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Egypte: 7 morts lors de manifestations massives pro et anti-Morsi

Les Egyptiens ont manifesté massivement vendredi au Caire et à travers tout le pays à l'appel des partisans et adversaires du président islamiste destitué Mohamed Morsi, des rassemblements rivaux qui ont fait sept morts lors de heurts à Alexandrie (nord), selon un dernier bilan dans la nuit.

Dix personnes ont été blessées au Caire dans les affrontements pro et anti-Morsi.

Les forces armées égyptiennes doivent également faire face à une rébellion dans la péninsule du Sinaï, où des hommes armés ont tué un civil et blessé cinq soldats vendredi.

Le ministre égyptien de l'Intérieur Mohammed Ibrahim a annoncé qu'il sera mis un terme aux manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi "dans le cadre de la loi", dans un entretien télévisé samedi matin.

La justice a par ailleurs ordonné la mise en détention préventive de M. Morsi, déjà gardé au secret par l'armée depuis sa chute le 3 juillet, pour complicité présumée avec des opérations meurtrières contre les forces de sécurité lors de la révolte contre le président Hosni Moubarak en 2011, imputées au Hamas palestinien.

La décision a été dénoncée comme un "mauvais message au mauvais moment" dans un communiqué de ses partisans, qui réclament son retour au pouvoir.

Les autorités ont renforcé la sécurité dans tout le pays pour cette journée à hauts risques où les deux camps entendaient compter leurs forces, alors que les violences liées aux troubles politiques ont fait plus de 200 morts en un mois.

Sept manifestants ont été tués et 194 autres ont été blessés lors d'affrontements à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, selon les services de sécurité.

Dans le quartier de Choubra, au Caire, des manifestants ont échangé des jets de pierres et de bouteilles, lors d'échauffourées qui ont fait une dizaine de blessés. Une dizaine d'autres manifestants ont été blessés à Damiette, sur la côte méditerranéenne.

Les deux camps ont mobilisé en masse au Caire.

Des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi se sont retrouvés place Tahrir, site traditionnel des grands rassemblements, a constaté l'AFP. D'autres étaient rassemblés devant le palais de la présidence, dans le quartier d'Héliopolis.

Les adversaire du président déchu justifient son renversement en l'accusant de n'avoir gouverné qu'au profit des islamistes et d'avoir enfoncé le pays dans la crise économique. 

La foule brandissait des drapeaux égyptiens et des portraits du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, artisan de la chute de M. Morsi et nouvel homme fort du pays. A Alexandrie, Ahmed Atef, 42 ans, employé dans un café, a dit "soutenir Sissi parce qu'il peut apporter la sécurité et la paix".

"Pas peur de l'armée"

Le général Sissi, également ministre de la Défense et vice-Premier ministre, avait appelé mercredi les Egyptiens à descendre en masse dans la rue vendredi pour lui donner un "mandat" afin d'en "finir avec le terrorisme et la violence".

Dans le camp adverse, plusieurs dizaines de milliers d'islamistes étaient rassemblés dans la soirée aux abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le faubourg de Nasr City, où des milliers d'entre eux vivent déjà dans un village de tentes installé depuis plusieurs semaines.

Une foule de manifestants pro-Morsi s'est également formée près de l'Université du Caire. "Nous n'avons pas peur de l'armée et nous avons le droit de manifester", affirmait Magdi Ahmed, venu au Caire de Minya, en Haute-Egypte.

Les Frères musulmans, mouvement de M. Morsi, dénoncent inlassablement le "coup d'Etat sanglant" de l'armée contre le premier président démocratiquement élu d'Egypte, après des manifestations massives fin juin pour réclamer son départ.

Alors que l'ancien président était jusqu'à présent retenu sans charges, un tribunal a ordonné sa mise en détention préventive pour 15 jours renouvelables.

Les accusations portent en particulier sur une aide que lui aurait apportée le Hamas pour s'évader d'une prison où le régime Moubarak l'avait incarcéré début 2011, peu avant d'être emporté par une révolte populaire. Aucune indication sur un transfert effectif de M. Morsi de son lieu de détention militaire vers une prison n'a été communiquée.

Les Frères musulmans ont dénoncé un "retour en force" des méthodes du régime Moubarak contre ses adversaires. Le Hamas a déploré que "le pouvoir actuel en Egypte renonce aux causes nationales (...) allant même jusqu'à leur nuire, à commencer par la cause palestinienne".

Le Hamas palestinien est issu des Frères musulmans égyptiens, avec qui il entretient toujours une proximité idéologique.

Le secrétaire général de l'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne ont appelé au cours des derniers jours à la fin de la détention par l'armée de M. Morsi et de plusieurs de ses conseillers.

 

AFP

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