SlateAfrique

mis à jour le

Une Kényane retrouvée congelée en Arabie saoudite

Trois mois après sa disparition en mai 2011, la famille de Mwanahamisi Mwitani sait enfin ce qui est arrivé à la Kényane. Elle a été retrouvée morte le 29 août dans le congélateur de la famille saoudienne qui l’employait.

Ses collègues, qui l’ont retrouvée congelée tenant fermement son passeport, expliquent au quotidien kényan Daily Nation que Mwanahamisi voulait retourner chez elle.

Arrivée à Djeddah, la deuxième ville d’Arabie saoudite, en mai 2009 après avoir été recrutée à Mombasa (la 2e plus grande ville du Kenya) elle était employée comme nounou, indique la chaîne de télévision Kenya Television Network.

Omar Hassan, responsable de la Commission nationale des droits de l’homme au Kenya a appelé le gouvernement à agir. Car le cas de domestiques maltraités en Arabie saoudite est préoccupant. Le gouvernement indonésien a même adopté un moratoire pour y interdire l’envoi de certains travailleurs à compter de ce mois d'août.

L’ambassadeur du Kenya en Arabie saoudite Mohammed Saleh a confirmé que le cas de Mwanahamisi n’était pas isolé.

«Il y a 30.000 travailleurs kényans travaillant en Arabie saoudite enregistrés à l’ambassade», affirmait-il au Daily Nation quelques semaines avant cette découverte macabre.

Mais d'autres Kényans vivent dans le pays sans s'être signalés à l'ambassade et c’est cette situation selon lui qui ne leur donnent pas les moyens de se prémunir contre la violence de leurs employeurs. En réalité ils sont recrutés par des agences non-répertoriées.

Mohammed Saleh dit avoir reçus plusieurs Kényans dont les mains ont été tranchées par leurs patrons pour les punir de vols de bijoux. L'ambassadeur demande à l’Etat kényan d’empêcher l’envoi de domestiques en Arabie Saoudite, comme l’a fait l’Indonésie.

D’autant que sur place il est compliqué pour eux d’aller se plaindre, ajoute le Daily Nation. En effet les lois saoudiennes interdisent aux travailleurs de former des syndicats ou de manifester. Et les femmes de maison «n’ont pas le droit de sortir seules de chez leur employeur», ajoute RFI.

Lu sur le Daily Nation, Kenya Television Network, RFI