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Présidentielle 2013: LES CANDIDATS

Soumaïla Cissé

Né le 20 Décembre 1949 à Tombouctou (Mali), Soumaïla mène une brillante scolarité et se distingue très tôt dans les sciences. Après son diplôme universitaire d'études scientifiques de l'Université de Dakar en 1972, il s'inscrit à l'Université de Montpellier où il obtient, quatre ans plus tard, une maîtrise en méthodes informatiques appliquées à la gestion (MIAGE). En 1977, il est ingénieur en informatique et en gestion et major de sa promotion de l'Institut des Sciences Informatiques de Montpellier. Sa carrière universitaire est couronnée au troisième cycle par un certificat d'aptitude d'administration des entreprises obtenu en 1981 à l'Institut d'Administration des Entreprises de Paris.

Seulement âgé de 32 ans, le jeune Cissé est engagé chez IBM-France, au Groupe Pechiney France et au Groupe Thomson France, avant d'être recruté comme analyste et chef de projet informatique chez AIR INTER-France en 1984. Fort de cette expérience, il retourna au pays et intègre la Compagnie Malienne pour le Développement de Textile (CMDT) où gagne ses galons et devient Directeur des programmes et du contrôle de gestion, puis Directeur Général, par intérim, de la CMDT en 1991.

A l'avènement démocratique, Soumaïla Cissé milita dans l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) où il est membre fondateur. Ainsi, après les premières élections démocratiques, Soumaïla Cissé est nommé Secrétaire Général de la Présidence de la République  de Alpha Oumar Konaré en 1992 avant d'être promu ministre de Finances de 1993 à 2000, poste auquel s'ajoute la responsabilité du commerce entre 1994 et 1997. Il boucle son cycle gouvernemental avec le super ministère de l'Equipement, de l'Aménagement du territoire, de l'environnement et de l'Urbanisme qu'il a dirigé de 2000 à 2002.

Après deux mandats, le Président Konaré, l'ADEMA, organise des primaires pour désigner son candidat à l'élection présidentielle, Soumaïla Cissé est choisi candidat de la plus grande formation politique pour affronter le très populaire Amadou Toumani Touré. Parmi 24 candidats à l'élection présidentielle d'avril 2002, il arrive second au premier tour avec 21,3% des suffrages contre 28,71% pour Amadou Toumani Touré, qui sera élu au deuxième tour.

En 2003, le Président de la république le nomme commissaire pour le Mali et le fait élire en janvier 2004 à la Présidence de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA). Il créa en juin 2003, l'Union pour la République et la Démocratie (URD), considéré aujourd'hui comme la 2ème formation politique du pays. Parti, membre, de la mouvance présidentielle, l'URD ne présente pas de candidat à l'élection présidentielle de 2007. Elle appuie la réélection du Président Amadou Toumani Touré et se voit octroyer trois postes ministériels dans le Gouvernement.

Soumaïla Cissé fut également Gouverneur de la Banque Africaine pour le Développement (BAD) pour le Mali, Gouverneur de la Banque Mondiale pour le Mali, Gouverneur du Fonds Monétaire International (FMI) pour le Mali et Gouverneur de la Banque Islamique pour le développement (BID) pour le Mali. Fort de ses expériences, en 2004, Soumaïla Cissé prend la tête de la Commission de l’UEMOA qu'il dirigera de main de maître pendant huit ans. Grand Officier de l'Ordre National du Benin et de la Guinée Bissau, grand officier de l'Ordre National du Mali puis commandeur de l'Ordre National du Mali, Soumaïla Cissé est aussi commandeur de l'Ordre National du Bénin et officier du Mérite de l'Ordre National du Lion (Sénégal). Passionné de sport, de lecture, il parle Bamanan, Peulh, Sonraï, Français, Anglais etc. Soumaïla est marié et père de quatre garçons.

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L'Essor: Monsieur Soumaïla Cissé, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la Nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Soumaïla Cissé: Pour moi le Mali est un et indivisible. Je vais mettre rapidement un terme à la situation dramatique engendrée par la crise politico sécuritaire. L'appui de la Communauté internationale, que je salue, va nous permettre à travers la MINUSMA de stabiliser le pays et de sécuriser nos frontières. Par une loi de programmation militaire, je vais mettre  en place un programme quinquennal  mettant nos forces de sécurité et de défense dans les conditions d'opération et d'équipement répondant parfaitement aux standards internationaux. Il s'agira, ensuite, de reconstruire les liens sociaux brisés, et  prendre en charge la gestion adéquate des difficultés qu'affronteront dans les mois à venir aussi bien les populations résidentes que les déplacés et les réfugiés. Par-delà le règlement du conflit, la réconciliation doit viser son dépassement par la reconstruction d'une société capable d'affronter une histoire commune même si elle a été parfois douloureuse. Cette réconciliation nationale passera aussi par l'apurement de plusieurs conflits récurrents partout dans le pays, particulièrement en ce qui concerne  les questions foncières. Pour moi, il ne nous suffira pas seulement de bâtir une armée solide et bien négocier la paix intérieure pour avoir un pays stable et apaisé. Dans cette perspective, l'indemnisation des victimes de la crise au Nord, comme au Sud, ainsi que le recul de la pauvreté, sont  des conditions nécessaires à la restauration de la sécurité, de la paix, et du vivre ensemble

L'Essor: Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Soumaïla Cissé : La première chose à faire est de rembourser la dette intérieure pour permettre aux entrepreneurs et aux commerçants d'avoir la liquidité leur permettant de réinvestir et de relancer la machine économique. Les opérateurs économiques me connaissent bien sur ces dossiers puisqu'en tant que ministre des Finance j'ai eu à travailler avec eux dans la relance de l'activité économique à des moments de l'histoire du Mali où l'Etat était en totale cessation de paiement. Nous avons ensemble écrits les plus belles pages de l'histoire économique du Mali indépendant. La deuxième chose que je ferai est de mettre immédiatement en place une équipe de cadres Maliens compétents pour permettre au Mali de concrétiser les promesses de la Communauté internationale qui s'est engagée à financer la reconstruction nationale hauteur de 2000 milliards. C'est le lieu d'exprimer toute notre gratitude à nos partenaires au développement. 2000 milliards, c'est beaucoup, mais ce n'est qu'une partie du financement de mon programme pour un Mali nouveau. Sur le modèle du plan Marshal destiné à la reconstruction de l'Europe d'après guerre, je vais lancer un Grand Plan Soumaïla ou GPS, dédié à la reconstruction du Mali. Pour cela, je mettrai en ½uvre des actions concrètes pour lever les contraintes qui pèsent sur l'accélération de notre croissance, notamment l'amélioration du climat des affaires par des réformes hardies, la promotion de la recherche et l'innovation, et le développement de politiques sectorielles, qui contribuent à la compétitivité de notre économie (électricité, transports, NTICS, etc). Cette dynamique sera articulée autour du secteur agricole, qui sera, avec les mines le moteur de notre développement économique et  social. Je veux faire du Mali une puissance agricole exportatrice et le grenier de la sous-région. Je prendrai aussi les mesures nécessaires pour doter le pays d'industries de transformation dans les secteurs où nous sommes compétitifs comme l'agro-business, les mines et le textile. Tout ceci est mené de pair avec la modernisation du commerce, la relance du tourisme et de l'artisanat qui s'appuieront sur la richesse de notre patrimoine historique.

L'Essor:: L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Soumaïla Cissé : L'école malienne, c'est connu, est en crise. Pourtant l'éducation est la formation sont des piliers dans la construction d'une nation.  C'est pourquoi, je mets toute mon énergie au service de l'éducation depuis la petite enfance jusqu'à la formation professionnelle, l'enseignement supérieur et l'alphabétisation des adultes. Je veillerai personnellement à assurer l'équité dans l'éducation des filles. Je compte asseoir tous les acteurs pour faire les états généraux de l'école malienne et bâtir les bases de la refondation. Oui il faut revaloriser la fonction enseignante – oui je vais créer des universités régionale et les doter des moyens conséquents - oui je veux que notre système éducatif dispense des formations en prise sur nos réalités économiques pour qu'au sortir de leur formation les jeunes puissent trouver un emploi décent et fonder une famille.

L'Essor: Au cas où les Maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Soumaïla Cissé : Sans aucune hésitation, je vais replacer les jeunes et les femmes au c½ur de nos stratégies de développement. Les jeunes et les femmes constituent de véritables atouts pour l'avenir du Mali. C'est pourquoi j'en ai fait le cinquième pilier de mon programme. Pour eux, en particulier, je me suis engagé à prendre immédiatement des mesures fortes et généreuses pour leur donner la place qu'ils méritent dans notre société. A titre illustratif, je citerai quelques mesures phares. La création de 500.000 emplois pour les jeunes et le financement de 500.000 projets pour les femmes. La détermination d'un cota de 20% pour les jeunes et de 30% pour les femmes à toutes les fonctions nominatives et électives. Comme vous le savez, j'ai suffisamment d'expérience de gestion économique et financière des Etats, suffisamment de pratiques du développement et suffisamment de maîtrise des enjeux du commerce mondial, pour vous dire que nous avons biens évalué nos engagements. Franchement, notre principal défi sera notre capacité à absorber tous les fonds publics et privés que je ferai venir au Mali.

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IBK - copieIbrahim Boubacar Keïta

Ibrahim Boubacar Keïta se présente à l'élection présidentielle pour la troisième fois. Il avait été candidat pour la première fois en 2002 avant de remettre ça en 2007. Il est né le 29 janvier 1945 à Koutiala. Il obtint son BEPC en 1962, puis son  baccalauréat  option « Philo Lettres Classiques » en 1965 au lycée lycée Terrasson des Fougères (actuel lycée Askia Mohamed). Il s'inscrit ensuite successivement à la faculté des lettres de l'Université de Dakar, à la faculté des Lettres de Paris Sorbonne et à l'Institut d'histoire des relations internationales contemporaines (IHRIC). Ce cursus universitaire lui permet d'obtenir une propédeutique classique, une maîtrise d'histoire et de sciences politiques et un DEA en politique internationale et en relations internationales. Il sera successivement chargé des recherches au CNRS de Paris et chargé d'enseignement sur les systèmes politiques du Tiers-monde à Paris Tolbiac. Il revient au Mali comme conseiller technique principal du Fonds européen de développement avant de prendre la direction de l'antenne de l'ONG « Terre des hommes France » qui couvrait le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Ibrahim Boubacar Kéita milite activement dans le Mouvement démocratique jusqu'à la chute de Moussa Traoré et devient après l'élection de Alpha Oumar Konaré à la présidence de la République en 1992, à la fois son conseiller et son porte-parole. Il sera nommé ensuite ambassadeur pour la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Niger et le Burkina avec résidence à Abidjan. Il y restera jusqu’en novembre 1993, avant d’être rappeler pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères. Le 4 février 1994, il est nommé Premier ministre. Il  restera le chef du gouvernement jusqu’en février 2000. Pendant cette même période, il est président du parti ADEMA. Confronté à une fronde au sein du parti ADEMA, il démissionne avec fracas en octobre 2000. Le 30 juin 2001, il crée le Rassemblement pour le Mali (RPM) dont il est depuis lors le président. Candidat  à l'élection présidentielle de 2002, il est éliminé au premier tour, devancé par l'ancien président de la République, Amadou Toumani Touré et Soumaïla Cissé qui défendait alors les couleurs de l'ADEMA.

IBK digère la défaite et se présente à la députation la même année en Commune IV du district de Bamako. Il passe triomphalement dès le premier tour pour, ensuite, être élu président de l’Assemblée nationale. Toujours en 2002, il est désigné député de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). La même année, il prend la présidence de l’Union des parlementaires africaine.

En 2007, le président du RPM est à nouveau candidat à la présidence de la République, mais doit reconnaître la victoire de ATT dès le premier tour. L'élection législative lui réussi mieux puis qu'il est réélu député en août 2007  en Commune IV et siège toujours à l'Hémicycle.

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L'Essor : Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la Nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta : Si, par la grâce d’Allah soubahana wat'Allah, le Peuple fier et digne du Mali, m'accorde sa confiance, l'une de mes priorités sera la réconciliation nationale. Je veux recoudre le tissu national, abîmé, déchiré par des mois de crise.

