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Le roi du Swaziland réclame un bakchich

Certes, tout travail mérite salaire. Seulement, le roi Mswati III, souverain du Swaziland semble avoir oublié qu’agir pour le bien et la sauvegarde de son pays faisait partie de ses attributions. Après l’obtention d’un prêt de 240 millions d’euros de la part de l’Afrique du Sud, il aurait réclamé sans scrupule 40 millions de dédommagements pour ses fructueux efforts, rapporte RFI.

Un bakchich qui reviendrait à verser au roi du petit pays de 1,1 million d’habitants, enclavé au sein du territoire sud-africain, 16% du prêt obtenu non sans difficulté auprès de son riche voisin. Un prêt arrivé au secours du Swaziland après que la Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international ont tous deux refusé de lui venir en aide, faute de mise en œuvre de la réforme fiscale à laquelle s’était engagé le pays.

L’information sur le bakchich royal a été donnée par Lucky Lukhele, le porte-parole du Réseau de solidarité du Swaziland. Il a fustigé l’«arrogance» du roi et son comportement de  «consultant pour son propre pays». Il a ajouté qu’il agissait comme un «mafieux qui aime l’argent, même si ça nuit à son propre pays».

Les informations de l'activiste seraient, selon lui «très fiables» et proviendraient du sommet de l’Etat —cinq personnes «basées à la résidence royale», deux ministres et les deux «ainés des princes et princesses».

RFI n’a pas pu obtenir de confirmation auprès du ministre des Finances, mais un syndicat dont le site français ne précise pas le nom estime que les faits «semble[nt] assez probable[s]».

Le Communication Workers Union (CWU), syndicat du pays, va jusqu’à dire que «depuis le départ, le gouvernement sud-africain n’était pas supposé renflouer le Swaziland», rapporte le Mail & Guardian.

Il est vrai que Mswati III s’est déjà à plusieurs reprises distingué par ses frasques, au rang desquels des détournements d’argent public. Seulement, le Swaziland vit une crise économique sans précédent, obligeant l’Etat à programmer la suppression de quelque 7.000 postes de fonctionnaires en 2011.

De plus, les approvisionnements en médicaments pour les malades du sida (34,2% de la population selon l’Unicef) ont récemment été perturbés provoquant des manifestations en juillet dernier.

Difficile, dans ces conditions, de ne pas trouver l’attitude du souverain indécente, voire «stupide», comme la juge Lucky Lukhele.

Lu sur RFI, Mail & Guardian