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Hamrouche ne ferme pas la porte…

En parfait connaisseur du pouvoir et de ses méthodes, Mouloud Hamrouche va-t-il se décider à se lancer dans la « bataille présidentielle» ou bien se résoudra-t-il, la mort dans l'âme, à renoncer définitivement à une ambition longtemps nourrie ? Il semble ne pas être totalement désintéressé pour 2014 pour peu que... Encore et toujours la même question. Candidat ou pas candidat ? Mouloud Hamrouche, comme à la veille de chaque rendez-vous présidentiel, cristallise en effet toutes les interrogations. Mais plus encore cette fois-ci qu'auparavant tant qu'aucun candidat naturel du régime ne semble jusqu'à présent émerger du lot parmi le personnel politique évoluant dans les sphères du pouvoir. Dans ce paysage politique où tous les noms de prétendants réels ou supposés alimentent les discussions autour de cette échéance et du probable candidat du système, comme à l'accoutumée, Hamrouche semble le plus atypique.  En retrait de la vie politique depuis l'élection présidentielle de 1999 de laquelle il s'était retiré en compagnie des cinq autres candidats, Mouloud Hamrouche est le personnage politique du pays qui cultive le plus le mystère sur ses ambitions. Une énigmatique posture qui déroute partisans et adversaires et ne manque pas de susciter d'innombrables interrogations sur fond de spéculation tant l'homme entretient le suspense à seulement huit mois de l'élection présidentielle.  L'homme, un des rares politiques qui coiffent une double casquette -militaire et politique, joue la prudence. Face à la redoutable machination et aux techniques de manipulation de l'opinion dans lesquelles excellent allègrement les tenants du pouvoir, Hamrouche oppose une stricte vigilance. Lors de l'élection présidentielle de 2004, il avait soupçonné que son nom avait été «utilisé dans un dispositif de tromperie électorale en évoquant sa candidature à son insu». Mais à 70 ans, Mouloud Hamrouche, qui s'est forgé une réputation de réformateur liée aux réformes politiques qu'il a menées de 1989 à 1991 en tant que Premier ministre, caresse toujours le rêve présidentiel. Il ne désespère pas de voir s'ouvrir devant lui les portes du palais d'El Mouradia. Un palais qui n'a pas de secret pour lui depuis les années Boumediène jusqu'à la fin du règne de Chadli. L'élection présidentielle qui pointe à l'horizon est l'ultime aubaine de voir se réaliser un rêve longtemps vécu comme un cauchemar. En parfait connaisseur du système de pouvoir et de ses méthodes, va-t-il de décider à se lancer dans la «bataille» présidentielle ou bien se résoudra-t-il, la mort dans l'âme, à renoncer définitivement à une ambition longtemps nourrie ? «Au plus profond de lui, il a une forte envie d'y aller. Il ne ferme pas totalement la porte. Mais ça ne dépend pas seulement de lui. Il sait parfaitement qu'aucun candidat, pour être porté à la magistrature suprême, ne pourrait aboutir sans l'accord préalable du commandement de l'armée», nous confie un proche du chef de file des réformateurs avec qui il a travaillé durant la période d'ouverture politique (1989-1991). L'onction de l'armée ? «Mouloud Hamrouche ne demande pas à être adoubé par l'armée comme on veut le faire croire, mais il sait aussi qu'il est inutile de se présenter contre la volonté des décideurs. Il a toujours posé comme condition la nécessité de changer le système de gouvernance», ajoute notre source. Le commandement de l'armée et surtout son noyau dur, le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) dirigé par le vétéran Mohamed Mediène dit Tawfik, acceptera-t-il de faire son aggiornamento sans prendre le risque d'exposer le système, dans sa nature actuelle, à des ruptures qui lui seraient fatales à long terme ? Mouloud Hamrouche a toujours estimé être «l'homme capable du changement de l'intérieur du système». «Si le pouvoir en place est mûr pour opérer un changement, c'est jouable, sinon, ce n'est même pas la peine d'essayer. Un Président élu sans l'accord de l'armée dépensera toute son énergie pour se maintenir au pouvoir, il ne pourra pas appliquer sa politique. D'autant que les institutions sur lesquelles on peut compter n'existent pas», a conjuré un autre proche de l'homme au cigare.  Restent des questions. L'armée - colonne vertébrale du régime - est-elle unie sur la stratégie, la marche à suivre et surtout sur l'homme capable d'incarner la prochaine étape politique, ou est-elle plutôt divisée ? Comment Mouloud Hamrouche est-il perçu aux Tagarins ? «Il est difficile d'affirmer que les tractations aient abouti au sein du sérail. Pour ce qui est de Mouloud Hamrouche, il ne faut pas perdre de vue qu'il est aussi un militaire et qu'au sein de l'armée, il est considéré comme un des siens, très apprécié parmi les officiers promus durant les années 1990. Mais l'armée n'est pas le seul arbitre. Il faut obtenir un consensus large et, au regard des enjeux régionaux et des engagements internationaux de l'Algérie, les décideurs tiendront compte de l'opinion des puissances étrangères. A défaut d'une légitimité interne, une légitimité externe est souhaitée», explique encore ce compagnon de l'ancien chef de file des réformateurs. En organisant le vide politique qui s'est dangereusement accentué depuis le retour de Bouteflika au pouvoir et en atomisant totalement la scène politique, le pouvoir s'est pris à son propre piège en empêchant l'émergence d'une élite politique en mesure d'assumer les hautes fonctions du pays. «Le pouvoir concédera une semi-ouverture. On s'achemine probablement vers une présidentielle à l'iranienne : tous les candidats potentiels seraient issus et sponsorisés par le régime, laissant accessoirement les électeurs trancher. Une élection politiquement fermée, mais ouverte à l'intérieur du pouvoir, contrôlée de bout en bout», prédit notre source. Une élection intra-muros. D'où les noms d'anciens Premiers ministres qui sont subrepticement avancés. Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Belkhadem, Ali Benflis et Ahmed Benbitour seraient déjà dans les starting-blocks du pouvoir. Une élection sans enjeu qui pourrait donc éloigner la candidature de Mouloud Hamrouche. En somme, si l'incertitude règne en maître dans cette période pré-présidentielle, une chose est par contre sûre : la succession de Bouteflika se déroulera dans un climat de démocratie de façade. Ainsi, les décideurs feront rater au pays l'occasion rêvée de rompre avec le système inique de l'autoritarisme, à l'heure où les peuples voisins brisent dans la difficulté les chaînes de la dictature.

El Watan

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