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«Transitions non démocratiques au Maghreb et au Machrek»

La question démocratique à la lumière des derniers événements de la région Moyen-Orient / Nord Afrique», est le thème d'une conférence-débat organisée par le RAJ et la fondation Friedrich Ebert, vendredi soir, à Alger. Elle a été animée par l'historien et directeur de la revue de critique politique et sociale Naqd, Dahou Djerbal. «La notion de démocratie dans les pays arabes a été empruntée et héritée. La démocratie constitutionnelle occidentale apparaît clairement comme un ensemble d'où émergent les notions capitales de l'Etat», a indiqué le conférencier en introduction. Selon Dr Djerbal, «dans la philosophe politique occidentale, il y a eu la représentation de tous les intérêts contradictoires. En Algérie, il y a eu une culture despotique de l'Etat après 132 ans de colonisation. L'Etat n'est pas situé en Algérie, mais en France. Ici, il y avait un appareil administratif et militaire. L'Etat français était représenté par les deux. La société, à côté de la nation, est bloquée dans son processus de constitution. Dans les sociétés occidentales, les vaincus acceptent les défaites électorales. Dans l'Algérie avant 1962, la puissance coloniale refusait le résultat des urnes. Pendant un siècle et demi, l'Etat ne reconnaît que l'intérêt de la minorité, celui des colons». Ce qui laisse dire à l'intervenant que «ce système colonial est toujours en cours». «Nous avons hérité de cela à l'indépendance. Un pouvoir qui dénie le statut du citoyen et lui refuse de s'exprimer par les voies des urnes. C'est une reproduction.» Cependant, selon Djerbal, «durant les 20 dernières, nous assistons à une triple interaction entre la corruption, la rente de monopole et la constitution de réseaux clientélistes tant à l'échelle interne qu'externe». Pour lui, «l'Etat s'approprie et privatise pour distribuer par la suite à des individus. Un transfert massif de la propriété publique vers la propriété privée. Pendant ces 20 dernières années, notamment durant les années 1990, se sont constitués des pouvoirs oligarchiques, des puissances d'argent privatives dans des secteurs d'activité comme l'agroalimentaire ou les travaux publics. Au cours de cette période, le rôle de l'Etat en tant que régulateur central logique, en tant que tiers arbitre, s'est effondré. Le tiers arbitre veut dire faire l'arbitre entre des intérêts contradictoires dans la société, dans l'économie, dans le politique. Or, toujours au cours de ces 20 dernières années, l'Etat est devenu un intérêt parmi tant d'autres. Il ne peut plus jouer le rôle d'arbitre face à la société. L'effondrement de l'Etat va entraîner une crise où la question de la souveraineté politique intérieure et extérieure est en jeu. Les pouvoirs oligarchiques négocient avec l'extérieur des alliances pour assurer des transitions néolibérales». A une échelle régionale, Dahou Djerbal estime que «ces transitions vont se mettre un peu partout au Machrek et au Maghreb. Elles ne sont pas démocratiques. Ce sont des transitions bloquées vers la démocratie. Les réseaux de clientélistes deviennent aussi gérés depuis l'étranger».  

El Watan

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