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Le journal de Camille, ma consommation effrénée des nuits ramadanesques

23h50, Yazid attend son tour pour monter à bord des voitures scintillantes du manège. Il a du mal à cacher son impatience, il regarde fasciné les autres enfants qui s'amusent. Le manège s'arrête, le petit garçon de 5 ans jubile. Yazid, fier comme un coq, prend place à bord d'une petite voiture jaune.

Le centre commercial de « Bab Ezzouar » en périphérie d'Alger a étendu ses horaires d'ouvertures pour le mois de Ramadhan. Le vendredi soir, il reste ouvert jusqu'à 4 H du matin. L'espace qui accueille des dizaines de marques internationales a pris ses habits de Ramadhan. Au plafond sont pendus des croissants de lunes, des étoiles et des lampadaires de couleurs dorés et argentés. Une décoration orientale pour un lieu de consommation à l'occidental.

Au rez-de-chaussée on fait ses courses en famille, c'est le lieu de l'utile. Hypermarché, pharmacie et banque. Au distributeur automatique, les  nouveaux venus peuvent se procurer l'argent nécessaire pour attaquer la soirée. La dizaine de caisses ouvertes de l'hypermarché ne désemplissent pas. Les clients, souvent des mères de famille chargent dans leurs grands caddies, le lait, le soda, les feuilles de bricks, les dattes, et tout le nécessaire pour les prochains « ftour ».

Au centre de l'espace, les grands escalators permettent aux visiteurs d'accéder plus vite aux deux étages supérieurs. Le premier étage constitué de boutiques de prêt à porter pour la plupart est le lieu de l'achat plaisir. La musique Châabi résonne dans tout le hall, il faut monter au 2e étage pour découvrir un groupe de musiciens jouant devant la terrasse d'un restaurant. C'est à cet étage que l'ambiance Ramadanesque est la plus prégnante. Il est une heure du matin, les familles partagent glaces, sodas et pâtisseries.

Au même étage, une grande terrasse extérieure accueille des groupes de jeunes. Beaucoup sont accoudés à la balustrade admirant la vue de la terrasse : un grand terrain vague et un parking. Une pub installée sur le toit de l'immeuble d'en face scintille de sa lumière bleue dans la nuit.

De retour sur le parking, aux alentours de 2h30 du matin, 5 flyers d'une grande marque automobile intitulé « une offre célébration » décoré aux couleurs du Ramadhan nous attendent sur le pare-brise de la voiture. Sur le chemin du retour, nous longeons l'autre « temple de la consommation » des environs d'Alger, le Ardis. Le parking est plein.

« Va au centre commercial ! Tu y vivras l'euphorie des nuits ramadanesques. » Au départ je ne voulais pas suivre le conseil de cet ami algérien. Et puis, je me sens vite oppressée par les foules compactes. Mais je ne regrette pas d'avoir parcouru les couloirs climatisés de ce complexe. Pendant les nuits de Ramadhan, le centre commercial est bel et bien devenu un « temple de la consommation ».

 Camille J.

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