monde  s'enferme dans sa maison. Les visites se font sur rendez-vous. Dans ces conditions, l'entraide, la solidarité, l'amour disparaissent.  Les médias aussi ont un impact négatif sur l'éducation des enfants, avec les films qui ne sont pas adaptés à nos cultures. Ces  situations ne font que dégrader la cohésion sociale.  Il est temps que nous nous ressaisissions, que nous revenions sur les bonnes pratiques traditionnelles, pour reprendre nos valeurs sociétales abandonnées depuis » Alpha Diombana, flutiste «  Au temps de nos ancêtres, si l'enfant commettait des bêtises, si quelqu'un le châtiait, s'il court en pleurant vers ses parents, ceux-ci restent indifférents, ils ne réagissent pas. Personne ne va demander qui a frappé son enfant. On  trouve que c'est normal. C'est pour le redresser, disaient certains parents. A l'époque, l'enfant appartenait à tout le monde. Mais de nos jours, on ne peut plus corriger l'enfant du voisin, sous peine de poursuite pénale.

Oumar Niangado est un, nostalgique du passé. Il confirme que le garçon était suivi, encadré du berceau à la puberté en passant par l'initiation. Il trouve que les parents aiment un trop leurs enfants. Cette affection est d'autant plus démesurée qu'ils oublient de châtier lorsqu'il le faut. C'est pourquoi de nos jours les enfants sont des fainéants, des bandits. C'est vrai reconnaît Dipa Traoré, domicilié à Sirakoro, commune de Dioumara. Il pense qu'il y a effectivement un problème d'éducation. « Nous éduquons mal nos enfants, nous ne voulons pas qu'ils souffrent. Nous évitons même de les gronder pour ne pas les frustrer. Nous pensons que c'est cela aimer. Au contraire c'est faire du mal à nos enfants. L'enfant n » appartient plus à son oncle, ni à sa tante, mais  uniquement à ses géniteurs J'ai l'amère expérience. J'ai amené mes enfants de la Côte d'Ivoire, pour qu'ils  découvrent et s'adaptent à l'environnement de leurs ascendants. Mais la vie est devenue insupportable pour eux. Personne ne veut les sentir dans la maison. Je m'apprête à les faire retourner. Wandé Samoura, de Touba Madina, dans la commune de Dioumara pense plutôt cette situation est due au fait que les gens ne s'aiment pas. Les enfants ne reconnaissent que leurs propres parents,  le père et la mère.

 

UNE EXPERIENCE ELOQUENTE- Une mère raconte son expérience  « un jour, je préparais le repas du soir. Mon enfant et celui de mon amie, des garçons de même âge, étaient entrain de s'amuser à côté de moi. L'enfant de mon amie, refusait souvent  de partir quand sa mère venait causer chez moi. Par maladresse, lorsque j'ai fais descendre la marmite sur le feu contenant la sauce, elle s'est renversée. Toute la sauce a coulé. J'ai bondis sur l'enfant de mon amie pour le sauver, laissant mon propre enfant nager dans la sauce brûlante. Mon mari a vite couru à mon secours. Il a transporté tous les deux à l'Hôpital. L'intérieur du pied de mon enfant a été sérieusement brûlé. J'ai voulu sauver d' abord l'enfant de mon amie pour qu'on ne dise pas que j'ai fait sciemment. Mais malgré tout, les mauvaises langues m'ont accusée de mechanceté.  Pour Hamidou Barry,  tant qu'on n'associera pas la communauté à l'éducation de nos enfants on faillira», renchérit Mohamoud DICKO, en sirotant son thé en cette heure de coupure de jeun. Daman Diawara, Chauffeur au Conseil de Cercle de Diéma.