Pour réussir cette urgence absolue, j'appellerai à un vaste dialogue national. Je convoquerai les Assises nationales du Nord avant la fin 2013. Pour que cette réconciliation soit définitive, nous devons tout d'abord rétablir la confiance. Par le passé, beaucoup de promesses ont été faites, mais pas toujours tenues. Parce que c'est la responsabilité de l'Etat qui est en jeu, cette fois ci, tous les engagements pris seront tenus. Je le dis, je le ferai ! Inch'Allah !

Ma deuxième priorité, aussi pressante que la première, sera votre sécurité. Pour l'honneur du Mali, je rétablirai la sécurité sur l'ensemble de notre territoire. Je serai le garant de la sécurité de tous les maliens. Pour la garantir, je veux reconstituer une capacité de défense et de surveillance du territoire en augmentant les moyens de l'armée pour qu'elle dispose des moyens humains et militaires nécessaires à sa mission. Désormais, aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat.

Je le dis, je le ferai ! Inch'Allah !

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta : La déliquescence de l'Etat malien est l'une des causes de la situation actuelle.

Si les maliens m'accordent leur confiance, l'une des premières tâches auxquelles je me consacrerais sera de reconstruire un Etat digne de ce nom. Un Etat fort au service de l'efficacité, et dont l'un des socles devra être la justice et la bonne gouvernance.

Nous construirons une économie plus forte, structurellement plus robuste, en progrès constant, mieux à même de répondre à nos désirs d'épanouissement, à nos exigences de promotion individuelle et collective ; bref, une économie orientée vers l'émergence.

La lutte contre la corruption sera organisée sur la base d'un principe : la Tolérance zéro. Cette tolérance zéro sera couplée avec des mesures permettant à tous les Maliens de faire face à leurs besoins vitaux dans la légalité.  La justice sera implacable, mais juste. L'exemple viendra d'en haut. Je le dis, je le ferai ! Inch'Allah !

L'Essor :L'école qui est l'avenir d'une nation se retrouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta : Depuis 15 ans, la société malienne regarde, sans réagir, son école s'effondrer, prise en otage par les corporatismes et rongée par une corruption morale et une violence croissantes. L'école malienne traverse une crise majeure, qui deviendra demain une crise sociale profonde si  rien n'est fait pour y mettre fin.
Les mesures de redressement viseront, notamment, à revaloriser la fonction enseignante, à moderniser les programmes d'enseignement, à renforcer les infrastructures du réseau scolaire, mais également à favoriser la formation professionnelle, à travers la création de plusieurs écoles de métiers, réparties sur l'ensemble du territoire national. Ainsi, nous allons répondre aux besoins réels de l'économie et de la société malienne, et former des jeunes partout sur le territoire. En plus, des mesures spécifiques découlant de la Refondation Globale de l'École, il s'agira de développer des politiques novatrices visant à accélérer l'éducation de la jeunesse en mettant l'accent sur la formation professionnelle, l'apprentissage, l'ouverture à la culture, le développement d'une pensée autonome, l'appropriation des facultés de réflexion, d'analyse et d'initiative, l'encouragement à l'expression.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta : La Jeunesse est l'avenir de notre pays. Elle est et sera la pierre l'une de mes principales préoccupations. Nous lui accorderons les meilleures attentions, en mettant en ½uvre une stratégie nationale qui articulera les réponses spécifiques aux questions majeures structurant son avenir.
Face au chômage des jeunes des mesures seront prises pour créer des emplois en nombre suffisant pour tous ceux qui y aspirent. Nous développerons l'accès aux soins médicaux et développerons une agriculture durable, moderne et compétitive accompagnée d'une sécurité alimentaire.

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Jeamil Bittar - copieJeamille BITTAR

Jeamille Bittar est né le 8 mars 1967 à San, dans une famille de commerçants. Mais il emprunte, dès l'âge de 4 ans, le chemin de l'école. Après ses études primaires et secondaires, il s'est rendu en ex-URSS où il a obtenu le diplôme du Master's of sciences en ingénierie à l'Université d'Etat de Kharkov. Un diplôme obtenu le 12 février 1992.

La même année, il choisit de rentrer définitivement au pays et débute comme commerçant détaillant. Il ouvre ensuite le supermarché «Benson Libre Service» sis à l'ex-station EOSY (1992-1995).

Jeamille Bittar est surtout réputé dans le milieu des affaires par la création, en 1996, de la compagnie de transport «Bittar-Trans». Exemple de réussite personnelle en affaires, il est aussi administrateur ou actionnaire dans plusieurs autres sociétés.

Jeamille Bittar est aussi l'un des rares chefs d'entreprises à concevoir un logiciel pour gérer de façon optimale ses affaires. Grâce à la diversification de ses activités, il est aujourd'hui à la tête d'un puissant groupe d'entreprises, qui embrasse tous les grands secteurs stratégiques des affaires au Mali. Marié et père de 3 enfants, le candidat de l’Union des mouvements et alliances du Mali (UMAM) est un homme qui a le souci du partage du savoir, de l'expérience et de l'expertise.

Actuel président du Conseil économique, social et culturel, il est membre de plusieurs associations et regroupements professionnels.

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L'Essor: Monsieur Jeamille Bitar Vous êtes candidat  à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation  de la moitié nord  du pays a fait  planer le risque  d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Jeamille Bitar : Ce qui nous est arrivé de douloureux ces derniers temps n'est pas une fatalité. Nous pouvons nous engager courageusement dans la construction de notre avenir commun. L'essentiel étant de choisir la bonne voie de cette reconstruction. Il est grand temps de passer des discours à la pratique, dans une dynamique de culture de résultat, dans le culte de l'intégrité, de la solidarité et de l'excellence. Ainsi, chacun pourra vivre dignement du fruit de son travail dans une République du Mali solidement ancrée dans les principes fondamentaux de l'Etat démocratique, comme le principe intangible de la laïcité, de la liberté sous toutes ses formes.

L'Essor : Avec la double crise  institutionnelle  et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'Asphyxie .Quel projet  portez- vous   pour la redresser ?

Monsieur Jeamille Bitar : Notre politique vise à faire de l'économie malienne, une machine performante parce que dotée d'une productivité améliorée de façon satisfaisante. Il s'agit de s'appuyer sur les fondements de l'économie suffisamment consolidés pour pouvoir cette économie prospère et performante que nous appelons de tous nos v½ux.

Dans le cadre du partenariat public-privé, s'atteler à la création de centres d'apprentissage, des pépinières de talents qui tiennent compte des besoins de l'économie nationale et des tendances internationales en matière artisanale et industrielle.

Recycler les apprentis en activité en les faisant passer dans les centres de formation à travers un régime alternant l'école et l'atelier.

Promouvoir la production sur place, de matériaux locaux de construction. Instituer des mesures incitatives pour promouvoir les courtes filières de formation industrielle ou artisanale (Licence professionnelle). Ce dispositif stimulera l'emploi par la création de PMI et PME spécialisées.

La formation de 500.000 commerçants détaillants en comptabilité simplifiée et leur financement avec la mise en place d'une convention de suivi de prêt et d'une institution de financement adaptée au commerce de détail ;

Facilitation et renforcement des conditions d'importation et d'exportation pour les opérateurs économiques

Amélioration des conditions d'accès aux financements et aux marchés publics ;

Elaboration et mise en ½uvre d'une stratégie de ravitaillement correct des marchés et d'une maîtrise des prix à la consommation.

Recadrage et renforcement du Projet d'appui aux commerçants détaillants ;

Adoption d'un plan de formation continue des commerçants et de leurs auxiliaires dans les techniques de gestion et de comptabilité, développement de l'orientation des commerçants en vue de leur spécialisation, voire de leur reconversion dans les industries ou services de pointe.

L'Essor :  L'école qui est l'avenir  d'une nation  se trouve  depuis   des années  dans un état de  déliquescence très critique .Quelle nouvelles politiques  proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Jeamille Bitar :  Nous préconisons d'écrire un Contrat de progrès entre l’école et la nation qui garantira le maintien des moyens et précisera les objectifs que la nation assigne à son école dépourvue de violence. Ensuite, il faudra définir les méthodes pédagogiques par l'évaluation des résultats : ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage, c’est à la classe, au résultat effectif, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique.

Recrutement  de 3500 enseignants  par année pour atteindre le ratio élève maître de 40 /1 en conformité avec les objectifs de l'éducation pour tous.

Reforme  du contenu des programmes  scolaires et universitaires. Ainsi, que la professionnalisation   des parcours   à  partir secondaire.   Les  enseignants bénéficieront un statut particulier et l'octroi  de primes et  indemnités  spécialisées.

L'Essor : Au  cas où  les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Jeamille Bitar : L'Agriculture pour garantir l'autosuffisance alimentaire

Nous agirons pour une ambitieuse politique agricole répondant à la satisfaction des besoins alimentaires des hommes et des femmes. Nous porterons cette exigence tant au niveau national, qu'international.

Nous mettrons en ½uvre un plan de transition écologique de l'agriculture en vue de faire de l'agriculture malienne un modèle d'agriculture de qualité, sans  OGM,  largement  autonome en ressources non renouvelables, relocalisée, participant à la santé publique des consommateurs et contribuant à la lutte contre le échaudement climatique. Rompre avec l'ancien système de monoculture et envisager une large palette de production qu'offre la nature malienne ;

Nous allons susciter davantage la création des vergers industriels répondant aux normes internationales pour la bonne traçabilité de nos produits de cueillette notamment les mangues, la noix de cajou, le karité, les goyaves, les oranges, le citron, le tamarin, etc.

Aides publiques, recherche agronomique, conseil technique, politique de crédit et enseignement agricole seront repensés en fonction de cet objectif.

Nous  ferons  jouer  un  droit  de  préemption  systématique  des terres  libérées  en  faveur  de  l'installation  d'agriculteurs  ou  de  l'agrandissement  de  petites  exploitations.

Nous soutiendrons l'installation de jeunes agriculteurs et la consolidation des petites exploitations, y compris par le biais de réserves foncières, notamment à proximité des villes.

Nous allons faciliter l'accès des paysans aux crédits agricoles et veiller à la mise place rapide d'un Fonds national de développement agricole.

Nous nous engageons à promouvoir l'aviculture, la pisciculture, par le creusement et l'ensemencement des étangs piscicoles et des mares et de favoriser l'accès aux sujets prisés auprès du consommateur national et étranger.

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housseiny-guindo-199x300Housseini Guindo

Le président de la Convergence pour le développement du Mali (Codem) Housseini Guindo est né le 21 avril 1970 à Bandiagara. C'est à Bamba dans le cercle de Koro qu'il s'inscrivit pour ses études primaires entre 1976 et 1982. Il poursuivit ses études à Sikasso où il fréquente le second cycle entre 1983 et 1986. De 1986 à 1991 il s'inscrivit au lycée Monseigneur Montclos de la même ville. Pour ses études supérieures, Housseini Guindo a fréquenté les bancs de l'Ecole normale supérieure de Bamako de 1992 à 1997 en série Histoire et Géographie. Il est ainsi titulaire du DEF (1988) du baccalauréat malien (1991) du diplôme de l'école normale supérieure (1997).

Comme expérience professionnelle, il a servi comme professeur d'histoire et géographie au lycée Monseigneur Montclos de Sikasso ; comme consultant au compte d'un ONG dénommée « fonds d'investissement local » ; et promoteur du lycée Amion à Sikasso. Depuis 2005 il est député à l'Assemblée nationale. Elu président du club de football du stade malien de Sikasso, Housseini Guindo est depuis 2008 président de la Convergence pour le développement du Mali, un parti qui se veut une organisation politique à vocation africaine qui vise la construction au Mali d'un Etat républicain et démocratique doté d'une économie de marché, à visage humain. Marié, père de quatre enfants, Guindo a pour loisir le football et le cinéma. Il parle Dogon, Peul, Bambara et Français. Il a également des notions de Sénoufo, Sonrhaï et d'Anglais.

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L'Essor: Monsieur Housseni  Guindo , vous êtes  candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays à faire planer le risque d'une implosion de la nation.  Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Housseni  Guindo : pérenniser le cadre de concertation intra et inter communautaire

- Soutenir la forme unitaire et laïque de l'état décentralisé en dehors de toutes velléités sécessionnistes

- Assurer le développement des collectivités territoriales par la prise en compte

- des diversités locales.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Housseni  Guindo : Comme mesure d'urgence, il faut d'abord rétablir la sécurité qui est indispensable pour le retour des agriculteurs sur leurs terres.

