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Soudan du Sud: le chef du parti au pouvoir interdit de quitter Juba

Le secrétaire général du parti au pouvoir au Soudan du Sud, Pagan Amum, a interdiction de quitter Juba durant l'enquête sur sa présumée "mauvaise gestion" du parti, selon une décision officielle publiée jeudi soir.

Suspendu mardi par le chef de l'Etat Salva Kiir, il lui est également interdit de s'exprimer devant les médias, poursuit le texte signé de M. Kiir en tant que président du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, au pouvoir), lu à la télévision nationale.

M. Amum, qui avait part de son intention de se présenter face à M. Kiir lors de la présidentielle de 2015, a été suspendu mardi de ses fonctions par M. Kiir qui a en même temps limogé le vice-président sud-soudanais Riek Machar, son grand rival politique, et l'ensemble du gouvernement.

Le décret suspendant Pagan Amum indiquait mardi soir que ce dernier faisait l'objet d'une enquête interne du parti pour "mauvaise gestion", "insubordination ouverte" et comportement de nature à saper "l'unité du parti".

La décision abrupte et inattendue du président Kiir de limoger l'ensemble de l'exécutif laisse craindre l'ouverture d'une période d'instabilité dans la jeune nation sud-soudanaise, indépendante depuis le 9 juillet 2011 seulement.

"Le général Salva Kiir, président du SPLM (...) ordonne au secrétatire-général du SPLM, durant la durée de l'enquête de ne faire aucune conférence de presse ou de ne s'adresser à un quelconque media", a déclaré jeudi soir le présentateur des informations de South Sudan TV, donnant lecture de la décision.

Il lui est également ordonné "de ne pas quitter Juba avant la fin des enquêtes" le concernant, selon le texte.

Jeudi, M. Kiir a mené des consultations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement.

Outre la suspension de M. Amum et le limogeage de M. Machar, des 28 ministres du gouvernement et de leurs vice-ministres, le président Kiir a décidé par décret mardi de ramener le nombre de portefeuilles à 19 dans la future équipe.

Aucune date n'a été fixée pour l'annonce du nouveau gouvernement, a déclaré jeudi à l'AFP Mayen Makol, porte-parole du ministère des Affaires étrangères: "cela peut prendre trois, quatre jours, une semaine."

Un autre responsable des Affaires étrangères, Charles Manyang, a parallèlement démenti que le limogeage de l'exécutif ait été motivé par des rivalités politiques comme des observateurs l'ont estimé ces derniers jours.

Il a affirmé que le remaniement était destiné à renforcer la politique d'austérité économique en cours.

L'économie sud-soudanaise a été durement touchée par la suspension durant plus d'un an de la production pétrolière du pays, qui assure 98% de ses ressources.

En accédant à l'indépendance en juillet 2011, le Soudan du Sud a hérité des trois quarts des ressources pétrolières du Soudan d'avant partition.

Mais un conflit avec Khartoum sur la redevance à payer pour emprunter les oléoducs du Nord - la seule voie de Juba pour exporter son brut - avait poussé les autorités sud-soudanaises à stopper net la production en janvier 2012.

La crise économique qui a suivi a contraint le pays, l'un des plus pauvres au monde, privé des infrastructures les plus basiques, à réduire jusqu'à 40% ses dépenses publiques. Et le président Kiir a récemment annoncé qu'il entendait poursuivre sur cette voie, malgré la reprise de la production de brut en avril.

Jeudi, la capitale sud-soudanaise, où la sécurité a été renforcée à la suite du limogeage du gouvernement, est restée calme.

Mais plusieurs représentations diplomatiques ont fait part de leur inquiétude et appelé les autorités à former un nouveau gouvernement rapidement et d'une manière qui reflète la "diversité" de la population du Soudan du Sud.

Dans un communiqué commun, l'organisation sous-régionale Igad, l'Union africaine, le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège, la Suisse, les Etats-Unis ont ainsi appelé "toutes les parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour maintenir le calme et prévenir la violence".

Au nom des pays membres, la délégation de l'Union européenne à Juba a de son côté invité "toutes les parties (...) à résoudre à travers le dialogue les différences politiques qu'elles pourraient avoir".

Deux ans après son indépendance, le Soudan du Sud entretient toujours des relations tendues avec son ex-ennemi le Soudan qui ont mené les deux pays au bord de la guerre en 2012.

Et en plus de ses problèmes économiques, la jeune Nation garde aussi les stigmates de la longue guerre civile qui a opposé de 1983 à 2005 l'ex-rebellion sudiste, aujourd'hui au pouvoir à Juba, aux forces de Khartoum: elle reste infestée d'armes et se trouve régulièrement frappée par des affrontements ethniques.

AFP

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