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La discrète aide humanitaire de l'Iran en Libye

Après avoir félicité la rébellion libyenne, l’Iran aurait offert une aide humanitaire clandestine au pays, affirme le site de la chaîne saoudienne Al Jazeera.

Un geste effectué bien avant la chute de Tripoli, alors que le gouvernement iranien avait condamné ouvertement l’intervention de l’Otan. L'aide aurait été pourvue par le Croissant-Rouge iranien (équivalent de la Croix-Rouge dans le monde musulman) à destination des camps de réfugiés libyens et des rebelles.

Al Jazeera cite le ministre des Affaires étrangères iranien Ali Akbar Salehi, qui évoque les relations entre l'Iran et les rebelles libyens:

«Nous étions en contact avec plusieurs des groupes rebelles en Libye avant la chute de Mouammar Kadhafi et nous avons discrètement distribué trois ou quatre livraisons de médicaments et de nourriture à Benghazi.»

Toujours selon le ministre, le chef du Conseil national de transition (CNT) Mustafa Abdul Jalil aurait envoyé une lettre au président Mahmoud Amadinejad pour le remercier de son soutien.

L’attitude de l’Iran à l’égard de la Libye semble encore assez ambiguë: depuis le début de la guerre, le pays a déploré la répression de la part des fidèles de Mouammar Kadhafi tout en s’opposant à l’intervention de l’Otan. L’Iran a également refusé de reconnaître officiellement le CNT.

Le porte-parole du Parlement, Ali Larijani, a cependant félicité le peuple libyen pour la chute du dictateur:

«La nation libyenne héroïque s’est levée de son propre chef contre les leaders oppresseurs et a prouvé qu'à l'heure où les nations se réveillent, il n’y a pas de place pour la tyrannie et que les exigences du peuple doivent être respectées.»

Une des raisons du non-soutien de l’Iran à Kadhafi peut être les mauvaises relations depuis 1978 et la disparition en Libye d’un chef religieux chiite libanais né en Iran, Moussa Al-Sadr.

La position de l’Iran reste néanmoins paradoxale puisque le 30 août, le ministre des Affaires étrangères a invité le chef du CNT Mustafa Abdul Jalil à se rendre à Téhéran dès que possible.

Lu sur Al Jazeera