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Médiateur électoral : PREMIERS PAS DANS LE PAYSAGE MALIEN

Le scrutin de dimanche s'est bien passé malgré quelques insuffisances  techniques : tel est l'avis des médiateurs électoraux déployés dans les six communes de Bamako et dans les régions.

Le concept de « médiateur électoral » est nouveau dans le paysage malien. Initiée par l'Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique (EISA), cette approche se veut originale et novatrice. La centaine de médiateurs électoraux déployés le jour de scrutin étaient ainsi chargés d'aplanir toutes les possibilités de conflit. Ces « ambassadeurs de la paix » sont fournis par des organisations de la société civile (organisation de promotion des droits de l'homme, confessions religieuses, association de communicateurs traditionnels, de chefs traditionnels, ou de volontaires). Dans le district de Bamako, 126 médiateurs ont été mobilisés. Dans les régions, des personnes ressources servant de relais, ont été choisies en attendant la constitution effective de panels dans ces localités.

Les médiateurs électoraux ont été formés au « B. A. BA » du concept. Ces surveillants de la paix se sont ainsi familiarisés avec la législation en vigueur, la loi électorale. Ils ont discuté du rôle des organes de gestion des élections et des différents acteurs. Le conflit, ses causes et les différentes méthodes de gestion des conflits ont été largement disséqués durant la session de formation. Les techniques de la médiation électorale, notamment le modèle d'EISA, ont été inculquées aux médiateurs.

Pourquoi des médiateurs électoraux ? Les élections sont, en elles mêmes, des moments propices aux conflits en raison de leur caractère compétitif et des enjeux. Cela est encore plus vrai lorsque le scrutin s'organise dans un schéma général découlant lui-même d'un conflit comme c'est le cas dans notre pays.

Il importe alors que les élections soient abordées avec la plus grande prudence et la plus grande originalité. D'où l'idée, selon le représentant d'EISA-Mali, Justin Doua Gore, d'installer des panels de médiation des conflits électoraux. L'approche se situe comme un appoint à toutes les mesures judiciaires, légales, techniques et administratives permettant de gérer le contentieux électoral.

Dans la pratique, les médiateurs ont sillonné les quartiers, les rues, les centres et bureaux de vote le jour du scrutin afin de prévenir ou le cas échéant de gérer les conflits. Ces arbitres étaient équipés de gilets, T-shirts et casquettes pour faciliter leur reconnaissance.

Facilement abordables par les électeurs, les médiateurs électoraux de Bamako ont présenté leur rapport partiel hier dans la salle de conférence du patronat. Ce document préliminaire établit que le scrutin du dimanche s'est tenu dans le calme et le respect des normes en la matière.

Cependant des petits couacs ont été observés ci et là. Il s'agit, entre autres, de malentendus, d'incompréhensions et surtout, de retards. Cependant des scènes de violences et de conflits ont été enregistrées dans des centres de la Commune III de Bamako. Ces quelques cas ont été gérés à l'amiable, indique le coordinateur des médiateurs, Sékou Tounkara.

Justin Doua Gore a remercié les messagers de la paix pour le travail abattu.  L'objectif recherché par l'organisation non gouvernementale panafricaine à travers ce nouveau concept est d'apporter sa contribution au processus politique en cours dans notre pays, a-t-il indiqué.

Cependant, avertit Justin Doua Gore, le fait que le premier tour ait été globalement paisible ne doit pas conduire à considérer les choses pour acquises.  Souvent, a-t-il souligné, le deuxième tour des élections entraine une cristallisation de l'atmosphère autour de deux pôles ou blocs antagonistes.

Ainsi, les tensions s'accroissent. Justin Doua Gore a annoncé que dans les prochains jours et ce dans la perspective d'un second tour et des élections législatives et locales, sa structure complétera la formation des médiateurs actuels et étendra la constitution et la formation des médiateurs dans les régions. Cela dans un souci de décentralisation et d'appropriation du concept par les acteurs nationaux et également dans la perspective de conflits autres que les conflits électoraux, a précisé le premier responsable d'EISA dans notre pays.

M. A. TRAORE

médiateur

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