- Régler le problème de l'agriculture à moyen terme en la mécanisant pour avoir une agriculture intensive.

- Régler le problème de conservation des produits, le problème d'acheminement, et le problème de débouchés.

A moyen terme, il faut soutenir la recherche agricole pour trouver des semences et des modèles adaptés à la diversité climatique du mali qui permet plusieurs types de cultures

- Développer le secteur industriel et les services.

L'Essor : l'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence  très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Housseni  Guindo : ½uvrer à traduire dans les faits le caractère gratuit de l'enseignement public tel que stipulé par la constitution.

-               refonder le système éducatif vers une école de nos besoins afin d'assurer l'adéquation formation-emploi ;

-               renforcer la participation de l'Etat dans l'accompagnement des écoles communautaires ;

-               revaloriser moralement et matériellement la fonction enseignante et la rendre plus attractive par l'élaboration et la mise en ½uvre de plans de carrière pertinents ;

-               développer les universités et créer des écoles supérieures au niveau des régions dans les secteurs porteurs (écoles supérieures de mines à Kayes et Gao, universités d'économie rurale à Kayes Sikasso, école de communication et technologie à Koulikoro, centre d'apprentissage agricole spécialisé dans l'agriculture sahélo-saharienne à Diré) ;

-               renforcer, moderniser et étendre le champ de recherche et d'étude du Centre Ahmed Baba de Tombouctou ;

-               augmenter le taux de scolarisation des filles de 30% à 40% des effectifs au fondamental ;

-               promouvoir les langues nationales comme moyens de développement et d'unité nationale ;

-               établir un code d'éthique et de déontologie pour l'école ;

-               insérer les diplômés des écoles coraniques et franco-arabes dans le tissu professionnel classique ;

-               faciliter l'accès du plus grand nombre d'élèves et étudiants à l'outil informatique à l'école.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Housseni  Guindo :  Priorité des priorités la sécurisation du pays !!!!

Avec la crise, nous avons tout perdu de KAYES à KIDAL (Tourisme, commerce, industries ...), aujourd'hui il faut impérativement sécuriser l'ensemble du territoire et ramener la cohésion sociale. Dans la mesure où avec cette crise nous avons compris que rien ne pourrait se faire sans la sécurité, ni le paysan dans leurs champs, ni activités autours du tourisme, ni activités commerciales ne peuvent se faire normalement.

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moussa-Mara-264x300Moussa Mara

L'expert-comptable Moussa Mara portera les couleurs du Parti YELEMA à l'élection présidentielle de dimanche. Né le 2 mars 1975 à Bamako, le fondateur du parti Yéléma, changement en Bambara Moussa Mara a fait ses études primaires et secondaires au Mali avant de s'envoler en France pour poursuivre ses études supérieures. Là il obtint son diplôme d'expertise comptable en 2000 à l'âge de 25 ans. Il dirige aujourd'hui un cabinet d'envergure international.

Impliqué au plan local, il est maire de la commune IV de Bamako, une collectivité de plus de 300 000 habitants qui constitue aujourd'hui le c½ur administratif et des affaires de Bamako. Moussa MARA est président du parti YELEMA (le changement), une jeune formation politique créée en 2010 et qui est d'ores et déjà présente sur l'ensemble du territoire national et dans une quinzaine de pays. Il était candidat à l'élection présidentielle avortée de 2012.

Malgré son jeune âge Moussa Mara peut se targuer d'avoir une riche expérience professionnelle et d'avoir cumulé de nombreuses responsabilités. Il a été directeur associé du plus grand cabinet d'expertise comptable du Mali actif dans seize pays africains ; Formateur de formateurs à l'école régionale supérieure de la magistrature de l'OHADA au Bénin ; Chargé de cours de comptabilité approfondie au CESAG au Sénégal ; Conseil de l'Etat malien et de plusieurs autres organismes sur les questions de politiques institutionnelles, de stratégies de développement et d'audit et plusieurs interventions de formations, d'audit, d'organisations et de conseils au bénéfice de plusieurs structures publiques et privées d'une vingtaine de pays en Afrique.

Ancien secrétaire général de l'ordre des experts comptables, le candidat de YELEM a occupé les fonctions de vice président du Conseil comptable ouest africain. Il a été membre du jury du diplôme d'expertise comptable ouest africain. Il est membre du conseil national de comptabilité.

Moussa Mara a également un parcours politique et citoyen très riche. Il est président ou président d'honneur de plusieurs associations de développement local ou de soutien à la jeunesse.

Candidat aux élections municipales en 2004, 2009 et 2011 et vainqueur en 2009 et 2001 (commune IV de Bamako)

Candidat aux élections législatives de 2007 (qualifié au second tour)

Président du parti YELEMA le changement

Candidat à l'élection présidentielle de 2013

Chevalier de l'ordre national du Mali depuis janvier 2009

Le candidat du parti YELEMA est auteur de plusieurs publications :

-               Difficultés comptables résolues selon le Système comptable ouest africain (SYSCOA) en 2000

-               Pour un Mali meilleur : pistes de réflexions en 2006

-               Etat au Mali : présentation et diagnostic en 2011

-               Etat au Mali : pistes d'améliorations en 2012

-               De nombreux articles sur le Mali, l'Afrique et les sujets de préoccupations internationales de 2002 à 2013 accessibles sur le site www.moussamara.com

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L'Essor : Monsieur Moussa Mara, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Moussa Mara : Les forces armées et de sécurité constituent le principal rempart de notre pays face aux menaces portant sur notre sécurité et l'intégrité de notre territoire. C'est par leur reconstruction que le Mali garantira sa sécurité à court et moyen terme. Nous allons nous y atteler en partant des menaces et de leur évolution sur une ou deux décennies. Ces menaces viendront de la zone sahélienne, nous allons configurer notre outil de défense pour y faire face. Cet outil de défense sera constitué d'hommes, d'équipements et d'infrastructures adaptés à l'environnement se caractérisant par leur mobilité et leur forte capacité réactive. L'armée malienne que nous dessinerons privilégiera le bon recrutement et la formation adéquate des hommes. Elle sera dotée de matériels terrestres et aériens conséquents et surtout se fondera sur des bases et postes avancés permettant à nos forces de se projeter rapidement sur les théâtres d'opération. Nous renforcerons la composante renseignement par une bonne combinaison entre les outils modernes et les hommes sur le terrain. La reforme sera formalisée à travers une loi de programmation militaire posant les jalons de la force armée sur une période décennale. Nous allons financer la reforme par nos ressources propres à 60% (220 milliards de FCFA chaque année) et par les concours de nos amis à 40%.

La société malienne, parallèlement au renforcement de notre appareil de défense et de sécurité, sera convié à un vrai exercice de réconciliation pour évoquer les questions de justice, d'indemnisation des victimes, de réinsertion des jeunes, de coexistence entre les communautés, de sécurité et de gouvernance de l'espace. Les conclusions de ces discussions, sous l'égide du gouvernement et de la commission de réconciliation, seront traduites dans les faits par les différentes réformes que nous engagerons pour que la société malienne se réconcilie définitivement avec elle-même et que nous évitions à jamais les déchirures du passé.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Moussa Mara :  L'urgence consiste aujourd'hui à réparer les dégâts des conflits, réhabiliter les équipements et infrastructures économiques touchés, indemniser les victimes dont l'activité a été entravée par la crise, aider les entreprises des secteurs touchés de plein fouet (tourisme, artisanat...), encourager le retour des refugiés et déplacés et accompagner le retour à la normal des relations économiques sur l'ensemble du pays (foires, marchés, déplacements des marchands...). Il convient également d'aider les opérateurs des zones de conflits à redémarrer leurs activités par la facilitation de l'accès au crédit, les allégements fiscaux ciblés, les subventions...Nous comptons nous assurer que toutes les conditions d'un hivernage productif pour notre pays seront réalisées (disponibilité de semences, d'engrais, d'intrants, encadrement de certaines zones et de certaines cultures, information des producteurs...). La plupart de ces mesures sont annoncées dans le programme de reconstruction et de développement initié par la transition. Nous poursuivrons ces actions et allons accroître notre capacité d'absorption des flux financiers destinés au pays pour sortir rapidement de la crise.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Moussa Mara :  Les responsables publics ont cassé l'école malienne en vingt ans. Il faudra autant pour la remettre totalement sur pied. Nous allons reconstruire notre éducation autour de deux vocations principales : construire des citoyens et les former dans des domaines qui leur permettront de trouver du travail. Nous comptons faire de l'éducation civique et morale une matière principale à tous les niveaux d'enseignement. Nous allons orienter l'enseignement vers les sciences, les techniques et la production notamment vers les potentialités de notre pays (agriculture, élevage, pêche, agro industrie, artisanat, culture, arts, services). Cela dans un contexte où les recommandations du forum sur l'éducation seront toutes appliquées.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Moussa Mara : Le leadership et la bonne gouvernance, notamment la guerre contre la corruption constituent sans aucun doute les chantiers les plus importants pour notre pays. La plupart de nos malheurs sont dus à de mauvais leaders et à une gouvernance condamnable du pays. Nous ferons en sorte que le leadership soit profondément changé avec de nouveaux responsables, compétents et patriotes, dont une partie issue de la diaspora, qui mettront le pays sur les rails de la bonne gouvernance, celle uniquement mue par l'intérêt public. Nous nous engagerons dans le mois de notre prise de fonction dans un combat sans merci contre la corruption dont le pays sentira les effets dans le premier trimestre de notre mandat.
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Cheick-M-Diarra-237x300Cheick Modibo Diarra

Cheick Modido Diarra est né en 1952 à Nioro du Sahel. Il fit ses études primaires à Ségou et fréquenta le lycée technique de Bamako de 1969 à 1972. Après le baccalauréat, il a poursuivi ses études en France où il décrochera à l'Université Pierre et Marie Curie à Paris une licence en Mathématiques, Mécanique analytique et Physique.

Cheick Modibo Diarra s'est rendu ensuite aux Etats-Unis où il obtiendra un Ph.D. en Génie mécanique en 1987. De 1984 à 1989, il fut professeur assistant à l'Ecole d'ingénieurs de l'Université de Howard.

Navigateur interplanétaire au Jet Propulsion Laboratory de juillet 1989 à novembre 2002, Cheick Modibo Diarra a occupé le poste de directeur des programmes d'éducation et d'information du programme d'exploration de la planète Mars. Il a été révélé au grand public par le célèbre programme spatial américain Mars Pathfinder.

Il a été le premier «chief executive officer» de l'Université virtuelle africaine (2002-2003). Depuis 2006, il est le président de Microsoft Corporation pour l'Afrique.

Du 17 avril au 11 décembre 2012, il a dirigé le premier gouvernement de transition en tant que Premier ministre de pleins pouvoirs, suite au coup d'Etat du 22 mars.

Marié et père de trois enfants, Cheick Modibo Diarra affectionne particulièrement l'agriculture. Il tient aussi « de façon particulière au respect de certaines valeurs de notre société telles que le sens de la famille, le travail bien fait, l'intégrité, le stoïcisme, le sens de la responsabilité et l'amour de la patrie ».

Cheick Modibo Diarra est titulaire des distinctions honorifiques du Mali et de plusieurs autres pays d'Afrique et d'Europe.

