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Egypte: les partisans de Morsi prêts à affronter la police

Abdallah Sami est abrité derrière des barricades de sacs de sable et de pierres, sa seule défense contre la dispersion annoncée par la police égyptienne du sit-in auquel il participe avec des milliers d'autres pour réclamer le retour du président islamiste destitué Mohamed Morsi.

"Je suis ici pour défendre ma foi et Dieu est mon arme", affirme Sami à l'AFP depuis la place Rabaa al-Adawiya, où se tient l'un des deux sit-in des partisans de M. Morsi dans la capitale égyptienne.

"Je n'ai pas de problèmes. Je suis prêt avec mon arme. Mon arme, c'est Dieu", renchérit Abdallah, un ouvrier de la province de Sharqiya, dans le delta du Nil.

Les partisans de Mohamed Morsi destitué et arrêté le 3 juillet dernier par les militaires occupent depuis un mois deux places du Caire pour faire pression sur l'armée jusqu'à ce que leur président soit rétabli dans ses fonctions.

Mercredi, le nouveau pouvoir a demandé à la police de mettre fin au mouvement de protestation et demandé instamment aux partisans de Morsi de rentrer chez eux.

Les manifestants islamistes ont cependant refusé jeudi d'évacuer les deux places et affirmé qu'ils allaient poursuivre leurs manifestations.

"Victoire ou Martyr", annonce une banderole à proximité du rassemblement.

Mais, tandis que l'attente de l'intervention de la police se prolonge, l'anxiété monte au sein du sit-in.

"Il n'y a pas de troisième option, soit Morsi revient et nous gagnons, ou nous mourons", assure Abdallah Adel.

Dans le cas d'une attaque surprise de la police, Adel a été chargé de crier "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) pour signaler aux autres manifestants que la police a entamé l'évacuation.

Quant aux amis de longue date, Mohammed Farahat et Omar Yasser, ils ont rédigé leur testament en se promettant réciproquement de veiller sur les enfants de l'autre au cas où l'un des deux venait à mourir.

"J'ai écrit mes dernières volontés. J'ai dit au revoir à ma femme", raconte Yasser à l'AFP. "Personne ne veut mourir, mais je suis prêt au martyr", ajoute-t-il.

Un autre manifestant déclare être prêt à mourir pour la cause se faisant l'écho de nombreux participants au sit-in de la place Rabaa al-Adawiya.

"Je sais que le bâton dont je suis muni ne me protègera pas. Mais je veux mourir pour Dieu", dit-il.

Et un professeur de physique, Mahmoud Bedewy, portant sa petite fille sur son dos d'ajouter: "je défie le ministre de l'Intérieur de me tuer, ainsi que mes six enfants et ma femme".

Une trentaine de jeunes gens casqués et munis de gourdins ont été désignés pour protéger les entrées du sit-in pendant que des masques médicaux sont distribués.

"Nous nous préparons du mieux que nous pouvons. Les masques serviront à protéger les jeunes gens contre les gaz lacrymogènes", affirme Mohammed Aboul Fotouh, également originaire de Sharqiya.

Des planches de bois parsemées de clous attendent d'être posées dans les rues afin de crever les pneus des voitures de sécurité qui s'approcheraient.

Les femmes ont égalemement décidé de rester sur le terrain.

 "Nous n'abandonnerons pas nos hommes et nous ne partirons pas, les femmes musulmanes ont toujours joué un grand rôle dans les batailles de l'Islam", affirme le docteur Salwa Badawy. "Je suis venue ici pour être une martyr", déclare de son côté Salah, 14 ans.

Sur les lieux de l'autre sit-in, des sacs de sable ont été empilés et des pneus déployés dans les rues prêts à être enflammés.

"Nous sommes prêts à nous battre. Je pense que ces murs de sable nous protégerons des balles et nous avons d'autres surprises", affirme Mostafa Mohammed d'un air menaçant.

Au moins 289 personnes ont été tuées en Egypte lors de la récente vague d'affrontements entre partisans et adversaires de M. Morsi et dans des confrontations avec la police.

AFP

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