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Le Mali en crise a voté sans incidents pour un nouveau président

Les Maliens ont voté dimanche sans incidents et en nombre au premier tour d'une présidentielle pour tourner la page de 18 mois d'une crise politique et militaire qui a plongé leur pays dans le chaos.

Les résultats provisoires et officiels doivent être publiés au plus tard vendredi, mais dès dimanche soir, de premiers résultats collectés par des journalistes maliens dans des bureaux de vote à travers le pays donnaient une nette avance à l'un des favoris, Ibrahim Boubacar Keita.

Ces résultats non officiels indiquent que M. Keita, 69 ans, pourrait même créer la surprise et l'emporter dès le premier tour.

Ibrahim Boubacar Keita, dit IBK, ex-Premier ministre, cacique de la vie politique malienne, est l'un des deux grands favoris du scrutin avec Soumaïla Cissé, 63 ans, ancien ministre des Finances et ex-président de la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Des observateurs nationaux indépendants ont constaté "une grande mobilisation des électeurs", surtout dans le Sud où se trouve Bamako, où des journalistes de l'AFP ont aussi constaté une forte mobilisation pour ce vote auquel participaient 27 candidats.

Dans les villes du Nord, Kidal, Gao et Tombouctou, région qui a subi en 2012 la violence et l'occupation de rebelles touareg et de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, le vote s'est tenu sous la surveillance de casques bleus de la force de l'ONU, la Minusma, et de l'armée malienne assistés par les 3.200 soldats français restés au Mali.

Un des groupes jihadistes qui ont occupé le Nord, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), avait menacé samedi de "frapper" les bureaux de vote et tenté de dissuader "les musulmans maliens" de prendre part au scrutin.

Après avoir voté à Bamako entouré d'une cohorte de partisans, Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé qu'après cette élection, "seul le Mali sera gagnant" pour "oublier le cauchemar" qu'il vient de vivre.

"Aujourd'hui, il faut tourner la page", a de son côté déclaré Soumaïla Cissé en votant dans la capitale. "Il faut retourner dans le calme à des institutions républicaines".

 

"Meilleur scrutin depuis 1960"

 

Le président par intérim, Dioncounda Traoré, qui ne se présentait pas, a voté dans un lycée de Bamako, affirmant à la presse que c'était "le meilleur scrutin" que le Mali ait organisé depuis son indépendance de la France en 1960.

Encore incertain à quelques jours du scrutin, le vote a finalement pu se tenir à Kidal, bastion des Touareg et de leur rébellion dans le nord-est du pays où les tensions entre communautés touareg et noires restent vives.

Mais la participation y a été très faible, a constaté l'AFP, et une soixantaine de partisans de la rébellion ont manifesté pour "l'indépendance de l'Azawad", nom donné par les Touareg au nord du Mali.

A l'entrée de chaque bureau de Kidal, chaque électeur était contrôlé et fouillé par des soldats togolais de la force de l'ONU au Mali, la Minusma.

A Gao, la plus grande ville du nord du Mali qui avait été occupée par le Mujao, lequel a commis plusieurs attentats-suicides après la libération de la ville fin janvier par des soldats français et africains, le scrutin était également très surveillé par les forces de sécurité maliennes et la Minusma.

"J'espère qu'avec ma voix mon candidat sera élu et pensera surtout à développer ma région longtemps abandonnée", a déclaré Issoufou Cissé, un électeur quinquagénaire de Gao.

A Tombouctou, ville qui a elle aussi payé un lourd tribut à l'occupation jihadiste, de nombreux électeurs ont cherché en vain leur nom sur les listes car, selon un observateur national, "le travail d'identification n'a pas été fait, des électeurs ne savent pas où voter".

Dans cette ville, comme à Kidal et Gao, les bureaux de vote étaient surveillés par des soldats maliens et de la Minusma qui fouillaient les électeurs avnt qu'ils n'aillent voter.

La présidentielle doit rétablir l'ordre constitutionnel interrompu le 22 mars 2012 par un coup d'Etat qui a précipité la chute du Nord du Mali aux mains de groupes islamistes de la mouvance Al-Qaïda, alliés dans un premier temps à la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Elle intervient six mois après le début en janvier d'une intervention militaire internationale menée par la France pour stopper une avancée vers le Sud des islamistes armés et les chasser du Nord qu'ils occupaient depuis neuf mois.

Si aucun des candidats n'obtient la majorité absolue, un second tour entre les deux arrivés en tête dimanche, aura lieu le 11 août.

AFP

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