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Mali : une parodie d'élection présidentielle ?

Ils auraient crié à la fraude massive, à l'exclusion d'une grande partie des électeurs du scrutin de dimanche, etc. Ils auraient fortement relayé les manifestations des mouvements touaregs qui se réclament de l'Etat de l'Azawad pendant que les autres se rendaient aux urnes ; ils auraient enfin qualifié d'élection non-transparente, inéquitable et non-démocratique susceptible de troubler très prochainement la paix sociale au Mali.

De tout cela, rien. Au contraire, ils estiment que l'élection est régulière, que les Maliens sont sortis massivement pour voter leur président. François Hollande, le président français et "manitou" dans cette situation malienne a même estimé que « le scrutin présidentiel malien a été marqué par une mobilisation importante et une absence d'incidents majeurs » ; quant à Kadré Désiré Ouédraogo, le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) : « globalement, les défis ont été relevés par les Maliens » ; on a même dit qu'il s'agissait d'un « jour de gloire au Mali ».

En un mot, tout a été "clean" dans cette parodie d'élection présidentielle ficelée par la France qui, en réalité, a hâte de quitter cette « merde » au Mali. Cependant, si les Maliens estiment que la résolution de la crise passera par cette élection présidentielle, il faut les y encourager tout en indiquant que le Mali, depuis 1990, a toujours eu un président régulièrement élu. Et que la démocratie malienne était considérée comme l'une des meilleures en Afrique au Sud du Sahara ; et que le Mali était la destination première des grands dignitaires du monde qui s'y sentaient plus en sécurité que dans bien d'autres pays ouest-africains. Mais qu'il a suffi d'une seule matinée avec un certain Haya Sanogo, et des mouvements touaregs terroristes, narcotrafiquants et armés, au Nord, pour que tout tombe comme un château de cartes.

Il est évident que les Maliens avaient eux aussi hâtent de tourner la page de cette crise de 18 mois qui leur a causé beaucoup de torts sur pratiquement tous les plans. Et qui a remis en cause toute la crédibilité dont jouissait le pays auprès des investisseurs et partenaires techniques et financiers. Cependant, une grande partie des Maliens, notamment du Nord, n'ont pu prendre part à l'élection de leur futur président pour diverses raisons liées à la mauvaise organisation des votes, parce que tout simplement, tout a été précipité.

La majorité des quelques cinquante mille réfugiés dans les pays voisins dont le Burkina, qui ont fui la guerre, n'a pu prendre part au choix de son président. Pour cela, ces réfugiés en ont « gros sur le c½ur ». A l'intérieur, ils sont encore plus nombreux, dont certains se réclament d'un territoire de l'Azawad. Apparemment, c'est le Sud du Mali qui a élu son président. Ainsi, au Mali, on a tout simplement déplacé la véritable résolution de la crise pour la remettre à plus tard. Aussi, le nouveau président qui prendra très prochainement service à Koulouba (la Présidence malienne) n'aura pas de période de grâce. Il faut d'abord réconcilier les Maliens avec eux-mêmes ; ceux du Nord qui ont voté et ceux qui n'ont pu le faire. Ensuite, le plus urgent sera d'agir de sorte que le Nord du Mali, soit véritablement partie intégrante du Mali.

Ce qui revient à convaincre tous les mouvements touaregs véritables qui y dictent leurs lois, à se sentir concernés par tout ce qui se passe au Sud. Et cela passe par la prise en compte de leurs préoccupations qui sont entre autres, l'harmonisation des actions de développement et le « partage » du pouvoir. C'est donc à un travail de titan que doit s'attaquer le président élu. Au premier ou au second tour !

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

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