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«On a accusé 3 ans de retard pour un prétexte qui ne tient pas la route»

  - Le gouvernement a annoncé encore une fois une nouvelle échéance pour le lancement de la 3G en Algérie. Quelle crédibilité doit-on accorder à cette annonce ?   Il est difficile de croire à cette nouvelle annonce vu que depuis des années on a été embarqués dans un feuilleton interminable d'annonces puis remises en cause. Il suffit de lire les réactions des Algériens sur facebook à cette annonce pour se rendre compte du fossé qui sépare nos décideurs du peuple. La plupart des commentaires se moquent de cette annonce. Un sondage réalisé par un quotidien algérien sur son site web montre clairement que plus de 80% des Algériens ne croient pas à cette annonce. Il faut signaler qu'en septembre 2011, on a vécu le même phénomène. L'avis d'appel d'offres a été lancé par l'ARPT pour appeler les opérateurs à retirer le cahier des charges, avec un planning précis, fixant la date du 23 octobre 2011 pour annoncer les opérateurs qui auront le droit de fournir des services 3G. Mais à la dernière minute, tout a été chamboulé en présentant plusieurs prétextes : réponse à la demande des opérateurs, problème de Djezzy, etc. Mais gardons espoir et espérons que cette fois, enfin, on verra au niveau des points de vente des offres 3G.   - Le lancement de la 3G est cette fois-ci complètement dissocié du dossier Djezzy. Peut-on réellement avancer dans cette nouvelle technologie sans la participation d'un opérateur aussi important que Djezzy ?   En fin de compte, on a accusé 3 ans de retard pour un prétexte qui ne tient pas la route. On avait dénoncé à plusieurs reprises le fait d'associer ces deux dossiers. J'avais déclaré sur votre quotidien, il y a quelques mois, que les dossiers Djezzy et 3G doivent être gérés dans la transparence. Cette situation de flou persiste à ce jour. On ne sait pas si Djezzy pourra participer à l'avis d'appel d'offres ou non. Si Djezzy ne peut pas participer que doit-on faire pour satisfaire les demandes de leurs abonnés pour profiter de cette technologie. Il faut signaler que dans certains pays, avec la présence de plusieurs opérateurs mobiles, une seule licence 3G a été cédée au début. Une deuxième a été mise sur le marché un an après. Mais pour l'Algérie, il faut qu'on soit courageux et traiter cette question en toute transparence avec la participation des différents acteurs, y compris les consommateurs.   - Concrètement, que apporter de plus cette nouvelle technologie, à la situation qui prévaut dans le monde des multimédias en Algérie ?   Le programme e-Algérie se voulait comme objectif d'arrimer notre pays à ce qu'on appelle la société de l'information en développant entre autres un certain nombre de services électroniques. Une des conditions de réussite de cette action est la mise à disposition de tout citoyen d'un terminal connecté à internet. Il faut reconnaître que les efforts pour introduire un PC avec une connexion ADSL n'ont pas apporté les fruits escomptés, à peine un million d'abonnés ADSL après son lancement depuis 10 ans. Une opportunité se présente grâce au développement de la téléphonie mobile. Chaque Algérien dispose d'un téléphone mobile qui pourra être connecté à internet avec un débit semblable à l'ADSL grâce à la technologie 3G. De ce fait, chaque citoyen pourra profiter des services électroniques. Cette opportunité redonnera vie au programme e-Algérie et aux différents projets TIC en version mobile : m-paiement, m-commerce, m-éducation, m-tourisme, m-administration, etc. Je confirme ce que j'ai annoncé depuis quelques années, la révolution numérique en Algérie sera mobile.   - Pensez-vous que le client et le marché algériens sont aujourd'hui prêts à s'adapter à cette nouvelle technologie ?   Il suffit de voir l'engouement des Algériens, qui sont en majorité des jeunes, pour tout ce qui est nouveau en technologie : smartphones, TV HD, démos numériques, consoles de jeu, etc., pour se rendre compte que le client algérien n'est pas une exception et qu'il s'adapte facilement à ces nouveaux outils et qu'il est à prêt à les exploiter immédiatement. Le marché est aussi prêt. Nos ingénieurs n'ont pas attendu la 3G pour commencer à mettre sur le marché des applications mobiles touchant aux différents domaines : médias, culture, sport, tourisme, santé, etc., répondant aux besoins des entreprises et administrations algériennes qui ne cessent de croître. Des études ont montré que le lancement de la 3G créera des centaines d'entreprises de services et des dizaines de milliers d'emplois en un temps record. Le client est prêt depuis des années, plus que ça, il est demandeur avec insistance ; le marché est preneur et est générateur de services à valeur ajoutée, d'emplois, d'entreprises, etc. Ce qui manque à cette chaîne de développement, c'est une décision courageuse d'aller de l'avant de nos décideurs qui nous ont habitués aux effets d'annonce. Attendons l'avis d'appel d'offres et le lancement effectif de cette technologie pour voir si les mentalités de nos décideurs ont changé ou non.  

El Watan

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