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L'Essor: Monsieur Cheick Modibo Diarra, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Cheick Modibo Diarra : Un proverbe bien de chez nous, chanté par le vénérable griot Bazoumana Sissoko dit que le maître du grenier d'or ne peut se passer de la guerre. Cela signifie que pour se passer de la guerre, il faut la bien préparer et bien préparer la guerre, c'est doter son pays d'une armée de professionnels, bien équipée, bien entrainée et capable de relever n'importe quelle menace. Si je suis élu, l'une de mes priorités sera la formation de cette armée-là.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Cheick Modibo Diarra : Vous savez, dans notre culture malienne (et cela reste valable pour toute l'humanité), la dignité d'une nation, voire tout être humain individu, est portée par trois piliers (trois manches, kala en Bambara) : la houe, la quenouille et le fusil. Autrement dit, savoir et pouvoir se nourrir soi-même, savoir et pouvoir s'habiller par soi-même et enfin savoir et pouvoir se défendre par soi-même. Si je suis donc élu, je m'attèlerai à redonner cette dignité aux Maliens et aux Maliens, en les mettant d'abord au travail. Je vais investir dans l'agriculture, l'élevage et la pêche, lesquels sont les poumons de l'économie malienne. Je vais développer, vulgariser l'énergie et rendre l'électricité disponible et moins chère pour soutenir les industriels, les artisans, et les ouvriers dans leur travail de tous les jours. Ceci peut se faire par le développement de l'énergie solaire. Enfin, pour lutter contre le chômage des jeunes, je vais adapter leur formation aux besoins réels de développement du pays, c'est-à-dire, mettre un accent particulier sur l'enseignement des sciences et des techniques et la formation professionnelles. Nous avons des terres, nous avons l'eau, nous avons le soleil. Il s'agit de dompter tout cela et de les mettre au service de notre développement. En scientifique, je sais ce que cela veut dire et je sais que ce n'est pas hors de notre portée.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Cheick Modibo Diarra : Tout le monde connaît les causes réelles de cette déliquescence de l'école malienne : sa politisation à outrance. On a transformé l'espace scolaire et universitaire en arène politique. En concertation avec tous les acteurs politiques, les enseignants et les parents d'élèves, je vais tout d'abord m'atteler à la nécessaire sinon l'inévitable dépolitisation méthodique de l'école malienne. Une fois cela fait, je vais m'atteler à la professionnalisation du métier d'enseignant par la formation des enseignants et la multiplication des écoles de formation d'enseignants.  Ce travail se fera parallèlement, et selon les moyens de l'Etat, avec la valorisation du métier, donc l'amélioration des conditions de vie des enseignants. Je suis triste de voir que ceux-là même qui ont bénéficié de l'enseignement public gratuit et de qualité, devenus cadres, semblent vouloir saborder le même système en y introduisant la corruption et de pratiques indignes du corps des enseignements. Je vais récompenser le mérite, tant chez les enseignants que chez les étudiants, et sanctionner les fautes. Il faut qu'on redonne sa dignité à ce corps. Car, la première richesse d'un pays, c'est d'abord les ressources humaines.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Cheick Modibo Diarra :  La culture ! Elle est loin d'être ma dernière préoccupation. Je vais procéder à l'élaboration d'une politique culturelle claire et efficace pour le pays. Car, comme je l'ai dit plus haut, et on l'oublie très souvent, la culture, non seulement est un facteur de développement économique et social, mais encore et mieux, c'est le vêtement d'une nation, son âme profonde. Avec les acteurs culturels, je vais d'abord réhabiliter les pratiques culturelles locales, les encourager, les resituer là où elles ont disparu sont menacés. Le développement de la culture est incontournable si l'on veut que notre nation retrouve son harmonie et sa sérénité.

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blaise1-199x300Mamadou Sangaré

Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise est né le 16 novembre 1954 à Bamako. Après ses études fondamentales au Collège d'enseignement général, il obtient son DEF en juin 1972. Quatre ans plus tard, il passe le baccalauréat au lycée Sankoré en juin 1976. Il fréquente ensuite l’École nationale d'administration (ENA) entre 1976 et 1980, section Administration.

Avec ce diplôme il est intégré à la fonction publique en 1980. Mamadou Bakary Sangaré est d'abord affecté au gouvernorat du district de Bamako entre 1980 et 1982 comme sous-ordonnateur du budget. De 1982 à 1983 il est affecté à la direction administrative et financière de l'hôpital de Kati. De 1984 à 1988 Mamadou Sangaré est contractuel local de la Banque mondiale. Entre 1988 et 1991 il est Directeur administratif et financier au Conseil économique, social, puis directeur national de la Caisse des retraites du Mali entre 1992 et 1996.

Parallèlement à ces activités professionnelles, Mamadou B. Sangaré a mené une carrière politique intense. Jeune pionnier sous la première République, il fut ensuite membre de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM), responsable de comité, sous-section, et de section de 1978 à 1989.

Il fut également membre de la Commission politique nationale du BEN et membre fondateur, secrétaire général, puis vice-président du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP) de 1991 à 1996. Il est membre fondateur, et président de la Convention sociale démocrate (CDS Mogotiguiya) depuis 1996.

Conseiller communal, membre du conseil de cercle de Bougouni, membre de l’Assemblée régionale de Sikasso, Mamadou Bakary Sangaré vient d'être élu récemment Conseiller national.

La CDS-Mogotiguiya, le parti qu'il dirige depuis sa création en 1996 compte 4 députés à l’Assemblée nationale et environ 200 conseillers communaux dont plusieurs maires, conseillers de cercle et conseiller régionaux.

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L'Essor :  Monsieur Bakary Sangaré dit Blaise, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Bakary Sangaré : Le conseiller national que je suis, pense qu'une bonne partie de cette du nord peut être réglée par l'effectivité de la Décentralisation.

Le Mali est riche de sa diversité, je pense qu'il faut respecter les réalités de chaque groupe et lui permettre de s'épanouir dans le strict respect  des lois de la République.

J'organiserai les assises nationales sur le nord.

Aussi, je compte mettre en système de défense et sécurité digne d'un Etat moderne et faire en sorte que nos forces de défense et de sécurité soient présentes sur toute l'étendue du territoire.

L'Essor: Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Bakary Sangaré : Je compte redéfinir  le système économique. Il sera basé sur la production et surtout le développement des activités créatrices de richesses et d'emploi des jeunes.

L'Essor: L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Bakary Sangaré : Je ferai la refonte du système éducatif en l'orientant essentiellement sur les secteurs de formation professionnelle en relation avec les ambitions de promotion économique.

Je ferai en sorte que l'enseignant soit dans les conditions idoines avec la couverture de sécurité sociale nécessaire pour mener à bien son rôle d'éducateur et d'instructeur.

Je veillerai à ce qu'il n'y ait pas de syndicalisme au niveau fondamental et secondaire.

L'Essor: Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Bakary Sangaré : Au cas où mes compatriotes m'accorderaient leur confiance, je m'attèlerai à la réhabilitation de l'Etat par la consolidation et le renforcement de toutes les institutions.

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modibo-sidibe-180x300Modibo Sidibé 

Modibo Sidibé est né le 7 novembre 1952 à Bamako. Le jeune Modibo très brillant tant à l'école secondaire que supérieure choisit le métier des armes comme son père  « Capitaine Sidibé ».

Avec sa maitrise de droit public de l'Université de Perpignan (France), il intègre l'Ecole nationale de police et obtient le diplôme de commissaire de police en 1977. La même année, il obtient le brevet de parachutiste ainsi que le brevet d'arme N°1, avant de se spécialiser en sciences pénales et criminologie en 1979 à Aix en Provence en France.

Il intègre l'université de Reims (France) en 1983 et obtient le diplôme d’études approfondies (DEA) en théorie politique. La même année il est titulaire d'un doctorat en sciences pénales et criminologie. Il affutera ses connaissances au cours de perfectionnement des officiers en 1986.

Modibo Sidibé jouit d'un parcours professionnel impressionnant. Juste après les études, le jeune Modibo intègre le corps de la police et devient commissaire de police adjoint du 1er arrondissement de Bamako en 1978, puis commissaire intérimaire de l'aéroport de Bamako-Sénou en 1984. En 1986 il est nommé conseiller technique au ministère délégué à la Défense jusqu'en 1989 où il devient le chef de cabinet du ministre délégué à la Défense.

Modibo Sidibé a également assuré des cours de criminologie à l’Ecole nationale d’administration (1985-1992). Après les évènements de mars 1991, il est désigné directeur de cabinet du président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP).

Après les premières élections démocratiques de l'histoire de notre pays, Modibo Sidibé est nommé ministre de la Santé, de la Solidarité et des Personnes âgées sous la présidence Alpha Oumar Konaré de 1992 à 1997. Il hérite du portefeuille des Affaires étrangères et des Maliens de l’extérieur jusqu'à 2002. Ainsi, après la présidentielle de 2002, Modibo obtient le poste de secrétaire général de la présidence de la République, avec rang de ministre. Un poste qu'il occupera jusqu'à 2007, quand il sera nommé Premier ministre, chef du gouvernement.

Fort de ses 42 mois passés à la primature et qui ont renforcé la dimension incontestablement d'homme d'Etat, Modibo Sidibé se lance à présent dans la conquête de Koulouba à travers les Forces alternatives pour le renouveau et l'émergence (FARE).

Grand officier de l’Ordre national du Mali, et Commandeur de la Légion d’honneur (France), le candidat du FARE a pour passion le tennis, la lecture. Il parle Bamanan, Français et Anglais. Modibo Sidibé est marié et père de 6 enfants.

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L'Essor: Monsieur Modibo Sidibé, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Modibo Sidibé : Notre pays a traversé des moments critiques au cours de cette période et cet épisode ne saurait laisser personne indifférent. La double crise sécuritaire et institutionnelle a révélé l'extrême fragilité de nos institutions. Notre Etat, notre armée, ont fléchi devant la menace djihadiste. Cette situation a également montré à quel point nous pouvions être divisés sur l'avenir de notre pays. Il n'y a pas une seule solution à préconiser pour éviter pareille situation au pays et à nos populations. Nous nous attacherons, si nous étions élu, à renforcer les mesures en vue de recoudre notre tissu social, par le processus de dialogue et de réconciliation. Nous veillerons à doter notre pays d'une armée républicaine, capable de répondre aux défis multiples du moment, et acquise à nos idéaux démocratiques. En même temps, pour redresser le pays, il nous faut rétablir la confiance entre nous et dans l'Etat, raffermir nos institutions et les renforcer. Il nous faudra aussi ouvrir de nouvelles dans la gestion des affaires publiques, l'administration du territoire par une approche renouvelée de la décentralisation. Inventer un nouveau fonctionnement institutionnel. Faire de la réconciliation et de la reconstruction les préalables de l'Etat juste, efficace et propre que nous voulons promouvoir.

L'Essor: Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Modibo Sidibé : Notre peuple est un peuple travailleur, attaché à l'effort pour gagner sa vie. La crise a sérieusement mis à mal notre tissu économique déjà pas très solide et efficace : nous manquons d'industries de transformation, d'infrastructures développées, et le secteur privé est encore fragile. Il nous faut palier ces différentes insuffisances par une véritable transition vers une économie solide et diversifiée à haute valeur ajoutée. Concrètement, il s'agira de procéder à des réformes structurelles qui favoriseront l'investissement et la croissance, le développement de pôles de compétitivité autour des filières porteuses. Le secteur financier devra être orienté vers un plus grand soutien à l'économie. L'entreprenariat féminin sera fortement soutenu par l'amélioration du soutien de la micro-finance et de la mezzo-finance.

L'Essor: L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Modibo Sidibé : Dans la compétition entre les nations, surtout entre nos Etats africains, la qualité des ressources humaines fait la différence. Redresser notre système éducatif nécessitera que des efforts soutenus, massifs et ciblés soient déployés. « Mali horizon 2030 » s'inscrit dans cette vision sur le long terme. Il ne suffira pas que tous les enfants aient accès à l'école. Il faudra que l'école leur offre une instruction de qualité. Aussi, nous allons stimuler la culture de l'excellence et le respect des règles éthiques dans toute la communauté éducative: enseignants, personnels administratifs, élèves ou étudiants. Cet effort sera soutenu par une augmentation sans précédent des infrastructures éducatives touchant différents domaines d'enseignement (écoles, lycées, centres, instituts universitaires) ; de même qu'une attention particulière sera portée à l'amélioration des conditions de vie des enseignants, ainsi que des étudiants.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Modibo Sidibé : Tout est priorité, parce que tout est transition à initier, lancer, conduire. Nos efforts seront concentrés sur la reconstruction de l'Etat pour en faire un Etat stratège et juste, avec des institutions solides garantes de la stabilité pour tous les Maliens. Notre projet, ce sont soixante seize engagements pour le renouveau de l'Etat, la citoyenneté, la réconciliation et la paix sociale. Il faut redonner confiance aux Maliens, confiance en nous-mêmes, confiance entre nous, confiance en l'Etat, pour que le Mali se relève après avoir trébuché. Notre priorité sera de donner l'élan nécessaire pour cela.

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Dramane-dembélé-235x300Dramane Dembélé

C'est un ingénieur des industries et des mines de 46 ans qui sera le porte-drapeau de l'ADEMA à la présidentielle de juillet prochain. Dramane Dembélé est né à Ségou le 08 avril 1967. Il fit ses études primaires et secondaires dans cette ville. Après le DEF obtenu en 1985, il décroche le baccalauréat (série sciences exactes) en 1988. Il est diplômé de l'ENI en 1993. Dramane Dembélé est aussi titulaire d'un certificat en gestion des ressources humaines (2000), d'un certificat en gestion des finances pour responsable non financier (2001) de l'IMA d'Abidjan et d'un Master II en gestion de projets de l'ESTM obtenu en 2008.

