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FOOTBALL: PAPISS CISSE, DEMBA BA, MOUSSA SOW, NIANG… Ils n’ont pas hésité à aller au clash avec leurs clubs…

Papiss Demba Cissé n'est pas le premier joueur sénégalais à être allé au clash avec son club. Avant lui, Mamadou Niang, Moussa Sow et Demba Bâ ont eu à taper du poing sur la table, notamment, pour pouvoir aller voir ailleurs. Plusieurs raisons sont souvent avancées pour expliquer ces conflits, mais les parties ne disent pas toujours tout.

Après avoir boudé le stage de son club, Papiss Demba Cissé est de retour dans le groupe de Newcastle. L'attaquant sénégalais a rejoint ses coéquipiers, au terme d'un bras de fer d'une dizaine de jours qui a tenu en haleine le mercato estival en cours. Avant lui, de nombreux «Lions» sont allés au clash avec leurs clubs. Demba Bâ a connu ça avec Hoffenheim. Moussa Sow, avec Lille. Mamadou Niang, avec Marseille. S'il a été évoqué une incompatibilité entre les convictions religieuses du joueur et les intérêts de son club, les véritables raisons des conflits entre joueurs et clubs ne sont pas toujours celles avancées. Dans l'ombre, il se passe toujours des choses peu avouables.

Officiellement, l'attaquant sénégalais de Newcastle ne voulait pas porter le maillot de son club qui vente les mérites d'une institution de crédit appliquant des taux jugés élevés. Une pratique contraire aux préceptes de l'islam. Les Magpies, de leur côté, n'entendaient pas, pour se plier aux convictions religieuses de leur employé, bouder leur sponsor. Finalement, selon la presse spécialisée, qui n'a pas donné davantage de détails, un arrangement a été trouvé entre les deux parties. Mais, les raisons du clash seraient ailleurs, selon Stades. «Cette affaire avec Wonga est en réalité une stratégie pour avoir une prolongation conséquente de son contrat, mais aussi, une revalorisation salariale», a affirmé le quotidien sportif.

«L'argent n'a jamais été propre dans le football»

Une thèse plausible, à entendre le président de Génération foot et agent de joueur, Mady Touré. A l'en croire, «certaines sollicitations discrètes», faites aux joueurs par des clubs rivaux, «leur font faire la tête». «Ces situations sont devenues très fréquentes», d'après Touré, qui ajoute que «ça tourne toujours mal pour le joueur». L'ancien international Mamadou Diallo, qui a évolué dans plus d'une dizaine de clubs, est d'accord. «S'il y a bras de fer, en général, le joueur sera écarté du groupe de performance, pour ne pas influencer les autres. Cela se répercutera forcément sur la forme du joueur, tranche-t-il. Et si tu n'es plus utile, on se débarrasse de toi vite fait. Cela m'amène à demander à Papis Cissé, qui est un gosse sympa, d'éviter de trop s'afficher. Il devrait continuer à être plus présent sur le terrain qu'en dehors. Je respecte sa conviction mais, je suis désolé, l'argent n'a jamais été propre dans le football. La Ligue des champions européenne est le rêve de tous les joueurs mais, cette compétition est sponsorisée (par une marque de bière)».

Décidé à quitter Hoffenheim, en 2011, Demba Bâ dont le contrat courait jusqu'en juin 2013, avait déclenché un conflit avec le club allemand. Il voulait partir en Angleterre, contre l'avis de son club. West Ham était à ses pieds. Il boude le stage de mi-saison en Espagne. Ses dirigeants sortent la chicotte. «Une séparation est bien entendu envisagée, puisque Demba Ba a choisi, pour la deuxième fois, de provoquer un conflit avec le club», avait éructé le propriétaire d'Hoffenheim, Dietmar Hopp. Retenue sur salaire et plainte auprès de la Fifa, pour rupture unilatérale de contrat. Demba Bâ a finalement obtenu gain de cause, en allant à West Ham pour 7 millions d'euros (4,5 milliards de francs Cfa) et trois saisons et demie.

