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La diplomatie sous Mankeur : Le parti avant la patrie (Par Boubacar Joseph BA)

Depuis quelques temps, le Ministère des Affaires Étrangères (MAE) est sous les feux de l'actualité.
Entre la tutelle d'une part, l'Union des Conseillers (UCAES ) et l'association des Chanceliers (ACAES) de l'autre, semble engagée une bataille sans merci rythmée par des déclarations et communiqués de presse qui porte essentiellement sur la gestion des ressources humaines.

Les manquements et autres abus notés depuis l'arrivée de Mankeur NDIAYE a la tête du Ministère doivent certes être dénoncés et portés à la connaissance de l'opinion. Toutefois, a trop insister sur les affectations/mutations, on risque de négliger les pratiques dangereuses en cours qui sont de nature à dévoyer l'essence républicaine de notre administration.

Le Sénégal est en effet doté d'une administration impartiale et républicaine qui a l'avantage de survivre aux régimes politiques. Elle diffère en cela du Spoil System américain dans lequel chaque Gouvernement gouverne avec des hommes qu'il a lui même choisis. C'est pourquoi d'ailleurs on entend parler souvent "d'administration Clinton", "d'administration Bush" ou "d'administration Obama"
Déjà avec Abdoulaye WADE, la pratique qui consiste a placer les militants a la tête des Représentations diplomatiques (Consulats, Ambassades) était bien ancrée. C'est pourquoi des sa prise de fonction, le Président Macky SALL a décidé de démettre près de treize (13) chefs de missions diplomatiques et consulaires.

Pareille pratique n'aurait jamais eu droit de cité dans un pays comme la France qui nous inspire dans ce domaine pour des raisons évidentes qui tiennent au caractère républicain de son administration.

L'espoir suscité alors par ces premières décisions du chef de l'Etat Macky SALL qui collaient parfaitement avec ses promesses de ruptures dans plusieurs domaines, fut cependant de courte durée. En effet, comme l'avait si brillamment souligné notre ami DIOUF dans son article " la diplomatie sénégalaise en route vers le chaos": si Abdoulaye WADE avait fait du mauvais, le Président SALL, quant a lui fait pire dans la diplomatie avec la complicité de son larbin de Ministre des Affaires étrangères Mankeur NDIAYE qui, pourtant, conscient du caractère dangereux des nominations tous azimuts ne se gêne pas d'affirmer que ce n'est pas lui qui rendra compte demain. L'essentiel pour lui c'est de préserver son poste et d'aider le chef de l'Etat à rendre effectives toutes les décisions de nominations fussent elles entachées d'irrégularités.

Comble d'hypocrisie et de lâcheté, Mankeur prend du plaisir à proclamer partout que les décisions et volontés du President de la République ne se discutent pas comme si le chef de l'Etat est un Dieu qui peut tout se permettre. Une pareille ineptie sortant de la bouche d'un Ministre de la République constitue en elle même un net recul démocratique et une "anti-rupture."

L'analyse des nominations aux postes d'Ambassadeurs et de Consuls Généraux laissent apparaître une scandaleuse évidence chez le Président :" Tout le monde peut être Ambassadeur et il n'y a pas meilleur Consul Général qu'un militant de la Diaspora dans le pays d'ouverture du Poste consulaire".

Au Congo, en Espagne, en Côté d'ivoire, en France sont nommées Consuls et vices Consuls, des militants. Pour la plupart ces consuls ont même la nationalité du Pays d'accréditation, du coup ils renoncent a l'immunité diplomatique sous le regard ahurissant des Autorités locales qui voient notre pays comme une République bananière.

Il s'y ajoute qu'aux yeux des autres citoyens sénégalais vivant dans ces pays ces consuls n'ont aucune légitimité, et ne sont en réalité que les représentants du Parti au pouvoir. En réalité les missions diplomatiques et consulaires du Sénégal sont devenues des permanences de l'APR.

C'est la triste réalité d'une administration minée par le clientélisme et le népotisme qui a beaucoup perdu de son lustre d'antan malgré les discours pompeux servis par ce nigaud de Ministre des affaires étrangères pour justifier les visites officielles des leaders du monde qui serait le résultat d'une diplomatie efficace. Elles ne sont en réalité que de simples gestes de bienveillance et de soutien aux efforts démocratiques de notre pays.

L'autre difficulté liée à ces nominations de partisans est l'inexpérience administrative des personnes nommées. Parmi les chefs de missions, en effet figurent en bonne place des étudiants ( Marseille, Égypte), des sans métiers ( burkina faso, Cameroun, Unesco) ou encore des chômeurs en quête de pitance sans oublier les illettrés ou secrétaires (Congo).

On oublie que ces Ambassadeurs ou Consuls trouvent sur place des collaborateurs titulaires de doctorat, de maîtrise, de bac avec plusieurs années d'expérience dans la Diplomatie.
Dans de pareilles situations, ce qui est en cause c'est moins la frustration et la démotivation des collaborateurs que les tristes pratiques des chefs de missions complexés qui ont du mal à faire asseoir leur autorité. Cela déteint inévitablement sur l'atmosphère de travail et affecte négativement l'image de notre pays.

Pour remédier à un déclin presque inévitable de la diplomatie sénégalaise, eu égard à la situation qui prévaut actuellement, il convient pour le Président SALL de revoir sa copie et de mettre en avant les intérêts supérieurs du Sénégal et surtout de chercher un autre poste plus politique qui conviendrait mieux a Mankeur NDIAYE.
La patrie avant le parti est ce un vain slogan.

Boubacar Joseph BA
Bruxelles, Belgique

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