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Autant le dire… : Cette fois-ci, ça doit aller

Le maire de la commune de Bobo-Dioulasso est résolu à faire bouger les lignes, à condition qu'on le laisse travailler et qu'on accepte de l'accompagner sincèrement.

« Nous aimons tous cette ville et je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un, à priori, qui ne veuille pas qu'elle avance », a-t-il dit au cours du point de presse qu'il a donné après la première session ordinaire de son deuxième mandat. Pour leur part, le maire et son équipe veulent prendre le taureau par les cornes, en initiant de nombreux projets de développement local. Seulement, et visiblement, ils sont handicapés par la récurrente et lancinante question des moyens financiers. C'est le cas par exemple des questions d'éclairage public. « La commune est bien consciente de l'importance de la question dans la ville, mais nous n'avons pas les moyens d'éclairer toute la ville », a répondu le maire à une question sur la question. Ce fut malheureusement le cas avec l'avenue de l'Union européenne. L'éclairage devait être incorporé dans le budget de bitumage de cette importante route. Ce ne fut pas le cas, non pas parce que les initiateurs ne le voulaient, mais parce qu'il y avait manque de moyens financiers. Il fallait donc rechercher un financement. C'est ce que la mairie a fait avec l'Union européenne (UE) dont la route porte le nom.

Malheureusement, les questions de délais auxquels tout le monde est contraint n'a pas permis d'aller rapidement, si bien que cela a pris du temps. Aujourd'hui, passée cette étape, l'éclairage sera effectif en novembre prochain. Conscient que la route de Banakélédaga est dans la même situation, le conseil municipal a autorisé le maire de la commune à user de son droit de tirage auprès du Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales pour l'éclairer. Là aussi, l'éclairage est prévu pour novembre prochain. Le réseau routier de la commune de Bobo-Dioulasso est vieillissant. Il date pour certains goudrons, de plus de 40 ans. Il faut donc le reprendre entièrement. En attendant, « la mairie fait avec les moyens dont elle dispose ». La formule : remblayer les « nids de poules » avec du béton là où cela est possible, et avec du goudron là où il le faut. Pour cela, la commune doit débourser 30 millions de F CFA. Pour les autres routes qui n'ont jamais reçu de goudron ou qui sont complètement dégradées, on scrute l'horizon.

En espérant que le gouvernement ou des partenaires daignent aider la commune. Et le Bobolais dans tout ça, quel est sa part de contribution ? Quand on regarde le Budget de la commune de Bobo dans son volet investissement, on comprend que les autorités communales ont de sérieuses difficultés pour faire aboutir leurs ambitions. Comme dirait quelqu'un, « tout est une question de moyens financiers, sinon les idées, y en a ». En 2012 par exemple, le compte administratif fait ressortir environ 3 milliards inscrits dans le volet investissement. Ce qui est très insignifiant pour une commune d'environ 1 million d'habitants.

Mais cela n'étonne pas. Et pour cause ! Quand on considère la taxe de résidence que chacun de nous doit payer parce qu'il réside à Bobo-Dioulasso, on se rend compte que chacun paie 99,36 F CFA ; pour ce qui concerne la contribution du secteur informel, (le plus développé à Bobo), chacun paie 381,94 F CFA. Bien dérisoire pour accéder à un bien-être. Quant à la taxe de jouissance, la valeur par Bobolais est de 1702,64 F CFA, alors que la mairie n'a d'autres ressources que les taxes et les impôts. On comprend donc l'appel du maire « à l'ensemble des Bobolais pour que chacun s'engage véritablement en se disant qu'il n'y a que moi pour construire ma commune ». Compris ainsi, cette fois les choses devraient aller.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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