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CONFIDENCES KEDOUGOU- MOUSSA BA, VICTIME D’ATTAQUE A MAIN ARMEE A DOUTA «J’ai échappé à la mort, des bandits touaregs m’ont tiré une balle et m’ont pris 35 millions de FCfa»

Le richissime commerçant Mamadou Moussa Bâ et sa deuxième épouse, Téning Bâ, n'en reviennent toujours pas de cette fameuse nuit du 27 juillet. Cette maudite nuit où ils ont été attaqués par une dizaine de Touaregs encagoulés et armés jusqu'aux dents. Cette nuit-là, le couple était plongé dans les bras de Morphée quand dix bandits ont fait irruption dans leur chambre. Les bandits les ont tenus en respect avec des fusils. Au centre hospitalier régional où nous les avons trouvés, déjà cinq balles ont été extraites (4 balles reçues par la dame et une balle par le mari). Ils racontent, dans les moindres détails, le film de cette nuit cauchemardesque.

«Je m'appelle Mamadou Moussa Bâ. Je suis un commerçant âgé de 38 ans, marié à deux (2) épouses et père de cinq (5) enfants. Je suis domicilié au village aurifère de Douta dans le département de Saraya, région de Kédougou. Les faits pour lesquels nous sommes admis d'urgence ici au centre hospitalier régional de Tambacounda remontent à la nuit du 27 au 28 juillet dernier aux environs de 00 heure. Cette nuit, des personnes ont fait irruption dans ma maison et se sont dirigés directement dans mon appartement. Comme ma chambre était fermée à clé, ils ont tapé. Ma femme, Téning Bâ, qui dormait à mes côtés, m'a réveillé pour me dire que des gens tapaient à la porte. Je me suis levé pour y voir clair. L'un deux m'a sommé d'ouvrir la porte en langue touareg, variante du peulh. Je lui ai posé la question de savoir pour quelle raison je devais ouvrir ma porte à cette heure indue de la nuit. Il m'a répondu qu'il voulait acheter de l'or. Je lui ai dit que je n'avais pas de l'or à vendre. A cet instant, je voulais juste ouvrir la porte pour y voir plus clair, mais ma femme s'y est opposée. Le visiteur a insisté, tout en menaçant de défoncer la porte si jamais je n'ouvrais pas. Ma femme a commencé à crier. C'est ainsi que les bandits ont tiré plus de 50 coups sur la porte, qui a fini par céder. Quatre des bandits ont pénétré dans ma chambre. Ils ont braqué leurs armes sur ma tête, ma poitrine et mon ventre. Ma femme qui continuait à crier, a été fusillée aux deux jambes.. Je me suis dit que c'était la fin, puisqu'ils ont tué ma femme. Les bandits m'ont sommé de sortir l'argent que je détenais, sinon ils allaient me tuer. L'un deux qui a braqué son arme sur ma tête, m'a demandé de faire vite avant qu'il ne tire. J'ai alors paniqué. Je leur ai dit de me suivre. C'est ainsi que je suis allé avec eux dans une autre chambre et j'ai récupéré les 35 millions de FCfa que je gardais soigneusement pour les leur remettre. Après, ils m'ont dit de me rendre dans la cour où ils allaient me tuer. Une fois dans la cour, le chef a donné des instructions pour qu'on me tue. Heureusement, l'un d'entre eux a dit au chef de ne pas me tuer, puisqu'il considérait que j'étais encore jeune. L'autre m'a dit qu'il restait de l'argent, que je devais sortir. Je lui ai dit que je n'avais que cette somme de 35 millions de FCfa par devers moi. Alors, il m'a tiré un coup au pied droit. Après, ils m'ont demandé d'ouvrir toutes les portes des chambres de la maison. Dans une des chambres, ils ont trouvé ma première femme et mes enfants. Ma femme a crié et l'un d'eux lui a braqué son arme avant de la menacer de la tuer si jamais elle criait. Ils se sont mis à fouiller dans la chambre et n'y ont rien trouvé. Ils m'ont ramené dans ma chambre pour récupérer tous mes habits et ceux de ma deuxième femme, qui était déjà assommée et gisait dans son sang. Ils sont sortis en me disant qu'ils allaient revenir. Je suis resté dans la chambre pendant une dizaine de minutes, ils ne sont pas revenus. Je me suis dirigé vers ma deuxième femme pour voir. Quand j'ai vu qu'elle n'était pas morte, je suis sorti pour voir s'ils étaient partis. Ne voyant personne, j'ai couru, malgré ma blessure, vers la gare routière pour chercher un véhicule. Mais toutes les populations avaient déjà fui vers une destination inconnue. C'est en retournant à la maison que j'ai croisé un chauffeur, qui m'a demandé si les bandits étaient partis, puisqu'il avait pris la fuite pour se refugier dans les herbes. Je lui ai demandé de l'aide. C'est ainsi que nous avons évacué mon épouse au district sanitaire de Kédougou. Après les premiers soins, nous avons été acheminés ici au centre hospitalier régional de Tambacounda où nous avons été bien accueillis et traités. Déjà, toutes les balles ont été extraites de nos jambes (4 pour ma femme et une balle pour moi). Je n'aurais jamais imaginé que ma femme et moi allions sortir indemnes de cette attaque, tant les malfaiteurs étaient violents dans leur langage et la manière dont ils tiraient les coups de feu. Je profite de cette occasion pour solliciter de l'aide auprès des autorités. Même payer nos ordonnances était un véritable problème. Il a fallu que des bonnes volontés de Kédougou nous aident pour qu'on puisse changer nos habits, qui étaient maculés de sang. Je lance un appel au chef de l'Etat, Macky Sall, pour renforcer la sécurité dans notre village de Douta, qui fait frontière au Mali.»

TENING BA, L'EPOUSE MIRACULEE : «J'ai reçu trois balles et je ne sais pas encore comment j'ai pu survivre»

«Quand les bandits sont arrivés, j'ai commencé à crier de toutes mes forces. La porte a cédé devant les multiples tirs des bandits, qui étaient plus de dix et ils sont entrés dans la chambre avec des tenues en treillis. Ils étaient tous encagoulés et armés jusqu'aux dents. Ce sont des touaregs. Ainsi, ils ont braqué leurs armes sur mon mari. Le premier m'a mise en joue et m'a dit en peulh : «Bouge pas.» Puis, le second est arrivé et a crié : «L'argent ou tuez-les !» J'ai commencé à crier et deux d'entre eux m'ont tiré trois balles et je suis tombée, évanouie. Je saignais abondamment et je croyais que j'étais morte. D'ailleurs, c'est à l'hôpital de Kédougou que je me suis réveillée. Dieu merci, je suis en vie. Je n'aurais jamais imaginé que je sortirais indemne de cette attaque. Ça fait bizarre de se retrouver avec des armes pointées sur soi. J'ai une eu une fracture au pied gauche, une blessure au genou et au talon droit. Toutes ces blessures ont été causées par des balles, qui ont été extraites par les médecins de l'hôpital de Tambacounda. D'ailleurs, je dois subir des opérations dans les prochaines heures. Mon mari se remet petit à petit, puisqu'il est à mon chevet. Nous n'avons plus rien, toutes nos économies ont été emportées. Mon mari avait même du mal à payer mes ordonnances à Kédougou. Nous avons été choqués par cette attaque, mais Dieu merci, nous sommes en vie.»

L'Observateur

Rewmi

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