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Ramadan : LE QUINQUELIBA A LA COTE

Son commerce est florissant car la plante est réputée pour ses nombreuses vertus thérapeutiques, en particulier digestives

Le mois de carême tire à sa fin. Au grand dam des vendeurs de quinquéliba qui, tout le long de cette période sacrée, font des bonnes affaires. En effet, on peut compter sur les doigts d'une main, les familles à Bamako où cette boisson aux vertus thérapeutiques certaines n'est pas consommée au moment de la rupture du jeûne. Cette denrée fait fureur pendant le mois de Ramadan. On croise ainsi des vendeurs détaillants de ce produit, allant de porte en porte ou installés au marché et le long des principales artères de Bamako.

La préparation est, elle aussi, toute simple : on fait bouillir les feuilles de quinquéliba pour obtenir une décoction rougeâtre qui, bien sucrée, fait le bonheur des jeuneurs, jeunes et vieux. Cette tisane se boit en infusion simple ou mélangée à du lait. On la trouve également en infusettes industrielles prêtes à être plongées dans un peu d'eau chaude.

Dans notre pays, cette plante existe en quantité dans le cercle de Kita. Mais on en importe également de pays voisins comme la Côte d'Ivoire et la Guinée.

Broulaye Traoré, un commerçant grossiste de quinquéliba au grand marché de Medina-coura, confirme que le produit est très sollicité en cette période mais souligne que les ventes ont ralenti par rapport aux 10 premiers jours du mois de Ramadan. « Au début du mois béni, je pouvais vendre beaucoup de sacs, voire plus de 10 sacs. Mais maintenant on peut passer toute la journée sans vendre un seul sac», souligne-t-il

Le prix d'achat du quinquéliba est abordable en gros sur les sites d'approvisionnement, mais, précise-t-il, le coût du transport alourdit les frais des revendeurs.

Avec ses feuilles courtement pétiolées, vert sombre, largement ovales, en pointe à l’extrémité, le quinquéliba est réputé pour ses nombreuses vertus, en particulier digestives. Les avis de consommateurs que nous avons rencontrés, en font foi. Daouda Kamissoko, un chef de famille domicilié à Kalanba-Coura, assure prendre régulièrement du quinquéliba, même en dehors du Ramadan. « Pendant ce mois, j'ai encore plus besoin de cette boisson chaude pour faciliter ma digestion. A la rupture du jeûne, la première chose que je prends après les dattes, c'est le quinquéliba», ajoute-t-il.

Comme les dattes, le quinquéliba est-il recommandé par le Coran pour rompre le jeûne ? Alfousseyni Diakité, un croyant musulman, serait bien en peine de l'affirmer. De son propre aveu, il ne connaît pas de verset du Livre saint qui recommande de boire le quinquéliba au moment de la coupure du jeûne. « Il se peut qu'il y ait un verset dans le Coran qui le recommande, mais moi je ne le connais pas. Tout ce que je sais, c'est que cette boisson soigne beaucoup de maladies », précise cet interlocuteur.

Dans les petits marchés, il est vendu dans de petits sachets de 25 à 50 Fcfa. Selon de nombreuses revendeuses, le commerce de ces feuilles est particulièrement florissant en ce mois béni. Après le Ramadan, cet engouement pour le quinquéliba va s'estomper, alors même que sa consommation est conseillée aux patients qui souffrent de la colique.

Le sac de 120 kg coûte au grand marché de Medina-coura, 10 000 Fcfa, celui de 105 kg, 6 000 Fcfa, et celui de 50 kg, 2 000 Fcfa. Le petit sachet coûte 500 Fcfa.

En cette fin du mois de carême, des commerçants se plaignent de la chute des ventes. Maïmouna Diarra constate ainsi que le marché s'est notablement ralenti. Souvent, assure-t-elle, elle peut passer la journée sans vendre un seul sac.

Sa simplicité de préparation explique pourquoi le quinquéliba est si répandu. Ainsi si, on n'en prépare pas à la maison, l'amateur pourra en déguster presque à tous les carrefours chez des vendeurs ambulants, dans les gargotes et autres lieux de restauration. Ceux qui ne peuvent rompre le jeûne en famille à cause de leurs préoccupations professionnelles, n'ont que l'embarras du choix pour trouver leur tisane préférée.

Le quinquéliba, communément appelé le thé du Sahel, n'est pas seulement utilisé pour rompre le jeûne. Il est aussi recommandé au quotidien pour la santé. Il peut être employé dans le traitement des hépatites ou des intoxications d’origine hépatique. Il est aussi connu pour limiter les conséquences de l’alcoolisme. Son action sur le foie est renforcée par l'adjonction de fumeterre. Le « thé du Sahel » constitue aussi un remède pour les digestions difficiles et il possède une action diurétique. Alors plus qu'une boisson, le quinquéliba est aussi un médicament. Comme nombre de plantes sous nos latitudes.

Anne-Marie KEITA

L'essor

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