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Ce pouvoir islamiste n’est ni légal ni légitime

Par Mezri Haddad

Différence entre légitimité et légalité et pourquoi ce pouvoir n'est ni légal ni légitime
On les entend tous braire le mot « ????? », se couvrir tous de cette notion magique pour perpétuer leur pouvoir maléfique et antipatriotique. Ils l'opposent aux « comploteurs » et aux « putschistes ». Parce que beaucoup d'acteurs, d'observateurs et de commentateurs ont traduit ce concept par « légitimité », et même si l'heure n'est pas à la réflexion mais à l'action, je voudrai expliquer de la façon la plus simple et rapide la différence entre légalité et légitimité, afin que les Tunisiens comprennent que ce pouvoir n'est ni légitime, ni légal.
La légitimité est une notion politico-idéologique. La légalité est une notion politico-juridique. La légalité vient d'en haut (Etat); la légitimité vient d'en bas (peuple). Le pouvoir confère la légitimité ; le gouvernement garantit la légalité. En philosophie et en sciences politiques, il y a trois types de légitimités : la légitimité démocratique, la légitimité monarchique, la légitimité charismatique. Si l'ancien régime, de l'indépendance jusqu'au coup d'Etat du 14 janvier 2011, n'avait pas de légitimité démocratique, il était parfaitement légal.
La légalité est établie et garantie par le gouvernement, étant donné que ce dernier n'est pas seulement un organe exécutif mais l'instance générale et suprême qui établit les normes et conventions au sein de la collectivité. La légalité n'est que l'un des modes qu'utilise le politique pour assurer l'ordre et son autorité, à côté de la propagande, de la force, de la ruse et même de la violence. La légalité est la codification des relations entre l'Etat et les individus d'une part, et des individus entre eux d'autre part.
A la différence de la légitimité qui a pour fondement la confiance que les diverses couches sociales accordent à la classe dirigeante, ainsi que le consensus entre les différentes tendances politiques, la légalité détermine directement les rapports entre commandement et obéissance, ce qui veut encore dire qu'elle est la formulation juridique de la domination de certains hommes sur d'autres.
Pourquoi les islamistes et leurs alliés du CPR et du Ettakatol n'ont aucune légitimité ni légalité ? Pourquoi l'assemblée constituante comme le gouvernement actuel ne peuvent pas se targuer d'une légitimité et d'une légalité quelconque ? Pour la légitimité, la question est entendue et n'a pas besoin de démonstration. On ne peut parler de légitimité démocratique qu'après des élections législatives et présidentielles au suffrage universel direct. Reste la légalité. Même si j'ai considéré dès le départ que l'idée d'une assemblée constituante est une absurdité gauchiste aux conséquences incommensurables, supposons que sa finalité ait été légale. Mais dans les faits et avec le recul, cette assemblée a été dès sa naissance illégitime. Illégitime, en raison des nombreuses irrégularités qui ont entouré ce scrutin et de l'argent, pas seulement qatari d'ailleurs, qui a favorisé certains partis aux dépens de certains autres. Mais supposons, là aussi, que ces élections aient été « démocratiques et transparentes », selon une légende à laquelle tous le monde avait contribué. Juridiquement et politiquement, la légalité de cette assemblée constituante a pris fin le 23 octobre 2012. Depuis cette date, toutes les décisions de ce conglomérat d'arrivistes et d'opportunistes sont nulles et non avenues.
Par rapport maintenant au gouvernement, il est illégal et illégitime car il n'a pas été élu mais désigné. Par les élections du 23 octobre 2011, les Tunisiens ont été consulté pour se donner une assemblée constituante, exclusivement chargée de préparer une nouvelle constitution, dans un délai d'un an maximum. Les Tunisiens n'ont pas voté pour un gouvernement, ni pour un président, si provisoires soient-ils. Les victorieux de ces élections entachées de fraudes et de trafics divers, ont violé la légalité et la légitimité pour gouverner ici et maintenant. S'ajoute à cela le jugement éthique : ce gouvernement a fait preuve d'incompétence, de corruption et de haute trahison. Il a ruiné l'économie, phagocyté l'administration, détruit la sécurité et bradé la souveraineté.
Ces imposteurs et usurpateurs auraient pu rédiger une nouvelle constitution en six mois. Ils ont attendu si longtemps pour achever leur besogne de sape et d'infiltration de l'administration, des gouvernorats et des ministères qu'ils contrôlent, principalement l'Intérieur et la Défense. Ils ont mis tout ce temps pour s'assurer une victoire certaine lors des prochaines élections.
Les putschistes ne sont donc pas ceux qui appellent à la dissolution immédiate de l'assemblée constituante et du gouvernement, mais ceux qui parlent de « légitimité » pour perpétuer leur règne islamo-mafieux, en attendant d'instaurer durablement leur dictature théocratique. C'est la raison pour laquelle la dissolution de l'ANC, la répudiation du gouvernement et la destitution de l'ex-président intérimaire sont des actions légitimes et légales.

Par Mezri Haddad, le 29 juillet 2013.

Tunisie Focus

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