Il a travaillé comme consultant indépendant dans le secteur minier en 2011, comme directeur national de la géologie et des mines (2005-2010). Auparavant il a dirigé le projet du fonds minier Mali-Banque européenne d'investissement « mise en valeur des ressources en pierres précieuses et semi-précieuses » en 2004.  Entre 1994 et 1998 il était géologue d'exploration dans les compagnies privées CMC, Barrick Gold et Pangea Goldfield.

Dramane Dembélé a suivi plusieurs stages au Canada, en Côte d'ivoire, en France. Il a cosigné des ouvrages dans le domaine des mines.

Il a milité à l'AEEM (1991-1992), avant de rejoindre l'ADEMA, notamment dans la section de Ségou. De 1991-1992 il est membre du bureau de coordination de l'association des élèves et étudiants du Mali (AEEM)

1994-2004 secrétaire général de la sous-section Adema-PASJ de Faladié /district de Bamako

En 2005 il est membre  de la section Adema PASJ de Ségou chargé des relations extérieures

En 2008 il est membre du comité exécutif de l'Adema-PASJ (parti africain pour la solidarité et la justice), secrétaire chargé des mines et de l'industrie

2008 président et membre fondateur du réseau « alternative pour un Mali débout ».

Dramane Dembélé est marié, père de trois enfants et a comme loisir la lecture, la natation et le football.

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L'Essor : Monsieur Dramane Dembélé, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié du nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Dramane Dembélé : Comme vous le savez, nous avons été profondément affectés par ce qui est arrivé à notre pays. C'est pourquoi, « nous disons plus jamais ça ». Dans notre programme, nous prévoyons d'armer la république pour désarmer toute velléité d'invasion ou de scission de notre territoire. Cela passe par une profonde reforme de notre armée nationale au service de la république et par une accentuation de la coopération sous régionale et internationale en matière de défense et de sécurité.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie, quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Dramane Dembélé : Nous avons un programme précis en direction de l'économie malienne. Il s'agira essentiellement de booster l'investissement public et privé, national et international dans des projets et programmes structurant, notamment dans l'agro-industrie, les mines et les services et en favorisant les politiques d'emplois plus diversifiées.

L'Essor :  L'école qui est l'avenir d'une nation se retrouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Dramane Dembélé :  L'école sera désormais dès notre accession au centre de la république. Nous avons écouté tous les partenaires de l'école et à cet titre nous ferons la compilation de tous les états généraux pour revoir l'école primaire dans son programme, son encadrement, sa pédagogie ; adapter l'enseignement secondaire aux réalités de notre pays, de son économie orientée à plus de 90% vers l'agriculture et les métiers en privilégiant au niveau du supérieur les sciences et techniques et la recherche fondamentale. Il s'agira d'un véritable plan Marshall à mettre en route. Cela passera bien entendu par des sacrifices.

L'Essor : Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, quelle autre  priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Dramane Dembélé : Je puis vous assurer que mes compatriotes ne regretteront pas, au contraire. Ce pays à besoin de changement, nous incarnons ce changement auquel tout le peuple aspire. Le Mali est à la croisée des chemins, l'ADEMA PASJ, mon parti, a compris cet appel au changement de notre peuple. Nous avons cerné au plus près les aspirations profondes des Maliennes et des Maliens si Dieu nous confie la magistrature suprême du pays, nous accepterons la charge avec humilité et engagement total. Nous ½uvrerons pour la réconciliation entre les Maliens eux-mêmes, nous engagerons la reconstruction du pays, nous y installerons la paix et la sécurité. Nous allons réamorcer les axes de développement sur l'ensemble du territoire, nous enverrons un signal à nos voisins et à la communauté internationale, nous réhabiliterons la dignité de l'homme malien, en même temps nous n'oublierons pas avoir exercé le pouvoir d'Etat. Et en cela nous aurons su avoir réalisé de belles choses pour notre pays. Nous reconnaissons que quelques erreurs ont été commises, nous nous engageons à les rectifier au plus tôt. Notre action s'inscrira dans le cadre de la réparation sociale. Nous conforterons l'état de droit, la démocratie, les libertés publiques et individuelles, et la justice sociale.

Si nos compatriotes nous accordaient leur confiance, nous mènerons le bateau Mali à bon port, assurément !

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oumar Bouri TouréOumar Bouri Touré :

Administrateur de sociétés, le candidat indépendant à l'élection présidentielle du 28 juillet prochain Oumar Bouri Touré est détenteur d'un master en gestion des ressources humaines. Il fut député du comité interparlementaire de l'UEMOA (CIP/UEMOA). De 1978 à 1980 Oumar Bouri Touré devient chef comptable de l'entreprise de construction en bâtiment ELDB à Abidjan (Côte d'Ivoire) avant d'assumer le rôle de représentant commercial à Promo-décor (société d'importation de mobiliers de bureau, de maison et de divers articles) dans le même pays. En 1985, il est promu président directeur général de la société inter-confort Ivoire (ICI) à Abidjan en République de Côte d'Ivoire. Rentré au bercail, il préside depuis 1993 aux destinées de la société inter confort services S.A., à Bamako. Depuis 2007, il participe aux missions d'observation des élections : législatives en Guinée Bissau, au Niger, Bénin, Burkina Faso,  Sénégal et  présidentielle de Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Bénin et Guinée Bissau. Le candidat indépendant a suivi plusieurs séminaires de formation.

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L'Essor : Monsieur Oumar Bouri Touré, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Oumar Bouri Touré : Si je suis élu président, afin qu'une telle situation ne se reproduise plus, ma première mission serait de réconcilier tous les maliens et cette réconciliation est très facile pour moi parce que je connais mon pays, les populations, les coutumes et cultures et surtout que tous les maliens sont liés Blancs et Noirs.

L'Essor: Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Oumar Bouri Touré :: J'ai un projet de société pour redresser la double crise institutionnelle et sécuritaire et l'économie nationale composé à savoir :

- Remettre sans délai le Mali au travail

- Bâtir un Etat fort et juste

- Assurer la sécurité des maliens de l'extérieur et de l'intérieur

- Réaliser une véritable révolution agraire.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Oumar Bouri Touré :  Pour que l'école retrouve le chemin normal ?

Je vais refaire de l'école un lieu de formation du citoyen et un lieu privilégié d'acquisition du savoir et surtout une adéquation formation-emploi.

L'Essor: Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Oumar Bouri Touré :  L'autre priorité qui me tient à c½ur est de faire en sorte qu'on retrouve notre dignité et notre place d'avant, d'antan.

Je ferai en sorte que les maliens soient propriétaires de leur économie et non de simples consommateurs ou de locataires.

En un mot je vais créer une bourgeoisie nationale qui va assurer un réel développement du pays.

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chato-199x300Mme Haidara Aichata Alassane Cissé dite « Chato »

Mme Haidara Aïchata Alassane Cissé affectueusement surnommée « Chato », est la seule femme candidate de cette présidentielle. Née le 26 juillet 1959 à Bourem dans le « Taoussa » (Région de Gao), « Chato » est sans doute la femme politicienne la plus enviée du pays et surtout la plus engagée.

Mme Haidara Aïchata Cissé, après ses études secondaires sanctionnées par un Brevet de technicien supérieur en comptabilité, intègre très jeune la vie active à la Librairie populaire du Mali où elle fut chef de la section centralisation. Très active, elle sera recrutée à Air Afrique, en qualité d'agent comptable.

Pour se perfectionner dans ce métier, la jeune « Chato » entamera des études supérieures en comptabilité à l'Institut international de métagraphie en France. En mai 1997, elle est titulaire d'un diplôme en commerce et marketing et en 1999 elle obtint un diplôme en tourisme au Centre de formation d'Air Afrique à Abidjan. Durant son passage à la compagnie aérienne panafricaine, elle fut successivement chef service tourisme, puis chef marketing et chargée de relations publiques.

A la liquidation d'Air Afrique, Mme Haidara s'engagera aux côtés de ses camarades de la compagnie pour revendiquer leurs droits. L'on retiendra qu'elle a été secrétaire générale de l'inter syndicale des travailleurs d'Air Afrique au Mali de 1983 à 1997. En même tant elle était secrétaire générale du Syndicat des transports aériens du Mali. De 1984 à 2000, elle est secrétaire générale pour l'Afrique francophone de la Fédération internationale des transports (ITF). En août 2001, elle organise une marche à Paris pour protester contre le dictat de la France pour faire disparaître la défunte compagnie Air Afrique.

Après la mort d'Air Afrique, elle est sollicitée par la compagnie STA de Paris pour assumer le poste de représentante à Bamako de 2003 à 2004.

Mme Haidara créera en 2005 l'Agence de voyages et de tourisme « Wani Tour ». Un an plus tard en 2006, elle créa le Groupe Aïcha Boutique. En femme d'affaire confirmée, elle développera une chaîne d'esthétique, un restaurant, une alimentation etc. Depuis 2011, Mme Haidara Aïchata Alassane Cissé est aussi promotrice et Directrice générale de Wani Transit.

Mme Haidara a connu une ascension politique impressionnante. Lors des élections législatives de 2007, « Chato » défie tous les grands partis en devenant député élue de Bourem sur une liste indépendante. Mme Haidara Aïchata Alassane Cissé rejoint en 2010, le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES). A l'hémicycle, elle est membre du bureau de l'Assemblée nationale. Elle est également la présidente du groupe d'amitié Mali-Gabon-RDC-Guinée équatoriale-Sao Tomé et Principe-Congo Brazzaville et présidente du Réseau femmes développement et protection de l'enfance.

Celle qu'on surnomme désormais la « Dame de fer », s'est surtout distinguée lors de la crise politico-sécuritaire qui sévit dans notre pays depuis le 22 mars dernier en affrontant sur les plateaux des chaînes de télévision internationales, les représentants du MNLA et en les décrédibilisant au yeux de l'opinion nationale et internationale. L'honorable députée est désormais dans les starting-blocks pour Koulouba sous les couleurs de « l'Alliance Chato 2013 ».

« Chato » parle sonrai, bambara, peulh, tamashek, français et anglais. Elle aime la lecture, le sport et les voyages. Mme Haidara Aïchata Alassane Cissé est mariée et mère de 3 garçons.

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L'Essor : Mme Haïdara Aïchata Cissé, vous êtes candidate à l’élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L’occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d’une implosion de la Nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu’une telle situation ne se reproduise plus ? 

Mme Haïdara Aïchata Cissé : 1. Redéploiement des Forces de sécurité et de défense et sécurisation dans les régions du Nord

  1. Accompagnement du retour effectif de l'administration et des services sociaux de base (santé éducation, etc.)
  2. Accompagner le retour et la réinstallation  des refugiés
  3. Plan d'action d'urgence de réhabilitation des infrastructures
  4. Programme spécial d'investissement, désenclavement et de développement pour les régions du Nord
  5. Mise en place d'une cour spéciale sur les crimes et exactions du Nord
  6. Renforcer les missions et activités de la Commission Dialogue et Réconciliation.

Mali 2018 : Résolution définitive du conflit du Nord et l'intégration des anciens leaders des groupes armés dans les instances politiques locales et nationales.

MESURES PHARES

  1. Mobilisation de 1 000 milliards de Fcfa au profit l'exécution de la Loi d'orientation et de Programmation militaire (LOPM 2013 - 2017)
  2. Redessiner la carte militaire du Mali
  3. Revalorisation de la pension de retraites, renforcement de la couverture sociale des militaires (santé, retraite) prise en charge des mutilés de guerre et accès au logement social.
  4. Amélioration des passerelles professionnelles entre les milieux militaire et civil par un système d'équivalence qui favorise la valorisation des connaissances acquises par les militaires professionnels et offre des débouchés civils
  5. Construction et modernisation des aéroports de Kidal et de Tessalit
  6. Création centre de commandement international au Nord (Tessalit) sur la lutte contre le terrorisme et le crime transfrontalier au Sahel
  7. Elaboration du livre blanc de la défense et de la sécurité nationale
  8. Renforcement des capacités d'investigation et d'intervention des unités spécialisées dans la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme
  9. Continuation du processus d'intégration africaine en termes de sécurité et maintien de la paix
  10. Faire des forces de défense des véritables vecteurs de développement au service de la nation (Santé, Génie rural et urbain, Protection de l'environnement)
  11. Développement d'un programme de partenariat (renseignement, équipement/logistique, formation) avec les pays alliés africains et internationaux

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l’économie nationale s’est retrouvée au bord de l’asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Mme Haïdara Aïchata Cissé : Conduire une véritable transformation suppose désormais se tourner vers l'avenir. Il nous faut pour ce faire agir avec un objectif clair ; construire un Mali fort, fort dans ses valeurs, fort dans son économie, fort dans ses institutions et fort dans sa cohésion.  Le premier pas de cette longue aventure sera le lancement d'un plan d'urgence économique et social qui ramènera la croissance, augmentera et redynamisera notre tissu économique.

