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Des Égyptiens au secours de la rue Al Moez

«Sauver Al Moez». C’est le mot d’ordre de jeunes Égyptiens décidés à réhabiliter la plus grande rue du Caire islamique. Ils ont lancé sur Facebook une campagne dont l'hebdomadaire Al Ahram se fait l’écho.

La rue Al Moez a été construite il y a 1.042 ans et porte le nom du fondateur de la dynastie fatimide. Un véritable musée à ciel ouvert renferme, affirment les spécialistes:

«La rue Al Moez abrite des monuments islamiques d’une beauté et d’une splendeur fascinantes: mosquées, madrassas, kuttabs (écoles coraniques), palis, maisons, sabils (fontaines publiques), marchés, hammams, wekalas (carananserails) et un bimarestan (hôpital).

Ces monuments remontent aux différentes dynasties de la période islamique que ce soit ommeyade, fatimide, ayyoubide, momelouke ou ottomane», explique Sayed Ismaïl, directeur des antiquités de la zone nord du Caire islamique.

Mais en Égypte, plusieurs sites archéologiques ont subi d’importants dégâts à la suite de la révolte survenue au début de l'année 2011. La rue Al Moez et ses monuments n’ont pas échappé à ce triste sort.

Le poste de police du quartier Al-Gamaliya, dont le bâtiment classé monument islamique est situé dans la rue Al Moez, n’a pas non plus été épargné. D’autres bâtiments historiques ont tout simplement été réquisitionnés par leurs anciens propriétaires, empêchant toute visite touristique.

Mais ce qui inquiète davantage les internautes de «Sauver Al Moez», ce sont les actes d’incivilité qui se multiplient chaque jour dans le quartier:

«Avant la révolution, l’accès à la rue Al Moez était uniquement réservé aux piétons pour protéger les monuments. L’entrée des véhicules était seulement permise la nuit de 22 heures à 8 heures. Aujourd’hui, les voitures se garent partout, même sur le trottoir qui fait partie de l’enceinte des monuments», déplore Sayed Ismaïl.

Les jeunes mobilisés souhaitent rentabiliser tous les efforts qui ont été consentis en vue de la restauration de la rue. Le budget alloué est estimé à environ 35 millions d’euros.

Le Caire islamique a été l’une des premières villes classées au patrimoine mondial en 1979. Un rayonnement que la capitale égyptienne doit sans doute à la rue Al Moez.

Lu sur Al Ahram