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Après la présidentielle, les rebelles touareg s’apprêtent à négocier avec Bamako

Des membres de la délégation du MNLA le 16 juin 2013 à Ouagagougou
© AFP

« Quel que soit le président élu, s'il aime son pays, il sera obligé de négocier avec nous, sinon on va à la catastrophe »: au lendemain de la présidentielle au Mali, les rebelles touareg cantonnés à Kidal s'apprêtent à discuter de l'avenir du Nord du pays avec un nouvel interlocuteur à Bamako.

 

Le scrutin s'est déroulé dans le calme dans ce bastion touareg situé dans l'extrême nord-est du pays. Mais il n'a pas mobilisé les électeurs avec une participation estimée à 12% dans la ville, selon la Commission électorale indépendante, alors que de nombreux touareg rêvent encore à l'indépendance de l'Azawad, le nom qu'ils donnent au Nord.

 

« On attend du prochain président qu'il entame avec nous des négociations dans la ligne de ce qui a été prévu à Ouagadougou », où un accord a été signé le 18 juin entre le régime de Bamako et les rebelles touareg, explique Sidi Mohammed Ag Sarid, secrétaire pour la sécurité intérieure du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion).

 

Cet accord prévoit le lancement d'un « dialogue inclusif » entre le nouveau gouvernement malien et les rebelles, soixante jours après l'entrée en fonction du nouveau cabinet.

 

« Ibrahim Boubacar Keïta peut être l'homme de la situation, compte tenu de son passé, il n'a jamais été responsable d'actes qui ont causé du tort à l'Azawad », ajoute-t-il a proos de ce favori à la présidentielle, ex-Premier ministre.

 

Les deux groupes touareg signataires de l'accord de Ouagadougou, le MNLA et le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), ont cantonné leurs troupes en ville, comme prévu.

 

« Conformément à l'accord de Ouagadougou, on ne sort pas en ville avec les armes, ni en tenue. Mais comment faire le cantonnement sans eau, ni électricité, ni nourriture ? Depuis un mois, nous n'avons rien reçu, du coup, les combattants sont obligés d'entrer et de sortir pour chercher de la nourriture », reconnaît le commandant Moulay Ag Kassoundi, responsable du cantonnement du HCUA.

 

Sur plus de 600 combattants revendiqués, seuls quelques dizaines se trouvaient présents dans le cantonnement lors de la visite des journalistes de l'AFP. Il en allait de même pour le MNLA, qui assure disposer d'un effectif comparable.

 

« Des comptes à régler avec Kidal »

 

« Je suis inquiet. On a fait l'accord de Ouagadougou, mais il n'est pas appliqué. Il prévoyait la libération de détenus qui n'a pas eu lieu et le cantonnement qui n'est pas fait comme il faut. Si on n'arrive pas à appliquer un petit accord comme cela, comment espérer voir respecter un grand accord ? », se demande le secrétaire général du HCUA, Mohammed Ag Intalla, fils du chef du clan des Ifoghas, le plus influent dans la communauté touareg.

 

Lors de leurs déplacements, les rebelles touareg croisent parfois en ville des patrouilles de l'armée malienne, dont 150 hommes sont présents depuis le début du mois, dans une ambiance tendue.

 

« L'armée malienne circule sans contrôle en ville, elle représente une menace pour la sécurité. Quand ils nous voient, ils tentent de nous prendre en chasse, ils savent que nous sommes des rebelles contre l'Etat malien », assure le commandant Moulay Ag Kassoundi.

 

L'armée malienne avait été mise en déroute en 2012, à Kidal comme dans les autres régions du Nord, par les rebelles touareg et les groupes islamistes. Alors que les relations entre communautés noires majoritaires au Mali et les communautés touareg et arabes se sont tendues, les rebelles assurent cependant qu'il ne s'agit pas d'un conflit entre communautés.

 

« Nous n'avons rien contre l'armée malienne (...) mais contre des individus qui ont des comptes à régler avec la population de Kidal sous couverture de l'Etat malien », souligne Mohammed Ag Intalla, en référence aux hommes du colonel Alaji Ag Gamou, qui sont eux aussi des touareg, loyalistes à Bamako.

 

« Les milices du colonel Gamou, nous les avons chassées. Ils sont revenus et veulent se venger. Ils maltraitent les femmes, rentrent dans les habitations des gens, arrêtent sans raison », selon Ama Ag Midy, coordinateur du cantonnement du MNLA.

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