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Le nouveau pouvoir en Egypte veut en finir avec les islamistes

Au moins 65 morts en Egypte dans des heurts entre la police et les partisans du président islamiste   déchu Mohamed Morsi . La confrérie des Frères musulmans accuse les autorités d’avoir tiré à balles réelles sur la foule, ce que le ministère de l’Intérieur dément.
Une mobilisation qui a viré au bain de sang. Les Frères musulmans soutiennent que 75 de leurs partisans ont été tués au Caire, samedi matin 27 juillet , par les forces de l’ordre. De source officielle, on déplore 65 morts. Le bilan définitif pourrait être bien plus lourd. La chaîne d’information qatarie Al-Jazeera ,proche de la confrérie , évoque au moins 120 tués et 4500 blessés. Sur son compte Twitter, le vice-président Mohammed El-Baradei a condamné «avec force» ces violences.
Les circonstances de ce drame ne sont pas encore claires. Selon des agences de presse sur place , les affrontements ont éclaté dès l’aube sur la route de l’aéroport du Caire lorsque la police est intervenue pour empêcher des manifestants pro-Morsi de bloquer un pont routier à Nasr City. La police est aussi intervenue, raconte al-Jazeera, pour disperser un sit-in à la mosquée aux abords de la mosquée Rabaa al Adaouia.
Les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur les protestataires vers 3 heures du matin, puis peu de temps après, elles ont ouvert le feu à balles réelles, a précisé la confrérie. «Ils ne tirent pas pour blesser, ils tirent pour tuer», a dénoncé un porte-parole, «les blessures par balle sont à la tête et à la poitrine». Cette version est contestée par les autorités, qui rejettent sur les islamistes la responsabilité des affrontements . Elles assurent n’avoir fait usage que de gaz lacrymogènes et annoncent huit blessés dans les rangs de la police. «Les Frères musulmans ont refusé que la journée se déroule pacifiquement et ont cherché à la gâcher dans plusieurs gouvernorats en particulier au Caire et à Alexandrie», estime le ministère égyptien de l’Intérieur.
Un «mandat pour en finir avec le terrorisme»

Les pro-Morsi blâment l’armée pour cette escalade de violences. Ils pointent du doigt son chef, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui ,après les manifestations monstres qui avaient demandé le départ du pouvoir islamiste , a déposé Morsi  le 3 juillet, et demandé aux Egyptiens de descendre massivement dans la rue vendredi 26 juillet pour lui donner «mandat d’en finir avec le terrorisme». Appel qui a été soutenu puisque selon plusieurs médias environ 30 millions d’Egyptiens ont manifesté pour soutenir le nouveau gouvernement. «De telles déclarations de Sissi incitent à la violence et à la haine et servent à couvrir les crimes haineux de l’armée et de la police», accusent les islamistes. Dans le même temps, les Frères musulmans avaient également exhorté leurs sympatisants à défiler, provoquant à travers le pays une série de manifestations antagonistes.
Le ministre égyptien de l’Intérieur Mohamed Ibrahim a ouvert une enquête et redit samedi qu’il allait faire disperser «très prochainement» les deux sites occupés depuis près d’un mois par les partisans de Mohammed Morsi au Caire, les abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le faubourg de Nasr City et l’Université du Caire, dans le quartier de Guizeh, plus proche du centre-ville. Les forces de l’ordre vont «dans le cadre de la loi» et chercher à ce qu’il y ait «le moins de pertes possibles», a-t-il promis. «Nous espérons que (les manifestants) reviendront à la raison et qu’ils vont mettre fin à ces sit-in pour éviter que le sang ne coule», a ajouté le ministre.
Avant l’éruption de violence de samedi, les troubles politiques ayant suivi l’évincement de Mohammed Morsi avaient déjà fait plus de 200 morts en un mois.

Al-Azhar condame

Le grand imam d’Al-Azhar, la principale autorité sunnite d’Egypte, a condamné samedi la mort de dizaines de manifestants partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et demandé une enquête sur ces décès survenus lors de heurts avec la police.

Le grand imam, Ahmed Al-Tayeb, « déplore et condamne la mort d’un certain nombre de martyrs qui ont été victimes des événements du jour », et demande « une enquête judiciaire urgente » afin que les responsables soient punis « quelle que soit leur affiliation », indique un communiqué de la grande institution islamique.

Les Etats-Unis « vivement  préoccupés »

Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a fait part samedi de sa « vive préoccupation » après les violences qui ont fait des dizaines de morts à l’aube au Caire, et il a appelé l’armée égyptienne à la retenue.
Lors d’une conversation téléphonique avec le chef d’état-major des forces armées égyptiennes, le général Abdel Fattah al Sissi, par ailleurs ministre de la Défense, le chef du Pentagone a demandé aux autorités de faire preuve de « retenue » et de « prendre des mesures pour empêcher tout nouveau bain de sang ».
Un peu plus tôt, John Kerry avait estimé que les forces de sécurité égyptiennes devaient respecter les droits des manifestants pacifiques. Le secrétaire d’Etat américain avait estimé que l’Egypte se trouvait actuellement à un « moment pivot » de son histoire.
« A cette croisée des chemins, il est essentiel que les forces de sécurité et le gouvernement de transition respectent le droit de manifester dans le calme, y compris sous la forme de sit-in », a dit John Kerry. « L’Egypte se trouve à un moment pivot ».
John Kerry dit s’être entretenu avec deux hauts responsables égyptiens – le vice-président Mohamed ElBaradei et le ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy – auxquels il a exprimé sa « vive préoccupation concernant le bain de sang et la violence au Caire et à Alexandrie au cours des dernières 24 heures, qui ont fait des dizaines de morts et plus de 1.000 blessés ».

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