Bon exemple chez Alassane Diarra « Un jour, j'ai envoyé mon garçon  acheter un article. L'enfant  est venu avec un  article que je n'ai pas demandé. Il m'a dit qu'il a bien précisé  au commerçant la nature de l'article. Je l'ai renvoyé chez le commerçant, mais  il a apporté la même chose. Je suis allé retrouver le commerçant, qui se plaignait du comportement de mon enfant. Ton enfant est un impoli, il ne m'a pas salué quand il est venu. Je le mettrais au pilori,   lança-t-il.  A mon retour, j'ai dit à mon garçon d'aller prendre l'article chez le commerçant. Il n'était pas content, il maugréait. Il est revenu me dire que le commerçant l'a frappé et l'a mis au pilori. Sa mère a voulu aller engueuler le commerçant, je l'ai mis en garde. J'ai fait savoir à mon épouse furieuse que l'enfant appartient à tous et qu'il a droit à la correction »

Pour parvenir à  un  changement radical,  il faut que tous les acteurs conjuguent leurs efforts.                       L'éducation  des enfants doit être renforcée à tous les niveaux, dans la famille, à l'école, partout.   L'enfant doit respecter ses parents et ceux d'autrui. La société doit continuer à jouer son rôle  en matière d'éducation. Les parents doivent montrer le bon exemple à leurs enfants.  Il faut aimer  l'enfant d'autrui, ne pas se montrer impartial,  injuste. Il faut respecter le droit des enfants. C'est seulement si toutes ses conditions sont bien remplies que l'enfant appartiendra à la société comme par le passé.

O. Ba

AMAP-Diéma

MOBILISATION CONTRE LA CIRCULATION ILLICITE DES ARMES A FEU

Une mission conjointe Secrétariat Général de la Présidence de la République et Direction Nationale anti mines des Nations Unies, conduite par la Présidente de la Commission de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, Général Kani Diabaté vient de séjourner à Diéma ;

Cette mission avait comme objectifs d'informer les populations sur la situation de la crise actuelle liée à la détention des armes de guerre et les armes de fabrication artisanale, sensibiliser les communautés sur les dangers liés à  la détention et à la manipulation des mines et engins explosifs improvisés, recueillir les propositions en vue de faire face aux défis sécuritaires auxquels elles se trouvent confrontées.

Placé sous la présidence du Préfet du Cercle de Diéma, Nampory Bagayoko, cet atelier a regroupé dans la salle de conférence du Cercle, les Sous-préfets, les chefs de services, les Maires, les représentants des associations féminines, les représentants de la Fédération des chasseurs, les éleveurs, les animateurs de radios de proximité, les responsables d'ONG, les chefs religieux et coutumiers.

Le 3ème Adjoint au Maire de la Commune de Diéma, Hamady Sissoko, a suggéré,  la création d'un commissariat de police dans la ville de Diéma pour une meilleure sécurisation  des personnes et  leurs biens.

La Présidente de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, le Général Kani Diabaté, a défini l'arme en général comme un objet ou un instrument, mis à la disposition d'une personne pour attaquer ou se défendre parfois en blessant ou en tuant.

Les discussions parfois houleuses ont porté sur la présentation de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, ses attributions, l'explication détaillée de la convention de la CDEAO sur les armes légères et de petits calibres.

A lumière des débats, il a été recommandé de créer un cadre local de concertation de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, organiser des sessions de formation  à l'intention des leaders communautaires dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes légères, les mines et explosifs, réaliser des émissions radiophoniques  pour sensibiliser les population sur les dangers liés à  la détention  des armes légères et de petits calibres. Il s'agira aussi de procéder au recensement général de tous les chasseurs, veiller sur les permis de port d'armes, dénoncer tous les détenteurs d'armes perfectionnées, et contrôler les entrées d'armes dans le cercle de Diéma travers les zones frontalières.

Dans l'après midi, une émission a été animée à  la radio Jamana de Diéma par  la mission sur la problématique de la circulation des armes légères et de petits calibres, les mesures à prendre pour limiter la prolifération  des armes et les dangers qui sont liés à leur détention illégale.

O. B.

 

 

 

 

 

L'essor

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