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Haro sur le bâton, baraka men la3ssa

Cela faisait longtemps que nous n'avions pas assisté à un tel tollé dans l'opinion publique marocaine. Depuis la triste et révoltante affaire d'Amina Filali, les réseaux sociaux n'avaient plus fait preuve d'une aussi forte mobilisation consensuelle. Et c'est le seul point positif de cette honteuse affaire, la preuve qu'une société peut et sait défendre des valeurs universelles.

Et pourtant, lorsque cette société unie essaye de s'exprimer dans le bon sens, en montrant qu'elle grandit, on décide de la ramener quelques pas en arrière. Les photos et les témoignages des manifestations d'hier montrent une situation absurde, celle de manifestants réprimés pour une idée contre laquelle personne ne peut être contre.

Qui veut porter la responsabilité de défendre le sort d'un pédophile (étranger ou pas) ? Comment est ce que l'on peut répondre par le bâton à ce type de revendications ? N'y a-t-il pas une marge de man½uvre entre encadrement musclé d'une manifestation non autorisée et dispersion des manifestants par les coups ? Oui, la manifestation n'était pas autorisée, mais les citoyens marocains apprennent, seuls, cet exercice démocratique. On ne doit pas les punir pour cela quand leur cause est unanime et juste.

Il y a effectivement déstabilisation du pays, mais c'est la grâce d'un pédophile qui l'a déclenchée, et on ne comprend pas comment réprimer la colère des concitoyens permettra de faire avancer les choses.

Si le Maroc est vraiment « ce pays qui fait grandir l'âme », quel impact ont et auront les dépêches de la presse étrangère sur leurs opinions publiques avec pour titre « des manifestations contre la pédophilie réprimées au Maroc » ?

La déstabilisation du pays n'est-elle pas là justement ?

Enfin, alors que les réseaux sociaux sont en ébullition, n'est-il pas le moment de prendre le pari de la communication et de la transparence ? Le mutisme indique un malaise profond qui ne devrait pas exister. Nous ne devrions pas hésiter une seconde à faire corps autour de cette indignation. Il ne doit y avoir ni makhzénien, ni nihiliste, ni riche, ni pauvre, mais des pères, des mères, des frères et des s½urs qui réclament des explications.

Si le Maroc veut faire exception, cela doit se faire vis-à-vis de ces citoyens qui sauront reconnaître qu'une faute avouée est à moitié pardonnée. Tandis que nul ne sait où peuvent nous mener une faute non-assumée et une indignation réprimée…

Zouhair YATA

La Nouvelle Tribune

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