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Exportations: Le Sud dépasse le Nord

Les exportations en provenance des pays en développement viennent de dépasser, pour la 1ère fois en 2012, celles des économies avancées, notamment grâce à la chaîne de valeur mondiale, a indiqué vendredi le porte-parole de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

“Les exportations des pays en voie de développement s’élèvent à plus de 50 % du volume global des exportations, qu’ils soient adressés aux pays industrialisés ou aux marchés en développement”, a relevé Keith Rockwell, directeur de l’Information et des relations extérieures à l’OMC lors d’une vidéo-conférence avec des journalistes à Londres.

Cette amélioration s’explique essentiellement par l’évolution qu’a connue la chaîne de valeur mondiale. “Plusieurs pays peuvent aujourd’hui s’impliquer dans des activités industrielles sans devoir disposer d’une réseau de production complètement intégré”, a expliqué M. Rockwell.

“Si un pays n’a pas la capacité de construire un véhicule ou un avion entier, il a quand même la possibilité d’en produire certaines composantes et de les exporter par la suite”, a fait savoir le porte-parole de l’OMC.

Dans ce cadre, le responsable a donné l’exemple des Philippines et du Maroc, qui sont “très actifs” dans la chaine de valeur mondiale, alors que la part des Chinois est passée de 1 % à 11 % du montant global depuis 1980.

Pour ce qui est de la coopération commercial Sud-Sud, M. Rockwell a fait savoir qu’elle connait une expansion notable et que le montant des échanges commerciaux entre les pays développés a doublé depuis l’année 2000, atteignant 24 % du commerce mondial, qui s’élève à 22.000 milliards de dollars.

Selon ce responsable, qui intervenait depuis Genève, l’OMC travaille actuellement sur un projet qui vise à réduire de moitié le seuil des subventions accordées aux biens agricoles, et de 25 % pour les pays les moins développés (Least Developed Countries, LDC), ce qui devrait équilibrer la concurrence à l’échelle mondiale sur ce type de biens.

Ce projet intervient alors que les négociations dans le cadre du cycle de Doha peinent à avancer, surtout que ce cycle porte sur l’agriculture et sur l’amélioration de l’accès aux marchés des pays riches pour les produits agricoles des pays en développement, les différentes parties n’arrivant pas à s’accorder. Afin de faire marcher ce cycle, qui a été lancé en 2001 puis suspendu en 2006, une réunion ministérielle est prévue à Bali en Indonésie, où l’issue de la réunion sera décisive pour plusieurs pays.

“Les prochains mois seront difficiles et cruciaux, et si la réunion ministérielle à Bali échoue dans la réalisation de ses objectifs, plusieurs gouvernements seront déçus et l’OMC éprouvera des difficultés importantes pour rétablir sa crédibilité, surtout que le cycle Doha a duré plus que le temps qu’il lui a été consacré (3 ans, ndlr)”, souligne M. Rockwell.

Le Directeur général sortant de l’OMC, qui vient de démissionner mercredi, avait indiqué dans son discours d’adieu que les politiques de commerce domestique sont devenues plus difficiles et que les accords commerciaux sont devenus plus complexes à cause de plusieurs obstacles entravant les échanges, appelant à plus d’ouverture de la part des pays membres, notamment dans le cadre du cycle Doha, qui vise en premier lieu à promouvoir l’inclusion des pays les moins développés dans la création de la richesse mondiale

LNT

La Nouvelle Tribune

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