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Angola : l'affaire des 3 millions d'euro en liquide saisis en France bientôt au parlement ?

Le général Bento Kangamba a nié les faits

Des députés de l'opposition ont promis d'évoquer à l'assemblée nationale ce qu'ils appellent « le scandale Bento Kangamba » selon des déclarations du président du groupe parlementaire de l'UNITA Raúl Danda et du député Leonel Gomes de CASA CE. Cette affaire concerne la saisie, le 14 juin dernier, d'un montant de trois millions d'euro en liquide dans les coffres de deux Mercedes, impliquant huit Portugais, Angolais et Cap-Verdiens interpellés en France. La justice française a décidé de les poursuivre pour « blanchiment en bande organisée et association des malfaiteurs »

Certaines personnes interpellées ont déclaré que cette importante somme d'argent était destinée au général Bento Kangamba qui se trouvait alors en vacances à Monaco avec une vingtaine d'amis. L'officier angolais est un dignitaire du régime, proche du président dos Santos et propriétaire de mines de diamants et d'un club de football qui avait fait signer le Brésilien Rivaldo, ancien ballon d'or et champion du monde.
« Monsieur Bento Kangamba ne doit pas se promener ainsi avec des millions d'euro juste pour jouer », a lâché Danda en s'appuyant sur l'information selon laquelle cet argent était destiné à être misé dans un casino de Monaco. Et de s'interroger comment cet argent a pu sortir du pays alors que la limite du montant autorisé par la loi est de 15.000 dollars par personne.

Il y a un peu plus d'une semaine, l'intéressé a rompu le silence pour nier les faits en accusant l'opposition de vouloir, à travers sa personne, dénigrer le président dos Santos. « C'est de la calomnie et de la diffamation alimentées par l'opposition » s'est-il défendu sur la chaîne de télévision publique angolaise. Du côté des autorités, jusqu'ici c'est silence radio. Aucune réaction n'a en effet été enregistrée bien que José Eduardo dos Santos ait reçu Kangamba peu avant son dernier voyage en Espagne. |Jossart Muanza (AEM)

Rappel des faits

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C'est au cours de contrôles des douanes que, en moins de huit heures, étaient saisis trois millions d'euro, le 14 juin.|Ph. La Provence


Le 14 juin, vers 1 heure du matin : les douaniers interceptent au péage d'Arles une Mercedes immatriculée au Portugal. Dans le coffre, dans une valise, ils découvrent un sac plastique et une boîte à chaussures contenant 40 liasses de 50 000 ¤. Soit deux millions d'euro au total. Le chauffeur Daniel de Andrade Moreira, un Portugais, vient de Lisbonne et file vers Monaco pour livrer cet argent.

Sept heures plus tard, au péage de Saint-Jean de Védas (Hérault), d'autres douaniers contrôlent une autre Mercedes à bord de laquelle se trouvent Anercio Martins de Sousa, Angolais, et Gaudino Vaz Gomes, Cap-verdien. Dans le coffre, plusieurs paquets enveloppés dans du papier blanc, il y en a pour 910 000 ¤.

Le chauffeur explique d'abord que cette somme doit lui servir à acheter un bien immobilier à Nice puis qu'en échange de 10 % de la somme, il la convoyait à Monaco pour la remettre à son propriétaire José Fransisco.

L'histoire rebondit lorsqu'au cours de la garde à vue de Martins de Sousa et Vaz Gomes, quatre hommes se présentent à l'hôtel de police de Montpellier à la recherche des occupants de la Mercedes. Ils sont, à leur tour, placés en garde à vue.

José Fransisco se présente comme un promoteur immobilier en Angola ; il dit être propriétaire de 100 000 des 910 000 ¤, l'argent étant destiné à un groupe de vingt personnes descendues au Métropole à Monaco pour jouer au casino. La facture de l'hôtel s'élevait à 86 000 ¤.

Parmi les pièces saisies, José Fransisco reconnaîtra comme siens des bordereaux de transactions bancaires portant sur des millions d'euros, des papiers relatifs à un commerce de diamants entre la Suisse, l'Angola et Israël.

« En Angola, on a l'habitude de transporter son argent comme ça. Je ne suis pas un malfaiteur »

Parmi les « amis » venus au commissariat, Carlos Filomeno de Jesus Lima da Silva était porteur de 60 000 ¤ et de la carte bancaire de Bento Dos Santos, général angolais, proche du pouvoir et du président en place, surnommé Kangamba.
Installé depuis 33 ans au Portugal, à la tête d'une entreprise d'import-export audiovisuelle, Jesus Lima da Silva assure que l'argent était destiné à leurs soirées dans les casinos.

Plein de bon sens, il a expliqué au juge Charles Duchaine que si cet argent avait une provenance criminelle, ils ne se seraient pas jetés dans la gueule du loup : « En Angola, on a l'habitude de transporter son argent comme ça. Je ne suis pas un malfaiteur ». -José Fransisco apportait les mêmes justifications : « Bento m'avait expliqué que les mises au casino de Monaco étaient très élevées et qu'on pouvait dépenser 8 000 ¤ en cinq minutes ».
Alors, blanchiment d'un trafic de diamants ou dépenses somptuaires de riches Angolais qui ne comptent pas ? Le mystère reste à élucider.
La justice marseillaise tente de démêler cette abracadabrantesque affaire qu'elle a pour l'instant qualifiée de blanchiment en bande organisée, mais les avocats des personnes mises en examen entendent la réduire au simple délit douanier d'absence de déclaration de devises, nécessaire au-delà de 10 000 ¤. Cinq personnes sont en détention ; deux d'entre elles réclament aujourd'hui à la cour d'appel d'annuler leur mandat de dépôt. ?Source : La Provence

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