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La crise, causes exogènes, solutions endogènes

L'économie marocaine a toujours été bi-polaire, basée d'une part sur l'agriculture et d'autre part sur toutes les activités dites hors agricoles. Toutefois, l'on a pu observer au cours de la dernière décennie  une mutation certaine qui a permis à l'activité hors agriculture de prendre de l'importance et surplanter cette dernière, au demeurant très dépendance de la pluviométrie, boostant ainsi la croissance économique du pays.

C'est ainsi que de nombreux secteurs ont émergé pour diversifier cette part de l'économie moderne comme les centres d'appels ou l'aéronautique, la construction automobile, mais aussi la construction d'infrastructures routières, autoroutières, portuaires pour améliorer les transports à l'intérieur du Maroc et désenclaver certaines régions, mais aussi à l'internationnal ou encore contribuer à l'urbanisation du pays par la satisfaction de logements, sociaux et de moyen standing, en faveur notamment d'une classe moyenne croissante.

 

L'évolution de l'économie marocaine continue sur les dix dernières années, a également permis au Maroc de se hisser au niveau de certains pays dits «émergents» parce qu'ils réalisent des taux de croissance économique soutenus sur plusieurs années et que le niveau de ces taux est meilleur que celui des pays occidentaux arrivés à une certaine matûrité.

Cette valorisation de catégorie, a permis à notre pays d'être connu au niveau mondial et de bénéficier d'un intérêt particulier des investisseurs étrangers de même qu'il lui ouvert des  facilités pour se financer sur les marchés de capitaux mondiaux.

 

Un séisme mondial

La crise financière de 2007-2008, qui s'est transformée en crise économique à partir de 2010, a fini par atteindre les pays émergents à commencer par la Chine qui a perdu sa croissance à deux chiffres de 12 % à moins de 7 % aujourd'hui,  l'Inde ou les pays d'Amérique latine, lesquels connaissent tous le même trend baissier. Et le FMI reconnait que les pays qui sont les moins touchés sont ceux d'Asie du Sud Est.

Le Maroc, n'a pas échappé à cette tendance d'autant que ses deux principaux partenaires économiques, la France et L'Espagne vivent  une crise économique  profonde.

Si la gravité de la crise en question est moindre pour certains pays émergents du fait de la dynamique domestique propre à la jeunesse de leur économie , d'autres restent tributaires de la reprise des économies occidentales. D'autant que la mondailisation contribue à accentuer cette interdépendance.

Les rencontres économiques d'Aix-en-Provence, qui ont eu lieu les 5, 6 et 7 juillet derniers, ont même poussé un peu plus loin cette comparaison en dressant le constat que les mêmes causes produisant les mêmes  effets, certains pays émergents connaissent les mêmes problèmes à leur échelle, que ceux qui ont précipité les pays riches dans cette crise qui n'a pas encore touché son fond.

En effet, nombre d'intervenants, notamment des économistes de renom, des représentants d'institutions internationales connues pour leur expertise dans le suivi de l'économie aux niveaux mondial, régional et des différentes catégories de pays, ont relevé que l'une des principales causes du déclenchement de la crise, de son aggravation et des diificultés qu'elle éprouve à se terminer, consiste en un endettement excessif des agents économiques, soient-ils Etat, ménages et entreprises.

Pour que la guérison soit effective et pérenne, il faut donc désendetter ces acteurs économiques pour leur rendre leur rôle premier d'investir, de produire et de consommer.

Le plus grave serait donc que tous les acteurs économiques soient touchés par le mal du surendettement et que l'Etat, généralement incitateur économique, ne puisse pas jouer, dans les circonstances actuelles, son rôle  de relance économique, par des mesures d'allègement fiscal ou tout simplement en tant que «premier» entrepreneur.

L'autre cause de cette crise  profonde provient de la perte de la compétitivité économique de nombre de pays du fait du coût élevé des salaires, la baisse continue des budgets recherche et developpement, la mort de certaines industries  comme la sidérurgie, qui n'ont pas su évoluer parallèlement aux mutations du monde. Sans oublier la mondialisation qui a entraîné la mort d'entreprises à un endroit pour les créer dans d'autres, à la faveur d'une meilleure attractivités en amont ou en aval de leur activité.

La troisième et non des moindres parmi les causes structurelles de la crise économique, provient de l'affaiblissement de la classe moyenne par le chômage, la baisse du pouvoir d'achat et la précarité de l'emploi.On mentionnera également les difficultés des petites et moyennes entreprises en tant qu'acteurs économiques. Tous ces facteurs se sont répercuté sur la dépression de la consommation et l'investissement, les deux facteurs économiques de la croissance.

 

Le mal et le bien…

 

L'endettement public et privé, la perte de la compétitivité économique et la faiblesse des ménages et petites et moyennes entreprises en tant qu'acteurs économiques, décelées comme les causes de la crise détiennent pourtant le secret de la reprise. En effet, les solutions envisagées se doivent de porter sur ces insuffisances. D'autant qu'il s'avère qu'elles sont communes à nombre d'économies dans le monde, qu'elles soient des pays riches ou émergents.

C'est pourquoi nous avons voulu faire un diagnostic de ces causes et/ou conséquences de la crise dans notre pays. Et ce, en mettant en exergue les problèmes de l'endettement  de l'Etat, des entreprises PME et des ménages, pour en apprécier le niveau de dégradation.

Et, sur la base du constat que la PME représente plus de

90 % des entreprises marocaines, nous avons voulu évaluer les outils de facilitation de son développement, de son financement et de son soutien pour en faire le fer de lance de la reprise économique.

Enfin, l'importance de la compétitivité de l'économie marocaine devient cruciale pour sa conversion à l'export compte tenu de la situation de dépendance de l'économie marocaine actuelle avec un solde extérieur devenu structurellement négatif.

Tout celà pour évaluer les atouts de notre pays certes, mais surtout ses chances de sortir de cette crise qualifiée de beaucoup plus forte que celle de 1929 qui a dévasté l'économie mondiale sur plus de 10 ans !

Car si la crise a des causes exogènes, les solutions sont essentiellement endogènes. Qu'on se le dise.

Bonne lecture….

 

Afifa Dassouli 

La Nouvelle Tribune

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