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Cité universitaire de Kossodo : Des dizaines de véhicules incendiés ou saccagés, des étudiants arrêtés

La cité universitaire de Kossodo, sise à la sortie Nord-Est de Ouagadougou a connu une ambiance des plus chaudes dans l'après-midi du 1er août 2013. Aussi bien pour les étudiants que les forces de l'ordre. Sommés de libérer les locaux, les étudiants ont opposé un refus catégorique. La veille, ils avaient retiré plusieurs dizaines de véhicules de l'Etat ou d'ONG en signe de protestation. Ce jeudi, la plupart de ces véhicules ont été incendiés, après l'intervention des forces de l'ordre. La Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qui s'est déployée sur les lieux pour évacuer les locataires récalcitrants a procédé à de nombreuses arrestations.

A notre arrivée (autour de 16h), les pompiers luttaient encore avec les flammes. Pendant ce temps, la course-poursuite entre étudiants et forces de l'ordre battait son plein dans la broussaille dans les alentours de la plus grande cité universitaire de Ouagadougou. Sur place, des étudiantes asthmatiques se débattaient sous le bâtiment A. Des camarades ainsi que des sapeurs-pompiers leur apportaient assistance. Pensant que leurs camarades ne survivraient pas, certaines filles avaient commencé à pleurer à chaudes larmes. Des larmes accrues par les odeurs des gaz lacrymogènes utilisés par la police. En plus d'assister ces asthmatiques, les soldats du feu se battaient également pour venir à bout des flammes qui ravageaient les véhicules.

Certains conducteurs, le téléphone à l'oreille, n'avaient que leurs yeux pour pleurer. Par la suite, certains n'hésiteront pas à indexer « des étudiants pyromanes » qui sont vite appréhendés par les forces de l'ordre. Souvent avec violence. Ils étaient près d'une dizaine d'étudiants à avoir rejoint les cargos des CRS.

Plus de 10 véhicules complètement calcinés

Nous avons pu dénombrer plus de 10 véhicules complètement ravagés par les flammes. D'autres étaient à moitié brûlés. A notre présence, certains étudiants n'hésitaient pas à faire usage de bâtons pour briser tout ce qui peut l'être. Tout en promettant de mettre le feu une fois la nuit tombée. Que gagnent-ils en le faisant ? A cette question, un de nos interlocuteurs qui a requis l'anonymat dira : « Ça nous arrange d'incendier les véhicules. On leur a demandé de ne pas fermer les cités et les restaurants universitaires pendant les deux mois des vacances. Ce qu'ils ne veulent pas accepter ».

« On ne va pas quitter la cité puisque c'est notre résidence. C'est chez nous ici. S'ils arrivent à nous déloger de la cité, ils ne vont pas arriver à nous déloger de la ville. Et dans la ville, les véhicules seront brûlés. On va brûler tous les véhicules fond rouge, fon bleu, IT... », confie-t-il, dans la colère.

Mais comment est-on arrivé à l'affrontement ?

Nous avons fait un tour à la direction générale du Centre national des ½uvres universitaires. Mais, toutes les portes étaient closes.

Voici la version des étudiants : « De 7h à 14h, nous étions assis, attendant le retour de nos délégués pour nous dire ce qu'il y a lieu de faire. A notre grande surprise, on voit arriver la CRS vers 15h et à 15h30, ils ont commencé l'intervention. A leur arrivée, ils ont demandé à voir nos représentants qui sont allés discuter avec eux ». Auparavant, les étudiants s'étaient entendus sur l'attitude à tenir : « si quelqu'un sort un canon, nous allons brûler un véhicule. Le nombre de coups que nous allons entendre sera égal au nombre de véhicules que nous allons brûler ». Lorsque les discussions n'ont pas abouti, « les forces de l'ordre ont commencé à foncer sur nous. On a reculé vers les véhicules. On croyait qu'ils allaient cesser et demander l'ordre à leurs supérieurs. Mais systématiquement, ils ont commencé à tirer. Donc, on n'avait pas le choix. C'est l'ultimatum qu'on leur avait adressé. Donc, on a commencé à brûler les véhicules. On brûlait, ils tiraient sur nous (...). On n'a pas compté le nombre de véhicules brûlés, mais on avait arrêté 49 véhicules ».

Puis, la débandade s'en est suivie. Jusqu'à notre départ, nous n'avons pas eu vent de blessés graves. Mais les dégâts matériels étaient très importants. En plus des véhicules à quatre roux, des motos ont également été calcinées.

Certains se résolvent à partir

A notre départ (17h20), certains étudiants avaient commencé à partir, qui avec leur bagage sur la tête, qui sur des motos.

Pendant ce temps, nous apprenions qu'un véhicule a été incendié à la cité universitaire de Gounghin. A la cité Patte d'oie, les manifestations se poursuivaient également. Ainsi qu'à Zogona ou le face-à-face a été très tendu également.

Jusqu'où ira ce bras de fer ? « Nous allons lutter jusqu'à ce que notre revendication soit acceptée, sinon jusqu'à ce que mort s'en suive », lance un étudiant, bagage sur la tête. Souhaitons que la raison reprenne le dessus de part et d'autre.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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