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Afrique du Sud - Crânes de serpent contre médicaments

Situé au cœur du quartier d’affaires de Johannesburg, le marché de Faraday est spécialisé dans le «muti», la médecine traditionnelle. Haut en couleurs, il offre au regard une collection d’établis vieillissants sur lesquels sont présentés toutes sortes de remèdes, observe BBC News, dans un reportage à Faraday. Du crâne de serpent Mamba pour soigner le rhume aux écorces d'arbres anciens pour traiter l’impuissance ou la mal de tête, en passant par la poudre de python pour aviver sa force intérieure, les soigneurs l’attestent: chaque topique à ses vertus.

Ils sont plus de 100 guérisseurs à occuper les allées de Faraday. Second marché dédié au «muti» dans Johannesburg, il témoigne de la vivacité de la médecine traditionnelle, y compris dans les villes les plus modernes du pays. Capitale économique de l'Afrique du Sud, la ville compte 710.000 habitants. Chaque jour, plus d’une centaine de prescriptions y sont délivrées par ces soigneurs venus de l’ensemble de la corne de l’Afrique, issus des ethnies Ngui, Zulu ou Swazi...

La mise en place par l’Etat sud-africain d’un système de santé publique n’a pas mis en péril cette forme de soins ancestrale —sa pratique est clairement encadrée par la loi. Les guérisseurs font ainsi partie d'une association des soigneurs traditionnels, qui compte 30.000 membres. De plus, le système de santé est souvent flou et mal compris par la population, notamment par les plus pauvres, qui privilégient alors les soigneurs traditionnels, jouant aussi le rôle de conseiller ou guide.

Aujourd'hui, ce sont les trois quart des Sud-Africains qui fréquentent un soigneur traditionnel, dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années, suivant, semble-t-il, la hausse de population du pays. D’ailleurs, en Afrique du Sud, la médecine traditionnelle a autant d'influence que les grands laboratoires pharmaceutiques internationaux, note BBC News. Les soigneurs gagnent bien leur vie —même s'ils souffrent ces derniers temps de la crise et ont vu récemment leur revenus dégringoler.

Lu sur BBC News