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Mali: dans l’attente des premiers résultats, les grandes manœuvres politiques ont commencé

File d’attente de Maliens devant un bureau de vote, le 28 juillet 2013 à Tombouctou AFP

Au Mali, où l’on a voté dimanche 28 juillet pour le 1er tour de l’élection présidentielle, la participation pourrait dépasser les 50% selon les observateurs de l’UE. Il y a eu beaucoup d’électeurs à Bamako, à Gao également, mais peu à Kidal. Dans l’attente des premiers chiffres officiels, et surtout des résultats, les camps des candidats s’activent.

 

Au lendemain du scrutin, aucun chiffre officiel n’est pour le moment disponible, ce qui est tout de même inquiétant. Rien sur le taux de participation, alors que l’on sait que les 36,24% de 2007 seront dépassés, et que l'on devrait normalement crever le plafond des 40%.

 

En attendant, on s’appuie donc sur ce que l’on peut. Selon le chef de la mission d’observation de l’Union européenne, Louis Michel, « il y a eu une mobilisation particulièrement importante de la population, autour de 50%, d’après les premières estimations qu’on nous a rapportées. »

 

De quoi conforter les impressions recueillies sur le terrain par nos envoyés spéciaux, dans différents bureaux de vote de différentes régions, que ce soit à Tombouctou, à Gao et bien sûr à Bamako. Seule exception : Kidal. Tout le monde reste désormais suspendu aux déclarations de la Céni, la Commission électorale.

 

« IBK pourrait créer la surprise »

 

Et puis, nous attendons bien sûr les premières tendances. Elles pourraient tomber ce lundi soir, ou mardi matin. Alors, faute de résultats, depuis dimanche soir, les grandes man½uvres ont commencé. Chaque camp s'isole, se concerte, peaufine sa stratégie.

Dans le camp d'Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », on continue de rêver d’une victoire dès le premier tour, à « Takokélé » comme on dit en langue bambara, c’est-à-dire « d'un seul coup ». Un terme qui était d'ailleurs devenu le slogan de ses supporters dans les derniers jours de campagne. Un rêve, pour les partisans d’IBK, qui s'étaient massés devant le siège du Rassemblement pour le Mali (RPM) et du domicile du candidat dimanche soir à Bamako.

 

Mamadou Camara, porte-parole du candidat IBK, est plus que confiant : « Nous avons nos propres équipes de centralisation des résultats qui viennent des remontées que nous envoient nos délégués dans chacun des bureaux de vote après dépouillement (…) Elles laissent entendre que le président IBK est en tête et pourrait créer la surprise avec une victoire dès le premier tour. »

 

« Un second tour est inévitable »

 

Dans le camp du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République au Mali (FDR), on pense au contraire qu'il y aura deux tours. Le FDR, ce sont trois des favoris, à savoir Soumaïla Cissé, l'ancien président de la commission de l'Uemoa, Dramane Dambélé, le candidat de l'Adéma, et Modibo Sidibé, l'ancien Premier ministre.

 

Ces trois candidats devaient se retrouver avec un quatrième, Jeamille Bittar, en début d'après-midi ce lundi, à 14h30 heure locale, au siège de l'Adéma. Histoire de se concerter dans ce fameux front FDR, que l'on appelle ici à Bamako « le Front anti-IBK ».

Madou Diallo, porte-parole de Soumaïla Cissé, tempère pour l’instant les espoirs du camp d’en face : « D’après nos informations, avec notre système de centralisation, même si rien n’est définitif, Soumaïla Cissé est en tête dans sept régions administratives sur huit. A ce moment précis, je pense que vraiment, un second tour est inévitable. »

 

Dernière chose importante à préciser : le chef de la délégation de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Bamako, l'ancien ministre mauritanien Ahmadou Ould Abdallah, pense qu'il n'y aura qu'un seul tour, mais sans dire qui pourrait être le grand gagnant de cette éventuelle victoire au premier tour.

 

A Kidal, les chiffres de la participation risquent d’être décevants. Les explications de Malik Ibrahim, représentant de la Céni sur place.

 

Malik Ibrahim

Représentant de la Céni

 

Trois bureaux du centre-ville de Kidal n’ont pas pu fonctionner faute de président et d’assesseurs

Par RFI

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