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Hamed Sow du RTD: «Je propose de donner cinq hectares de terre à chaque exploitant agricole familial»

Hamed Sow, candidat du RTD à l’élection présidentielle malienne.
DR

L’année dernière, Hamed Sow a dû former son nouveau parti, le Rassemblement travailliste pour le développement, après avoir décidé de se présenter en concurrence d’Amadou Toumani Touré à la présidentielle. Directeur d’une société internationale d’investissement, il a, par le passé, été ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau.

RFI : Comment présenter votre projet aux Maliens ?

Hamed Sow : J'ai décidé de me présenter pour le changement. Notre pays a connu une crise sécuritaire extrêmement grave et je me suis dit c'est là les causes profondes qui sont dues essentiellement à la mauvaise gouvernance. D'où la nécessité de changer fondamentalement les pratiques anciennes et d'arriver à en tirer une nouvelle gouvernance. C'est la raison fondamentale de ma candidature.

Si vous êtes élu dimanche, quelle sera votre première décision ?

Ma première décision serait de mettre en place une commission qui sera chargée d'organiser des concours pour recruter des hommes capables, compétents, et leur confier tous les postes à responsabilité du pays.

Deuxièmement, je prendrai les dispositions nécessaires pour que dans le budget 2015 on puisse augmenter de façon substantielle les salaires. C’est un des deux gros problèmes du Mali : c'est que les salaires sont trop bas. Résultat : ça favorise la corruption. Tant qu'on n'aura pas des hommes compétents et tant qu’on n’aura pas des salaires acceptables, on ne pourra pas instaurer de bonne gouvernance. Et sans bonne gouvernance, le pays ne pourra pas avancer.

Vous voulez aussi vous attaquer à la pauvreté. Et l’une de vos priorités, c'est le secteur agricole…

 

C'est essentiel, parce qu'au Mali il y a un tiers de la population qui ne mange pas à sa faim. Dans six ou sept ans, cela représentera vingt millions de Maliens. Je propose de pouvoir donner cinq hectares de terre à chaque exploitant agricole familial. Ca fait cinq millions d'hectares. Nous en avons quarante millions en terres arables. Vous mesurez l'ampleur du travail, mais il faut le faire, il faut y arriver.

L'un des chantiers les plus compliqués pour le président qui sera élu dimanche, c'est le conflit dans le nord du Mali. Quelles sont vos solutions ?

Les accords de Ouagadougou sont assez équilibrés. Dès que le gouvernement sera mis en place, sans même attendre le délai de deux mois, on pourrait, en collaboration avec la Commission dialogue et réconciliation, prendre attache avec les unités du nord pour négocier, pour engager des pourparlers sur cette base-là. Il est important que nous arrivions assez vite à dépasser ce conflit et que nous nous puissions bâtir l'avenir de nos enfants entre Maliens.

Vous avez été un temps conseiller spécial de l'ex-président Amadou Toumani Touré (ATT). Est-ce que vous faites vous aussi votre auto-critique ?

Ce qui est important, c'est de regarder devant et c'est pour cela que j'estime que la lutte contre la corruption est une priorité absolue. Un pays ne se bâtit jamais avec des gens non compétents aux postes clés de responsabilité et avec une corruption systématisée.

 

On aura beau faire tous les efforts qu'on veut pour le Mali, le Mali ne s'en sortira pas dans de telles conditions. Il faut changer, il faut une nouvelle gouvernance, il faut de nouveaux dirigeants, il faut une nouvelle classe politique si vous voulez que demain on puisse retrouver un pays qui puisse enclencher son processus de développement.

 

Par Guillaume Thibault/ RFI

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