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Elections maliennes et précédent guinéen : Quand Soumaila CISSE se trompe de comparaison

Au lendemain des résultats provisoires officiels du 1er tour de l'élection présidentielle malienne et qui annonce un duel entre le favori Ibrahim Boubacar KEÏTA et Soumaila CISSE, ce dernier a vite fait de crever l'écran en choisissant comme axe de communication le précédent guinéen de 2010 qui avait  mis aux prises Celou Dalein Diallo et Alpha Condé.   Certes dans le cas d'espèce le candidat Diallo avec 44% des suffrages était arrivé en tête contre le candidat Condé qui avait recueilli  18% mais finalement élu au second tour.

 

Mr Soumaila CISSE, Président de l’URD

Formellement, les deux scores étant sensiblement proches dans le cas de la présente élection malienne, le camp de Soumaila a vite voulu utiliser ce scenario spectaculaire pour élaborer une stratégie de communication avec comme objectif : manipuler l'opinion malienne alors que  les deux situations dans leurs contexte et réalité sont rigoureusement opposées et éloignées.  Comparaison n'est pas raison dit l'adage !

 

 

 

En effet, dans le cas guinéen de l'élection présidentielle de 2010 on peut retenir quatre(4) éléments d'appréciation strictement liés au contexte politico-électoral de ce pays frère pour expliquer le retournement inattendu auquel on a assisté au 2è tour avec la victoire du candidat Condé.

 

 

Primo, il est de notoriété publique que l'élément qui a structuré l'ambiance et la dynamique de cette présidentielle guinéenne  est l'extrême polarisation ethnique et régionaliste. Une polarisation qui explique en grande partie les scores des différents candidats au premier tour. Au deuxième tour, on a assisté à un phénomène de regroupement régionaliste autour du candidat Condé pour réduire les chances du candidat Diallo issu de l'ethnie peule.

 

 

 

Secundo, il est important de rappeler que  les autorités de la transition guinéenne de l'époque ont manifestement fait preuve de laxisme en prolongeant de façon suspecte l'entre deux-tours qui a duré 4 longs mois. Période suspecte pendant laquelle on a assisté, entre autres, à la dissimulation du parc informatique des élections aux fins de les ré-paramétrer, la nomination d'un gouverneur jugé proche du candidat Condé à Conakry, etc.

 

 

Tercio, la décision de la cour suprême de faire annuler plus de 500 000 voix favorables au candidat Diallo notamment dans la commune de Ratoma a été aussi un élément fondamental qui a contribué à fausser la transparence du scrutin.

 

 

 

Quarto, il faut aussi se souvenir de ce dramatique fait divers d'un empoisonnement présumé  à l'eau minérale de militants proches de Alpha Condé attribué aux commerçants peuls à Conakry provoquant des scènes de violences, de pilages et de règlements de comptes à caractère  ethnique en haute Guinée, notamment à Kankan, Kouroussa et Siguiri avec comme conséquence un exode massif des membres de cette communauté qui s'est vu privé de sa participation au second tour.

 

 

Au regard de tous ces éléments liés à un contexte et situation exceptionnels de ce pays frère et qui explique objectivement le retournement spectaculaire auquel on a eu à assister au deuxième tour, peut-on commettre l'incurie intellectuelle et l'absurdité de jugement de les comparer  au cas malien.

 

 

Si le candidat Soumaila Cissé l'ignore, le Mali de 2013 n'est pas la Guinée de 2010, en ce sens, qu'heureusement, contrairement à la Guinée le jeu politique malien est loin d'être marqué par un phénomène de polarisation ethnique. Que Dieu nous en garde ! Mieux, à travers cette élection le Mali prépare sa lente et douloureuse sortie de crise avec l'assistance marquée et vigilante de la communauté internationale. En plus, le gouvernement de transition d'union nationale et l'administration qui organise ces élections ne peuvent en aucun cas être suspectés de parti-pris flagrant en faveur d'un candidat comme on l'a vu dans le cas guinéen.

 

 

En résumé, tous ces éléments irréfutables ramènent les gesticulations du camp de Soumaila Cissé à leur véritable nature, à savoir une piteuse stratégie de communication basée sur des arguments inopérants et des postulats d'imposture.

 

 

Souleymane Sidibé, Enseignant à la retraite, Bamako, Faladié    

Pour maliweb.net

 

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