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Finie la démocratie mensongère

Le Mali ne s’est pas réveillée groggy au lendemain du scrutin de dimanche dernier. Tout le monde s’en félicite et pour cause les démons de la violence et du négativisme politico- islamiste se sont tus. Oui, ils se sont tus mais n’ont pas abdiqué. Alors, il ne faut pas crier victoire tout de suite. Le chemin est sinueux et les chantiers immenses d’où l’obligation pour le futur régime de divorcer d’avec ce passé mensonger pour fonder un Etat qu’une mutinerie des clopes ne pourra plus ébranler.

 

 

Dans les pays à fort encrage démocratique, l’arrivée au pouvoir d’hommes neufs suscite de l’espoir et l’annonce d’un jour nouveau se lit sur tous les visages. Au pays de SOUNDJATA KEITA, les prémisses d’une victoire de IBK ne semblent pas contenter la majorité des populations. Les raisons sont multiples : le citoyen malien se demande à quelle sauce sera -t-il mangé par le septuagénaire de Sébénikoro ? IBK va-t-il perpétuer cette tradition qui veut que les citoyens soient plus riches que le pouvoir ? IBK mettra t-il un terme aux pots de vin, à la corruption généralisée, au népotisme, au clientélisme ? IBK a-t-il eu le temps de faire sa mue pour comprendre que dans ce pays, le Président doit laisser les autres s’enrichir et donner libre cours à l’argent sale ?

 

 

Nombre de maliens voudraient que le nouveau Président passe son temps à réunifier le pays, à le pacifier, à combattre les djihadistes et non à redresser le Malien et les Institutions. Nombre de nos compatriotes ne veulent pas que le nouveau Président verrouille le système. Nombre de nos compatriotes attendent du nouveau Président qu’il récupère le Nord. Nombre de nos compatriotes souhaitent qu’ils les uns et les autres conserver leurs prébendes. Nombre de nos compatriotes rêvent d’un Président qui après des années de galère dans l’opposition soit plus préoccupé à s’enrichir qu’à combattre la corruption et la fragilité des Institutions. Nombre de nos compatriotes tentent de se rapprocher de l’état major politique de IBK pour avoir un os à ronger. Nombre de candidats attendent le coup de filet salvateur du candidat élu pour se voir offrir un strapontin.

 

 

Les attentes ci-dessus ne font pas un pays. Le Mali a pendant longtemps souffert de sa classe politique. Il a pendant longtemps été dirigé par un Président Imposé passant son temps à renvoyer à plus tard la résolution des conflits majeurs. Ainsi, Alpha Omar KONARE s’était retrouvé à la tête d’un Mali agonisant. ATT avait hérité d’une situation septentrionale explosive et d’un système éducatif paralysé. Le nouveau Président arrive au pouvoir dans un contexte difficile marqué par une économie à genoux et une signature nationale qui ne rassure aucun bailleur. C’est dire que le Mensonge d’Etat doit cesser. La démocratie mensongère tant vantée au Mali doit céder la place à une architecture constitutionnelle forte qui transcende les hommes et les générations. A deux reprises, IBK a vécu dans sa chair les incongruités d’une Constitution taillée à la mesure du Chef en activité. Aujourd’hui, il est de son devoir de rompre d’avec ses pratiques d’un autre temps. Il arrive au pouvoir au crépuscule de sa vie et ce qu’il peut léguer de mieux à son pays est un Etat Fort, Debout avec des Ressources Humaines de qualité.

 

 

Pour avoir des lendemains qui chantent, le nouveau pouvoir de concert avec les différents acteurs sociaux -politiques doit repenser les fondements du système politique, réformer et reformater les forces de sécurité, obliger le peuple à épouser les vertus du travail, panser les plaies laissées béates par la crise de mars 2012, rassurer les milieux d’affaires, dégripper la machine rouillée de l’éducation mais surtout gouverner par l’exemple. Le Grand Soir est arrivé pour IBK affirment certains observateurs mais d’autres comme votre serviteur pensent que le Grand Soir de IBK sera jugé dans cinq ans lorsqu’il aura fini de reconstruire un Mali Nouveau et de jeter les bases d’un essor économique que ressent la ménagère de Mahina, de Sogolo et de Nara. Le Grand Soir de IBK sera jugé dans cinq ans lorsqu’il aura fini de ramener le Mali dans la locomotive des pays de la sous -région avec en prime la décision de ne pas briguer un second mandat pour sortir – à l’image de MANDELA- par la grande porte.

          Ben Latif*

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