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La RTB fête ses 50 ans avec Mahamoudou Ouédraogo

La première chaîne d'information publique du Burkina Faso souffle cette année ses 50 bougies. Pour célébrer le jubilé de la RTB, le ministère de la Communication a invité le Dr. Mahamoudou Ouédraogo à discuter du « rôle et des responsabilités de la télévision publique ». C'était ce mardi 30 juillet aux Archives Nationales de la capitale, aux côtés de la présidente du Conseil Supérieur de la Communication (CSC), Béatrice Damiba - nommée pour l'occasion Marraine de cérémonie et modératrice de conférence - et du Secrétaire Général du ministère de la Communication, Adama Barro.

« 50 ans... », annonce Mahamoudou Ouédraogo. « Certains cheveux sont en train de blanchir, comme les miens ; c'est que vous avez passé l'âge de la raison pour l'âge de la sagesse ! », poursuit-il, introduisant ainsi en toute décontraction la conférence organisée par le ministère de la Communication à l'occasion du cinquantenaire de la RTB, ce mardi 30 juillet 2013 aux Archives Nationales de Ouagadougou. Une conférence qui s'est donc déroulée dans la joie et la bonne humeur, avec une audience - composée de divers acteurs des médias publics - à l'écoute attentive de l'exposé et des nombreuses anecdotes du conférencier, et véritablement conquise par les talents d'orateur de ce dernier. Si bien que le Secrétaire Général Adama Barro, venu représenter le ministre de la Communication, déclarera en fin de séance : « Ce n'est pas un hasard si c'est lui que nous avons choisi (NDLR : pour animer la conférence) ; on a beaucoup appris à ses côtés et, comme un bon vin, il se bonifie en vieillissant ».

« Il n'est plus à présenter dans le milieu de la communication et de l'information au Burkina Faso », annonçait en effet la Marraine de cérémonie et modératrice de conférence, Béatrice Damiba. « C'est un journaliste professionnel, parmi ceux qui ont marqué et qui marquent encore la profession au Burkina Faso » a ainsi déclaré la présidente du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) pour introduire le Dr. Mahamoudou Ouédraogo. Celui qui fut, comme elle le rappelle, successivement présentateur du journal télévisé, rédacteur en chef puis directeur de la Télévision Nationale Burkinabè (TNB), avant d'entrer au gouvernement en tant que ministre de la Communication et de la Culture, puis ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, et enfin aujourd'hui en tant que conseiller à la Présidence du Faso, est venu ce jour porter la casquette de conférencier. Le cinquantenaire de la RTB étant ainsi l'occasion pour lui de discuter du rapport entre médias publics et démocratie au Burkina Faso.

Médias et démocratie d'une part, rôle des médias publics d'autre part

« Je crois que c'est plutôt un échange entre professionnels [...] une communauté de pensée positive pour les médias et la télévision », déclare le Dr. Ouédraogo quant à la conférence qu'il présentera en deux parties, dit-il. La première, qu'il intitule 'Quid des médias et de la démocratie', s'intéresse à « la question d'une presse sans démocratie et d'une démocratie sans presse ». A travers un exposé, aux airs historiques et ponctué de célèbres citations, Mahamoudou Ouédraogo démontre que démocratie et médias vont de pair. Comme disait le président américain Thomas Jefferson, rappelle-t-il : « Si j'avais à choisir entre une presse sans gouvernement et un gouvernement sans presse, je choisirai une presse sans gouvernement », car « quand il y a une démocratie sans médias, en réalité il n'y a pas de participation citoyenne », selon ses propres mots. C'est ainsi que « la presse est le quatrième pouvoir », selon ceux du philosophe irlandais Edmund Burke.

Quant à la question - controversée - du rôle de l'Etat dans les médias publics, Mahamoudou Ouédraogo le dit clairement : « Le propriétaire des médias publics, c'est l'Etat. Mais l'Etat, c'est qui ? C'est nous tous ! Or en démocratie on ne peut pas tous gouverner, donc on élit un chef d'Etat. Toutefois lorsqu'on a le pouvoir, on est le pouvoir de tout le monde, pas seulement ceux qui ont voté pour nous », précise-t-il. « Il faut un équilibre de l'information » affirme ainsi le conférencier. Après, « que ce soit dans la presse d'Etat ou privée, l'employeur est le décideur de la ligne éditoriale », rappelle l'ancien journaliste, rédacteur en chef et directeur de la TNB. « La ligne fixée doit être respectée, et il n'y a pas un seul journal qui déroge à la règle » souligne-t-il, choisissant cette fois une citation de l'humoriste français Guy Bedos pour soutenir, en toute légèreté, son argument : « Je croirai à la liberté de la presse lorsqu'un journaliste pourra écrire dans son journal ce qu'il pense de son journal ! »

Sur ce sujet, qui a fait l'objet de quelques « questions qui fâchent », admet Mahamoudou Ouédraogo - « mais on est entre confrères et cons½urs, il n'y a pas de tabou », assure-t-il -, le conférencier poursuit : « Aucun propriétaire ne peut créer un journal, de presse ou télévisé, et dire 'Faites ce que vous voulez'. C'est de l'utopie. Que ce soit au Burkina, ou ailleurs ». « Le problème c'est la marge de man½uvre du journaliste », souligne-t-il en outre, argumentant que s'il n'est pas d'accord avec la ligne éditoriale de son journal, le journaliste peut toujours le quitter. « Au Burkina Faso, vous avez des journaux de gauche, de droite, de l'opposition, de la majorité... Mais si je suis un journaliste qui a des idées de l'opposition et qui va travailler pour un journal de la majorité, je ne pourrai pas tenir longtemps ! », ironise-t-il ainsi.

La télévision nationale « doit agir dans le cadre de la responsabilité sociale »

Rappelant toutefois les termes de la Charte des journalistes burkinabè, « la responsabilité du journaliste vis-à-vis du public prime sur la responsabilité vis-à-vis de son employeur », le conférencier affirme que « cela peut prêter à confusion », et que la Charte mériterait même « d'être modifiée à l'heure actuelle ». Lui, en appelle à « la responsabilité sociale des médias ». Selon Mahamoudou Ouédraogo, « les journalistes doivent savoir qu'ils ont en main un puissant outil ; il faut faire attention à ne pas induire le public en erreur, à ne pas commettre des actes qui pourraient le mettre en danger ». « La télévision nationale, c'est dans ce cadre de responsabilité sociale qu'elle doit agir », poursuit-il, affirmant par ailleurs : « Je pense que les nombreux prix, nationaux et étrangers, qu'elle a reçus montrent son excellence ».

C'est ainsi que le Dr. Ouédraogo a clos son exposé, souhaitant à la RTB une « bonne fête d'anniversaire ; que les 50 années à venir soient encore meilleures que les 50 passées », et déclarant au passage : « Nous sommes fiers de la télévision publique, des femmes et hommes qui y travaillent, mais également convaincus que vous pouvez faire encore mieux ». Sa philosophie, si l'on peut dire, étant qu'il y a toujours un « idéal » à essayer d'atteindre. D'ailleurs, en réponse à une des « questions qui fâchent », qui évoquait les (difficiles) conditions de travail des journalistes, Mahamoudou Ouédraogo en a appelé à la solidarité de la profession, « pour faire acquérir davantage aux journalistes ». Et d'affirmer solennellement : « Nous sommes des frères de plume, de micro et de caméra, il faut que nous soyons soudés ; c'est la base pour pouvoir réussir et avancer ».

Jessica Rat

Lefaso.net

Le Faso

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