Les résultats de la Conférence de Bruxelles sont là : nous devrons tout faire pour relever le défi de la bonne gouvernance dans la mobilisation et l'exécution des stratégies et programmes liés aux 3.2 milliards d'euros (plus de 2 000 milliards de FCFA) promis par nos partenaires.

Je mobiliserai pour cela les meilleurs compétences - le mérite doit redevenir une règle, afin que mes actions aient un impact réel et rapide sur la jeunesse, sur les femmes et sur le monde rural.

L'Essor  : L’école qui est l’avenir d’une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposer-vous pour quelle retrouve le chemin normal ?

Mme Haïdara Aïchata Cissé : Notre projet éducatif se fondera sur la diversité et le potentiel de la jeunesse d'une population constituée à 56% de moins de 25 ans. Il s'inscrit autour de trois axes que sont la Réussite, l'Equité et la Solidarité.

Une jeunesse reconsidérée et responsabilisée, c'est certes une jeunesse rassurée quant à son futur (politique de l'emploi et de l'éducation), c'est aussi une jeunesse épanouie à travers le sport, la culture, les loisirs et le partage des valeurs collectives.

  1. PLAN MARSHALL pour l'emploi pour créer 500 000 emplois via les filières productives.
  2. Réforme des outils de financement et d'accompagnement des jeunes
  3. Professionnalisation des parcours scolaires à partir du collège
  4. Création d'un Programme d'Excellence (Bourses, voyages découvertes et linguistique, livres, ordinateurs, échanges, tutorat) pour les  meilleurs élèves de chaque région
  5. Création de Lycées Sport/Etudes accueillant les jeunes talents de toutes les régions du Mali issus des principaux sports
  6. Création dans chaque métropole, en partenariat public-privé (PPP), de centres de formation techniques et professionnels spécialisés
  7. Renforcement de la formation dual (atelier, études) permettant aux apprentis déjà présents dans le secteur informel de valider leurs compétences pratiques acquises et d'obtenir une qualification

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordent leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Mme Haïdara Aïchata Cissé : 1. Mise en ½uvre d'une Parité Intégrale effective et progressive dans les fonctions politiques et exécutives dans le secteur privé et public

2.Création d'un système de protection sociale pour assurer une Couverture Maladie Universelle  pour la protection de femmes et des familles en particulier ceux du secteur informel

3.Instauration d'une Bourse de Soutien Familial – DOU SOUTOURA – de 100 000 FCFA/AN pour les mères des familles défavorisées, une bourse conditionnée à des critères de revenus

4.Mise en place du guichet - MOUSO JIGGI - au sein du Fonds national de garantie d'un budget de 50 milliards Fcfa pour faciliter l'accès aux ressources et bonifier des taux pour les projets notamment ceux portés par les femmes et groupements féminins.

5.Suivi systématique gratuit des femmes durant toute leur grossesse et prise en charge d'un forfait obstétrical pendant toute la grossesse y compris un certain nombre d'échographies obligatoires et de l'espacement des naissances.

6.Sécurisation par la loi de l'accès à la propriété des femmes et des groupements féminins du monde rural sur les superficies qu'elles cultivent.

oumar-mariko-285x300Oumar Mariko

Le Docteur OumarMARIKO est né le 04 Février 1959 à Bafoulabé. Pour ses études primaires, il fréquente l'école fondamentale de Kolondiéba où il obtient le DEF en 1976. Ses études secondaires le conduisent au lycée de Badalabougou. Après le bac en série SBT, il s'inscrit à l'Ecole nationale de médecine. Pour son stage, il est interne au Point G, puis à l'hôpital Gabriel Touré, à l'IOTA, au service de traumatologie de l'hôpital de Kati et au centre de rééducation des handicapés physiques. Puis il effectue plusieurs stages d'enquête notamment le recours aux soins et la planification familiale et le programme de développement sanitaire.

En juillet 1993 il soutient sa thèse de docteur en médecine sur la santé communautaire au Mali.

Parallèlement Oumar Mariko a toujours été impliqué en politique. Membre fondateur de l'AEEM, qui a joué un rôle dans la chute du régime de l'UDPM, il a été membre du Comité de transition de salut du peuple (CTSP) en 1991-1992. Il fut Secrétaire Général de l'Association de Défense des victimes de la Répression (ADVR) de 1990 à1993, représentant régional du Mouvement Panafricain Etudiant créé à Hambourg ''SOS luttes Etudiantes'' en 1995, et Secrétaire Général du Mouvement « Solidarité Africaine pour la Démocratie et de l'Indépendance » (SADI) créé en 1996.

Oumar Mariko a également été Ancien responsable de l'Association Mondiale des Radios Communautaire (l'AMARC) pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale) entre 1995et 1998.

Au plan associatif, Mariko est depuis 1995 Directeur Général du Réseau de Communication Kayira.

Médecin généraliste, Oumar Mariko est fondateur et Directeur de la Clinique médico – chirurgicale « Mah Doumbia » à Bamako. Il est président de l'ONG MEDES/SAPCOM (Médecins de l'Espoir/Santé pour la Communauté).

Il est depuis 2007 Député à l'Assemblée Nationale du Mali.

Il parle couramment Bamanan, Français et (passablement le Soninké et l'Anglais).

Il a comme loisirs la lecture et le débat. Marié, il est père de quatre enfants.

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L'Essor : Monsieur Oumar Mariko, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la Nation. Si vous êtes élus, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Dr Oumar Mariko : Si nous sommes élus, nous entendons refonder l'Etat en totale déliquescence, rétablir la sécurité dans tout le pays, promouvoir une nouvelle forme de gouvernance qui met fin à la corruption, au népotisme, rétablir la justice sociale, mettre fin à l'impunité qui est institutionnalisée dans le pays, gérer l'incertitude, l'imprévu, les risques, l'insécurité sous toutes ses formes, assurer les arbitrages entre les disparités des régions économiques, réaliser une politique d'investissement, d'emploi, créer les richesses. Nous allons aussi réinstaurer comme du temps de Modibo Keita, une culture de responsabilité, de probité, de dévouement à la nation. Les reformes politiques et institutionnelles sont indispensables pour initier une politique éthique qui garantisse un Etat de droit républicain qui fonctionne sur les règles de transparences, d'équité entre tous les citoyens, la séparation des pouvoirs avec des contrepouvoirs réels, crédibles et efficients.

L'Essor :  Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Dr Oumar Mariko: Notre priorité sera de renégocier les accords de libre-échange (bilatéraux et multilatéraux) afin de protéger notre secteur agricole et nos activités industrielles ou artisanales des menées de la concurrence internationale car elles nuisent au développement des productions locales ; de réviser impérativement le code minier actuel car il est très défavorable au Mali et aussi le code général des investissements ; assurer la biosécurité par un dispositif national de lutte sans merci et sans répit contre les compagnies minières qui n'accomplissent pas leurs obligations de restauration de notre capital écologique qu'ils détruisent sans vergogne ; d'élaborer et d'appliquer une politique concrète visant à préserver les équilibres écologiques et réaliser un développement rationnel, durable des ressources naturelles et humaines à travers un schéma d'aménagement du territoire national qui intègre les activités du secteur agricole, celles des industries et des compagnies minières et qui prévoie la production de paysages et d'espaces pour les besoins d'épanouissement socioculturel des hommes. Nous allons aussi faire une reforme agraire importante, afin de permettre un développement durable de notre agriculture et assurer l'autosuffisance alimentaire et partant, la sécurité alimentaire.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour quelle retrouve le chemin normal ?

Dr Oumar Mariko: Nous allons partir de la reforme historique de 1962 réalisée par l'Union-Soudanaise RDA qui a réussi à articuler d'une façon cohérente et harmonieuse la planification du développement économique  avec le fonctionnement du système éducatif en faisant correspondre le processus de formation avec les besoins d'utilisation dans la production et les autres activités professionnelles pour l'avancée du pays.

Mais, fondamentalement, ce choix nous conduira à sortir notre école des politiques d'ajustement structurel, à valoriser et à réhabiliter la fonction enseignante, à mettre en place une contribution nationale pour la formation et l'éducation de tous nos enfants, qu'elles que soient leurs conditions sociales, à construire des infrastructures, à former des enseignants de qualité. La première mesure à prendre est d'assurer, dès la rentrée scolaire 2013, la gratuité de l'enseignement fondamental de la première à la neuvième année. Les parents d'élève, déjà suffisamment dépourvus par la cherté de la vie, ne paieront plus ni de cotisations, ni de frais de scolarité et encore moins de fournitures scolaires.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Dr Oumar Mariko: Rassembler les maliens autour de l'essentiel, c’est-à-dire, le Mali Un et Indivisible, la sécurité du pays et des citoyens, la justice égale pour tous, la défense des intérêts du Mali et des intérêts matériels et moraux des maliens où qu'ils se trouvent. Ce sera notre crédo

housseini aba maigaAlhousseini Abba Maiga

Né le 22 janvier 1976 à Bamako, Alhousseini Abba Maïga est le porte-drapeau du Parti pour une nouvelle Afrique (PANAFRIK) à l'élection présidentielle du 28 juillet. Après des études primaires à Douentza, fondamentales et secondaires à Bamako, il est orienté au Lycée de Gao, puis au Lycée de Badala. Détenteur d'un baccalauréat série SH, il est orienté en socio-anthropologie à la Faculté des langues arts et sciences humaines (FLASH) de l'Université de Bamako. En 1999 Alhousseni Abba Maïga dévient secrétaire général du comité de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de  cette faculté. Il est élu membre du bureau de coordination nationale dont il sera l’année suivante, le secrétaire général adjoint.

En 2001, sa licence en poche, Alhousseini Abba Maïga s'envole pour la France pour continuer ses études universitaires. Il sera admis sur concours au Conservatoire national des arts et métiers à Orléans. Il profite pour poursuivre des études en économie. Le candidat du PANAFRIK est titulaire d'un diplôme d'études supérieures économiques, option « Economie et marchés internationaux ».

A la fin de ses études, Alhousseini Abba Maïga crée avec ses amis, la « Boussole » : un « think tank » dont l'objectif était de réfléchir sur la problématique du développement durable de l'Afrique et sur le rôle de la diaspora dans ce processus. Défenseur intrépide des causes communes, il s'est toujours battu pour la cause des faibles et des opprimés. C'est ainsi qu'il s'engage dans une campagne de sensibilisation pour le retour des cadres supérieurs diplômés des écoles européennes dans leur pays d'origine. Pour donner l'exemple il décide de prendre le chemin du retour.

Alhousseini Abba Maïga a une très riche expérience professionnelle. Après un an au service de TECHNISAT-France en qualité de technico-commercial, il rentre au pays pour travailler en tant que directeur commercial pour le compte de Go-voyage entre 2007-2008. En 2011 il est recruté comme enseignant permanent par HEC (Hautes études commerciales).

Après un séjour à Casablanca et à Dakar pour le compte du Réseau universitaire international HEC, il revient à Bamako pour occuper les fonctions de directeur général de HEC Mali de 2008 à 2011.

En juillet 2011 Alhousseini Abba Maïga crée l'Ecole supérieure privée ECO.B (Ecole de business bilingue).

Pratiquant des arts martiaux, le candidat du PANAFRIK aime la lecture. Il parle Français Anglais, Sonrai, Peulh et Bambara. Alhousseini Abba Maïga est marié et père de deux enfants.

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L'Essor : Monsieur Alhousseini Abba Maïga, vous êtes candidat à   l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Alhousseini Abba Maïga : Je commence par remercier la rédaction du quotidien national « L'ESSOR » pour m'avoir donné l'opportunité de partager mes convictions avec ses lecteurs.