Niang et Sow, pour les beaux yeux de Fener

Mamadou Niang a connu presque la même situation à Marseille, en 2010. L'ancien capitaine des «Lions» voulait quitter le Vieux port, alors que le club local traversait un sale temps, avec de nombreux changements à sa tête. Le propriétaire, Robert Louis-Dreyfus, venait de décéder. Eric Gerets, le coach, et Pape Diouf, le président, étaient priés de faire leurs valises. Le flou était là, l'avenir incertain. Niang ne voulait pas courir le risque de sombrer avec son club et passer à côté d'un challenge financier intéressant. A 30 ans pile. Il prit la direction de Fenerbahçe, plantant l'Om au milieu d'une tempête à l'issue incertaine.

L'histoire de Moussa Sow avec Lille est tout autre. Le joueur sénégalais souhaitait rester encore en Ligue 1. Le club du nord de la France, d'après la version de Sow, voulait le vendre. «Lille m'a forcé la main pour quitter», a accusé l'ancien international français. Le Losc a balayé l'accusation : «Le club n'a, en aucun cas, engagé de démarches visant à transférer le joueur avant que l'entourage du joueur et le club turc eux-mêmes ne l'informent d'un accord trouvé entre les deux parties et de leurs volontés d'obtenir du Losc le transfert (du joueur)». Sow, comme Niang, rejoignit Fenerbahçe, après des titres de champion de France et de meilleur buteur de la Ligue 1. Ainsi qu'un clash qui a terni ses rapports avec son club.

L'expert

MADY TOURE (AGENT DE JOUEUR) «Il est inutile d'aller en conflit avec son club»

«Ce n'est pas bien de finir en bras de fer avec son club. Il faut le faire avec élégance. Un joueur affiche le sourire en rejoignant son nouveau club. Mais, certaines sollicitations discrètes leur font faire la tête. Ces situations sont devenues très fréquentes. Mais, ça tourne toujours mal pour le joueur. Il faut chercher à partir dignement. Les clubs entretiennent les joueurs, favorisent leur médiatisation, au finish, s'il y a un transfert, ils souhaitent aussi gagner des sous. D'où l'intérêt de discuter en responsable. Donc, ça ne sert à rien d'aller en bras avec son équipe».

MAMADOU DIALLO (ANCIEN INTERNATIONAL) " C'est mon histoire "

«Le jour où mon club a voulu me sacrifier pour prendre un gardien sud-africain...»
«J'ai vécu des situations de conflit avec mon club. C'était en Norvège. A l'époque, seul un joueur étranger était autorisé à jouer dans une équipe, en championnat. Après une excellente saison, j'ai été prêté à un club en Allemagne. Entre temps, le club norvégien a recruté un gardien de but sud-africain. A mon retour, j'ai quand même repris avec le groupe. J'avais encore la confiance du coach. Je marquais des buts, mais derrière, on encaissait toujours. L'entraîneur, pour limiter les dégâts, a préféré se passer de moi, pour intégrer le gardien sud-africain. Je n'ai pas aimé et j'ai boudé les entraînements, deux mois durant. Mais, l'entraîneur ne voulait pas me laisser partir. J'ai été voir le président du club, pour lui dire que je n'avais plus envie de rester. Et que si on me forçait à rester, ils n'auront pas satisfaction, parce que je ne me sentais plus dans les dispositions de continuer avec le club. Si j'avais insisté à quitter le club, à l'époque, c'est parce que j'avais un contact aux Etats-Unis. Alors sans problème, le président m'a donné un bon de sortie. Et j'ai pu quitter l'équipe sans histoire. Ce qui m'a sauvé, c'est que l'affaire n'avait pas été médiatisée».

Un dossier réalisé par Issiaka TOURE

Rewmi

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