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Présidentielle du 28juillet 2013 : Entre IBK et Soumaïla CISSE : « un duel a mort »

Soumaila CISSE et Ibrahim Boubacar KEITA

C'est dans exactement 72 heures que les maliens choisiront leur nouveau président. Les campagnes politiques seront closes aujourd'hui, qui est chômé comme journée citoyenne pour permettre aux retardateurs d'aller retirer leurs cartes NINA. A quelques encablures du scrutin les tendances commencent déjà à se dessiner.

 

Le premier tour du scrutin présidentiel du dimanche domine les débats aussi bien dans les Etats major des partis politiques que dans les causeries dans la rue ou dans les grins. Selon plusieurs observateurs, il s'agit du scrutin le plus ouvert que le Mali ait jamais connu. Cela s'explique non seulement par le nombre très élevé des candidatures mais surtout par l'enjeu qui entoure ces élections. D'abord, la crise du nord n'a pas fini de chagriner les populations, la gestion du coup d'Etat militaire du 22 mars 2012 reste non encore close, l'élargissement du fossé entre les politiques, d'une part et d'autre part entre les politiques et les populations, sont autant d'inconnus qui pèseront lourds dans le choix du futur président.

Ensuite, le scrutin du dimanche est différent de par l'engouement populaire qu'il suscite auprès des populations. Rarement les populations, longtemps méfiantes vis-à-vis des politiques, montrent un signe d'impatience pour choisir l'homme qui devra désormais présider à leur destinée. Que peut-il bien caché, cet engouement ? Bien sûr, disent les plus avisés, l'espoir que fondent les maliens en leur pays et en leurs dirigeants pour un nouveau départ. Pourvu que la montagne n'accouche pas d'une souris, pour les pessimistes.

Enfin, le 28 juillet demeurera une date qui sera gravée à jamais dans les annales politiques de notre pays à cause des signes avant coureurs capables d'indexés avec une certaine précision les deux candidats à même de remporter le scrutin. Aujourd'hui, personne ne se fait d'illusion quant aux chances d'IBK et de Soumaïla Cissé. Les deux candidats émergent largement du lot.

Avant même les sondages livrés à sensation ces derniers jours par certains cercles et relayés à dose propagandiste, la rue avait déjà donné son classement. On tout simplement l'impression que le classement de la rue n'a été que formalisé et standardisé par nos enquêteurs en quête de notoriété.

Qu'à cela ne tienne, les verdicts sont les mêmes et reposent sur les mêmes analyses. IBK arrive premier suivi de Soumaïla Cissé selon les intensions de vote d'une large proportion des maliens. Ce classement formalisé par les sondages de Mr. Sidiki Guindo sera-t-il confirmé le 28 juillet prochain à la fermeture des bureaux de vote ? Rien n'est moins. Le seul constat qui demeure immuable est que l'un des deux sera le prochain président de la république. Mais qui justement ?

C'est là que la passion et la raison se bousculent dans la tête des gens mêmes les plus cartésiens au monde. Si l'on s'en tient à l'engouement populaire, il va de soi que Ibrahim Boubacar Keïta soit couronné le soir du 28 juillet comme premier à la ligne d'arrivée. Au-delà de son parti, le RPM, l'homme a su dompter la rue. Sa façon autoritaire de prendre les grandes questions de la nation plaide à sa faveur. On croit dur comme fer qu'il est l'homme de la situation face aux insultes et aux humiliations faites à notre pays. L'allure martiale et les gans de fer sont les deux clés de son succès.

Mais la chose qui aura un effet exponentiel au phénomène IBK est sans nul doute la crise. S'il est élu demain, c'est justement par les effets qui auront amené les maliens et les maliennes à le réclamer. Mais encore, une fois de plus, nous sommes en matière électorale. L'intension ne faisant pas forcement l'action, il serait mieux d'être prudent plutôt que d'être euphorique. Et comme disait un philosophe : « ce n'est pas le doute, mais c'est la certitude qui rend fou ».

Pourquoi, Soumaïla Cissé est obligatoirement classé comme celui qui ira au second tour avec IBK ? C'est d'abord à cause de son parti, l'URD qui est la deuxième force politique du pays. Elle bat de loin le RPM d'IBK en termes d'élus législatifs et municipaux. Elle est beaucoup plus présente sur l'ensemble plus que le RPM. Ce qui n'est pas négligeable en matière électorale. Secundo, Soumi champion est un sacré client politique. Il a ses entrées un peu partout et jouit d'une confiance à toute épreuve. Que les classements de la rue et des sondages disent la même, c'est qu'il mérite sans être condamné à des prouesses qui pourront inverser la tendance.

La chance de Soumaïla Cissé est au deuxième tour. Puisque aucun sondage sérieux en dehors des prévisions et des v½ux partisans, n'exclut un second tour, le candidat de l'URD, s'il arrivait à se mouvoir en candidat du FDR et de tous les regroupements autour de sa personne, il pourra enfin sentir le parfum de la chaise curule.

Apparemment, les autres candidats semblent ne vraiment beaucoup compter dans le scrutin du 28 juillet prochain. Mais leur jeté à la poubelle est la pire des stratégies à adopter. Car sans aucun doute, c'est eux qui feront des grands au second tour.

L'enjeu le plus grand et le déterminant du scrutin du dimanche prochain se trouve au niveau des calculs politiciens des deux grands favoris. Ils savent tous, IBK et Soumi jouent leur dernière cartouche. A 68 ans et 64 ans, tout échec à l'élection présidentielle sonnera le glas de leurs ambitions pour un destin national. Ce n'est pas sûr qu'après la dure épreuve d'un échec de plus pour eux qu'ils puissent s'en remettre. Cette situation de dernier coup dernière chance est pour beaucoup dans la tension qui entoure les élections présidentielles maliennes.

Autrement, celui qui gagne aura un avenir politique devant lui et le perdant devra dire adieu à ses ambitions. Tel un duel à mort, la seule chose qui vaille c'est de l'emporter.

Ibrahima Coulibaly

 

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