Notre conception de l'Etat repose sur l'existence, de façon concomitante, des trois éléments essentiels :

  • -          Le Territoire (pour le cas du Mali, il s'agit d'une Superficie nette de 1240000 Km²)
  • -          Le Peuple (estimé à 15000000 d'habitants au Mali, composé de toutes les ethnies)
  • -          L'Autorité Politique (qui est effective sur l'ensemble du Territoire National et s'exerçant sur tous les citoyens).

Au vu de ces éléments, l'occupation de la partie septentrionale de notre pays était une menace réelle contre son existence et un risque imminent d'une implosion de la Nation. Cette situation d'effondrement de l'Etat est un corollaire de la mauvaise gestion de notre sécurité intérieure et transfrontalière par les différents régimes qui se sont succédés depuis 1968.

Toutefois, dès que je suis élu président de la République du Mali, je m'engage conformément à la constitution à préserver l'intégrité du territoire en optant pour :

  • -          L'équipement et la professionnalisation de l'armée,
  • -          Une politique commune de sécurité entre tous les Etats riverains du Sahel,
  • -          L'introduction dans la constitution d'une disposition  qualifiant de crime de haute trahison contre la Nation toute tentative ou acte portant atteinte à l'intégrité du territoire,
  • -          La consolidation de l'unité nationale, la promotion de développement équilibré de toutes les régions et la création de l'emploi des jeunes.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Alhousseini Abba Maïga : L'économie du Mali repose essentiellement sur le secteur rural qui occupe 80% de la population active et représente environs 50% du PIB. C'est pourquoi il doit  être le levier de notre développement.

Pour  ce faire, l'agriculture sera modernisée par l'utilisation des matériels agricoles sophistiqués. Des terres agricoles seront aménagées, et notre immense potentiel hydraulique sera exploité. Nous ne dépendrons plus de la pluie et des saisons. La production agricole sera affranchie des aléas climatiques.

Nos produits agricoles seront transformés, conservés et commercialisés à l'échelle nationale et internationale.

Aussi, nous allons entreprendre des reformes dans l'administration minière en créant des départements spécialisés par filière.

Nous allons rompre avec la monoculture de l'or en orientant l'activité minière vers les autres ressources de notre sous-sol tout en diversifiant les partenaires. Cela permettra de disposer de capitaux supplémentaires pour mieux soutenir les efforts de développement  et financer les grandes réformes que prévoit notre projet de société.

Une partie des capitaux générés sera investie pour supporter le coût de la mécanisation du secteur agricole et du développement des industries de transformation de ses matières premières.

Nous allons instituer une fiscalité adaptée pour encourager les investisseurs et générer le maximum de ressources pour l'Etat.

En fin, nous allons veiller à la mobilisation effective des ressources internes de l'Etat et instaurer une orthodoxie financière en matière de dépenses publiques.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Alhousseini Abba Maïga : Nous avons besoin d'une Ecole nouvelle, celle qui construira le nouveau citoyen malien, qui connait son pays pour mieux l'aimer, qui connait son histoire pour mieux la défendre et qui connait ses valeurs pour mieux les préserver.

Dans notre vision politique, l'Ecole doit former les compétences de nos besoins. Elle doit accompagner chaque secteur de notre économie en lui offrant précisément et par niveau, les compétences opérationnelles de ses attentes.

Nous devons rompre avec cette Ecole qui forme des milliers de diplômés sans aucun débouché professionnel.

Ce que nous proposons ce sont des baccalauréats professionnels, des Ecoles spécialisées pour répondre à la demande des industries, de l'agriculture, des mines, des services de santé, des forces armées, des établissements financiers....

Nous devons évaluer et chiffrer les besoins de chaque secteur afin de proposer des offres de formations ciblées.

Il nous faut des centres de reconversions professionnelles pour réorienter les milliers de diplômés dés½uvrés vers des formations pratiques mieux adaptées.

Alhousseini Abba Maïga : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Réponse: Ma foi, la priorité demeure la consolidation de la paix, de la sécurité et la cohésion sociale pour relever le Mali du chaos dans lequel il se trouve actuellement. C'est pour cela que la jeunesse malienne doit comprendre que ces élections présidentielles marquent un tournant décisif pour notre pays et que l'avenir pour elle, c'est le 28 juillet 2013.

Que Dieu bénisse le Mali et son peuple dans une Afrique unie et prospère !

Youssouf CisséYoussouf Cissé :

Né le 10 janvier 1953 à Bamako, le candidat indépendant à l'élection présidentielle du 28 juillet prochain est magistrat de formation. Youssouf Cissé a fait ses études primaires à l'école Mamadou Konaté (Bamako) de 1960 à 1969 puis à l'école fondamentale de Koro (Mopti) où il obtient son diplôme d'études fondamentales (DEF). En 1969, il est admis au Lycée Askia Mohamed où ses études furent sanctionnées par le baccalauréat en série lettres. Ce parchemin lui ouvre la porte de l'ancienne Ecole nationale d'administration (ENA) d'où il sortit avec une maîtrise en magistrature.

Au titre des activités professionnelles, le candidat Youssouf Cissé a été successivement juge stagiaire à Tombouctou, à Goundam et à Quinerdem (Gourma-Rharous), juge suppléant à Bougouni, juge de paix à Kolokani. En outre, il a occupé les postes de chef du contentieux du gouvernement avec rang de conseiller à la présidence (défense des intérêts de l'Etat devant les cours et tribunaux, chef adjoint du contentieux du gouvernement, chef du contentieux du gouvernement, chef section juridique au comité d'organisation de la Coupe d'Afrique de nations (COCAN) et directeur national adjoint de l'administration de la justice. De 2010 à 2001, il a assumé le rôle de secrétaire général de la Commission nationale des droits de l'homme, avant de démissionner de son propre gré.

Le candidat Youssouf Cissé a une vie associative bien remplie. Il est membre fondateur du Syndicat autonome de la magistrature ; membre fondateur de l'Association pour le développement de Bamako-coura et membre fondateur de l'Association Droit de l'Homme au quotidien. Il a aussi occupé le poste de président de l'ONG Réveil.

Youssouf Cissé a été aussi Directeur de publication du journal « Le Hérisson » et a publié « Recueil de contes pour enfants ».

Marié et père de 4 enfants, Youssouf Cissé adore la peinture, la caricature, les contes. Il est illustrateur et membre de jazz club de Bamako. Youssouf Cissé parle Français, Anglais et Bamanankan et N'Ko.

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L'Essor: Monsieur Youssouf Cissé, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Youssouf Cissé : La façon avec laquelle toutes les institutions de la République se sont écroulées a mis en doute l'existence d'une nation, tant la chute a été rapide. Pour éviter de replonger dans un chaos pareil, il est nécessaire de faire le diagnostic sans complaisance de la situation, en chercher les causes profondes, discuter avec toutes les communautés pour une solution durable. Dans la discussion il faut associer les grandes familles, les chefs traditionnels, les chefs de tribus et fractions, les hommes de culture et tous les relais sociaux. L'objectif est de trouver ensemble une solution durable et définitive fondée sur la vérité, rien que la vérité avec un programme de reconstruction du nord Mali (accélération de l'adduction d'eau de Kidal).

L'Essor: Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Youssouf Cissé : Le Mali est un pays qui regorge de compétence même parmi la dispora. Il s'agira d'opérer en concert avec les professionnels de l'économie que sont les opérateurs économiques, les commerçants, les entrepreneurs, les industriels ; ceux-là qui font la richesse du pays, pour trouver une solution rapide et adéquate, après un diagnostic de ce qui n'a pas marché et de ce qui a marché. La priorité sera donnée aux projets innovants qui créeront de la richesse, de la valeur ajoutée et de l'emploi avec l'accompagnement de l'Etat. Le pays doit être mieux géré. Pour une relance effective, les entreprises, industries, sociétés nationales seront privilégiées sur la base d'une discrimination positive en encourageant la compétitivité. Le président se portera garant de l'exécution des décisions prises. Alléger les impôts et les taxes douanières en associant toujours tous les acteurs : Etat, administrés.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Youssouf Cissé : Pour l'école il faut discuter avec tous les acteurs pour une sortie de crise : les responsables de l'éducation, les enseignants, les élèves, les parents d'élèves, la société civile et la classe politique en ayant comme base de travail les recommandations du forum national sur l'éducation tenu en novembre 2008. Dans le détail, créer dans tous les camps militaires une nouvelle école avec des élèves triés sur le volet qui feront leurs cycles secondaires et universitaires dans les internats. Ils seront encadrés sur le plan civique. L'éducation y sera stricte et sans complaisance afin de former le citoyen modèle respectueux des règles de bonne gouvernance sociétale et politique. Ces pionniers seront la relève ; les autres étudiants et élèves pourront chaque fois rentrer dans ces établissements sur des critères de qualités et de performances. Un accent particulier sera mis sur la formation professionnelle et continue conforme aux contingences et besoins de l'heure. La compétitivité sera le moteur pour rehausser le niveau de l'école malienne. C'est la qualité de l'Homme qui détermine la qualité de la société.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Youssouf Cissé : Mes autres priorités seront :

-La justice sociale, un respect de la loi par les citoyens et l'application stricte de la loi par les juges à hauteur de souhait des citoyens.

-Un contrôle strict du budget et des finances publiques pour une bonne gouvernance et une gestion transparente.

-Le budget affecté à l'armée ainsi qu'à l'ensemble des autres corps de défense et de sécurité lui sera intégralement destiné. Et ce dans le cadre exclusif de l'exercice de sa mission de défense et de sécurité des personnes et du territoire ainsi que de son besoin quotidien sous le contrôle strict des civils et du parlement. Cela va résoudre beaucoup de problèmes auxquels l'armée fait face.

-La santé, les promoteurs de cliniques privées doivent recruter le personnel médical et d'appui pour chaque spécialité annoncée dans ses textes de création. Du côté des hôpitaux publics, recruter et former un personnel médical qualifié et compétent soucieux de la santé et de la vie du Malien sans considération de conditions socio-économiques. Le traitement du personnel de la santé doit être revalorisé.

-Au niveau des femmes, la réduction de la pauvreté des femmes par le financement des activités génératrices de revenus pour les plus démunis. Promouvoir leur formation dans des secteurs formels ou informels pour leur permettre d'assurer leur indépendance économique et financière.

-Dans le foncier, il y aura un moratoire sur la distribution des lots et terres arables pour faire le point, afin de préserver le patrimoine de l'Etat. Il faut rendre accessible le titre foncier à tout le monde pour plus de sécurité.

TallMe Mountaga Tall

Le candidat du CNID à la présidentielle du 28 juillet, Me Mountaga Tall est né à Ségou le 10 décembre 1956. Il fréquente d'abord l'école coranique avant d'être inscrit en 1963 au groupe central de Ségou où il obtient 10 ans plus tard le diplôme d'études fondamentales. Il entre au Lycée Askia Mohamed où il décroche un baccalauréat philo-langues dans la série lettres modernes en 1977. Mountaga Tall entreprend ensuite à l'université de Dakar des études supérieures sanctionnées en 1980 par une maîtrise en droit. L'année suivante, il décroche un doctorat de troisième cycle en droit international public suivi en 1982 d'un diplôme d'études approfondies d'enseignement (DEAG) en histoire du droit.

Il prête serment en qualité d'avocat stagiaire à Dakar en mars 1981 mais rentre au Mali à la fin de ce stage et s'installe comme avocat en 1984. Depuis, Mountaga Tall est l'un des ténors du barreau malien. Brillant plaideur, il a gagné d'innombrables procès pour la liberté et contre l'Etat sous le régime de Moussa Traoré.

A son retour au Mali, Me Tall s'est investi dans la vie associative. Il est membre fondateur de l'Association malienne d'études et de recherches juridiques (AMERJ), membre de l'AMDH et président d'honneur l'Association des diplômés initiateurs et demandeurs d'emploi (ADIDE) depuis sa création.

Me Mountaga Tall a conduit les premières marches pour la démocratie et le multipartisme au Mali. Contraint à la clandestinité en janvier 1991, il quitte le Mali en février de la même année sur ordre du comité directeur du CNID.

Président du CNID-Association, puis du Parti CNID (Congrès national d'initiative démocratique) depuis mars 1991, Me Mountaga Tall a reçu l'investiture de son parti le 17 janvier 1992 pour se présenter à l'élection présidentielle de 1992. Il avait seulement 35 ans. Après l'échec, il est parvenu à se faire élire député à l'Assemblée nationale et faisait fonction de chef de l’opposition parlementaire. Il est de nouveau candidat à l'élection présidentielle de 1997 avant de se rétracter, suite aux contestations soulevées par le Collectif des partis de l'opposition (Coppo). Me Tall est encore candidat à l'élection présidentielle de 2002. Recalé, il parvint à se faire élire député et devient premier vice-président de l'Assemblée nationale.

Maître Mountaga Tall est également élu député du parlement de la CEDEAO en 2002, puis du parlement panafricain en 2004. Son mandat a été renouvelé en 2007 et devait expirer en 2012. En 2007, il est réélu député de Ségou. Candidat à la présidence de l’Assemblée nationale, il est battu par Dioncounda Traoré, président de l'Adema.

A l’Assemblée nationale, Me Mountaga Tall a occupé différentes fonctions dont celles de président de groupe parlementaire, de commission et de groupe d’amitié.

Me Mountaga Tall a été successivement secrétaire général de l’Ordre des avocats du Mali, vice-président national de l’Association internationale des jeunes avocats (AIJA), secrétaire général de l’Union des barreaux ouest-africains, vice-président de l’Association des avocats de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africain (AAEU).

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L'Essor : Monsieur Mountaga Tall, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la Nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Mountaga Tall : Si je suis élu président de la République, j'assurerai la sécurité  des Maliens par une loi de programmation militaire que j'ai proposée depuis 1994 et qui n'a jamais été entendue. En outre, nous travaillerons à panser toutes les blessures, à réconcilier les Maliens et à faire en sorte que nous puissions ensemble regarder vers l'avenir. Voilà la priorité des priorités.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Mountaga Tall : Il faut promouvoir le développement dans tous les secteurs, qu'il s'agisse du commerce, de l'industrie, des mines, de l'énergie, des infrastructures ou des transports ou qu'il s'agisse de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche, de l'artisanat ou du tourisme. Il faut aussi assurer la bonne gouvernance. Que chaque centime soit géré avec un sens aigu de la justice, de l'équité et du bien être des maliens, en bon père de famille. Il faut aussi lutter résolument contre la corruption et assurer la justice sociale et la justice tout court pour tous. C'est ainsi que nous apporterons une réponse adéquate aux souffrances des maliens.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour quelle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Mountaga Tall : Pour moi, le meilleur des investissements, c'est ce qu'on ferra pour la formation et l'éducation et pour la création des emplois. Mon credo sera l'adéquation formation emploi. De façon très concrète, je m'engage à créer au cours du mandat 500 000 à 750 000 emplois.

Par ailleurs, je ferrai en sorte que :

-          un enseignement de qualité soit dispensé par des enseignants motivés ;

-          les facultés et écoles soient dotées de véritables bibliothèques ;

-          l'enseignement et l'apprentissage de nos langues nationales soient développés ;

-          les écoles confessionnelles soient insérées dans le système éducatif officiel au lieu qu'elles en soient des sous-produits ;

-           la formation technique et professionnelle soit renforcée au niveau des medersas et des écoles franco-arabes ;

-          soient créées pour leurs élèves des Ecoles supérieures d'apprentissage et d'application pratiques;

-          l’enseignement de la langue arabe soit introduit au second cycle fondamental à côté de l’Anglais ;

-          les élèves, étudiants et diplômés arabisants et les autres soient traités d'égale façon en terme de formation, d'insertion professionnelle, de reconnaissance et de salaires ;

-          nos valeurs sociétales aient leur place dans l'éducation de nos enfants.

L'Essor : Au cas où les Maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Mountaga Tall : Il faut faire en sorte que la grande fracture qui existe aujourd'hui entre la classe dirigeante malienne et les citoyens soit réduite. Il faut intégrer nos valeurs religieuses et sociétales, le « danbé », dans tout ce que nous entreprenons comme acte. Il faut promouvoir la santé, l'habitat, le sport l'art et la culture et nous occuper de façon plus spécifique de l'environnement. Nous devons prendre aussi en compte les préoccupations des femmes et des anciens. Il faut travailler à ce que chaque malien ait les trois repas quotidiens. Si demain Dieu fait que je suis Président de la République, je prendrai rapidement des mesures pour réduire le prix de certains produits et denrées de première nécessité : du riz, de l'huile, du sucre, de la viande, du poisson, du lait du gaz, de l'eau, de l'électricité, des transports et aussi des médicaments et des engrais. Il faut aussi augmenter les salaires dans la mesure du possible. Pour la presse il faut notamment accroitre l'aide publique avec la définition de règles transparentes et équitables de répartition et dépénaliser certains délits de presse.

Par ailleurs, il faudrait que par un processus participatif et consensuel, nous puissions voir ce qui a marché et ce qui n'a pas marché dans nos textes fondamentaux et entreprendre, si nécessaire, leur amélioration.

chacka-diarra-249x300Siaka Diarra

Né en 1963 à Doumba dans la région de Koulikoro, Siaka Diarra défendra les couleurs de l’Union des forces démocratiques (UFD) à la présidentielle du 28 juillet 2013. A l'issue de son 4ème congrès ordinaire, le parti l'avait déjà désigné comme son porte-étendard à l'élection présidentielle du 29 avril 2012.

Détenteur d’une maitrise en anglais, il enseigna cette matière au Lycée Boullagui Fadiga (1987-1988), à l’Ecole spéciale d'enseignement technique ESET (1990- 1991), à la Chambre de commerce et d'industrie du Mali CCIM (1998- 1999, à l’Institut technique des arts et métiers ITAM (2000-2003). Il est le promoteur du Lycée Mina Diarra Djoumanzana 2007.

Siaka Diarra a aussi cumulé plusieurs formations notamment en montage et gestion de projets, en suivi- évaluation de projets, en organisation paysanne sur les AGR, en organisation des échanges culturels et éducatifs, en informatique, en gestion administrative et du personnel, en appui-conseil sur la décentralisation et les aspects du développement durable.

Siaka Diarra est membre fondateur de l’Ong Globe Contacts et président de la Fondation FECD. En 1991, il débute sa carrière politique dans l’Union des forces démocratiques (UFD) dont il est un membre fondateur. Il a été secrétaire général du bureau de la section UFD Commune I en 1992, maire adjoint en commune I, premier responsable de l'Etat-civil du centre principal de janvier 1992 à juillet 1997. Siaka Diarra a été élu président de l'UFD en juillet 2001 à l'issue du 1er congrès ordinaire du parti. Il sera réélu président en 2004, 2007 et 2012 lors des différents congrès ordinaires du parti de « l'Aigle volant » de feu Me Demba Diallo.

De 2003 à 2007, Siaka Diarra a représenté le président du Haut conseil des collectivités locales auprès du M.A.T.C.L sur toutes les questions sur l'administration et de gestion des collectivités en République du Mali. Il est également président du regroupement politique FMR (Front pour le Mali et la République) composé de 12 partis politiques.

Marié et père de 7 enfants, Siaka Diarra aime le sport, la lecture, la musique et le voyage. Il parle Bambara, Français, Anglais, Arabe.

Choguel-Maiga-212x300Choguel Kokalla Maïga 

Choguel Kokalla Maïga, de son vrai nom Chouaïdou Issoufi Souleymane, est né en 1958 à Tabango dans le cercle d'Ansongo. Docteur ingénieur en télécommunications, diplômé de l'Institut des télécommunications de Moscou, il se distingue par un brillant cursus scolaire et universitaire. De 1963 à 1974, il fit ses études primaires à Tabango et à Bara. De 1974 à 1977, il fréquente le lycée technique de Bamako d'où il sort major de sa promotion en série « mathématiques techniques et industrielles ». Son bac technique en poche, il fréquente de 1977 à 1988 l'Université d'Etat de Biélorussie (en ex-URSS) et l'Institut des télécommunications de Moscou. Ses études supérieures sont sanctionnées par le diplôme d'ingénieur des télécommunications avec mention « Excellent » et les félicitations du jury.

A sa fin de ses études, Choguel Kokalla Maïga retourne au pays en 1988 et réussit au concours d'entrée à la fonction publique. Il commence sa carrière professionnelle au sein de la Société des télécommunications du Mali (SOTELMA). Ensuite il occupe des postes techniques comme chef de la section ingénieur des projets à la direction des études et de la planification, coordinateur national du programme national de la mise en ½uvre du Plan directeur des télécommunications, directeur de l'Ecole nationale des postes et télécommunications.

Membre de l'Union nationale des jeunes du Mali, Choguel Kokalla Maïga devient en février 1997 président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), parti se réclamant de l'ancien chef de l'Etat Moussa Traoré. En 2002, il se présente à l'élection présidentielle où il obtient 2,73 % des voix au premier tour, avant de soutenir au second tour Amadou Toumani Touré. En vue des élections législatives de 2002, il s'allie au Rassemblement pour le Mali (RPM) d'Ibrahim Boubacar Keïta et au Congrès national d'initiative démocratique (CNID) dans la coalition Espoir 2002. ?Choguel Kokalla Maïga a été ministre de l'Industrie et du Commerce dans les gouvernements de Ahmed Mohamed Ag Hamani du 16 octobre 2002 au 28 avril 2004 et de Ousmane Issoufi Maïga du 2 mai 2004 au 27 septembre 2007.??Pour l'élection présidentielle  de 2007, Choguel Kokalla Maïga a soutenu la candidature du président sortant Amadou Toumani Touré.

Depuis février 2008 Choguel Kokalla Maïga est nommé directeur du Comité de régulation des télécommunications (CRT) qui est devenu l'Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes (AMRTP) en septembre 2011.

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L'Essor : Monsieur Choguel Kokalla Maïga, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Choguel Kokalla Maïga : L'occupation de la partie septentrionale de notre pays a résulté de deux actions concomitantes : celle des narcotrafiquants et celle des rebelles touareg. Ces deux actions, estime-t-on en général, sont les conséquences de deux facteurs : la chute de Kadhafi et l'abandon à la précarité des populations touarègues par le pouvoir central malien. Ce sont là justifications qui me paraissent spécieuses. Elles ne résistent pas à l'analyse si l'on se pose les questions suivantes : Pourquoi les narcotrafiquants n'ont-ils pas occupé une portion du territoire d'autres pays sahéliens ? Le Nord du Mali est-il moins développé que celui du Niger ?

La réalité est que l'occupation a été rendue possible parce que l'Etat avait cessé d'exercer tout contrôle sur cette partie du territoire, s'était privé des moyens d'exercer ce contrôle, en l'occurrence, les forces armées et de sécurité. Certes, l'on ne saurait ne pas tenir compte du déficit de développement de la région. Mais cela ne justifie nullement un séparatisme.

Pour ces différentes raisons, éviter que ce qui s'est produit ne se reproduise plus nécessite trois actions : doter l'Etat de moyens lui permettant d'exercer sa souveraineté sur l'ensemble du territoire national, adopter une loi de décentralisation permettant de responsabiliser les populations du Nord aux problèmes de développement de leurs régions, manifester à leur égard plus de solidarité.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Choguel Kokalla Maïga : Les événements qui se sont produits à la suite du coup d'Etat du 22 mars 2013 ont donné la preuve de l'extrême vulnérabilité de notre économie. Celle-ci souffre de deux handicaps majeurs peu perceptibles en temps normal : elle est celle d'un pays enclavé et elle est extravertie.

La question qui est posée est de savoir ce qu'il faut faire pour redresser l'économie. Mais, à la lumière des faits, on se rend compte qu'elle s'est pratiquement redressée. Il a suffit pour cela que la France, et, à sa suite, l'Union européenne, le FMI et la CEDEAO reprennent leur coopération pour que nous nous accordions à reconnaître que la crise est derrière nous.

Cependant, ce dont nous devrions tenir compte est que si le redressement est manifeste, il ne remédie pas aux deux handicaps. Par conséquent, une solution pérenne à nos problèmes économiques passe, en premier lieu, par la vigilance et la prévision afin de constituer, plus que ses stocks de sécurité, des stocks de souveraineté et, en second lieu, susciter l'émergence d'une économie autocentrée.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Choguel Kokalla Maïga :  A propos de l'Ecole, tous les maux dont un système éducatif peut souffrir ont été diagnostiqués. Différents déficits ont été relevés : déficits en infrastructures, en ressources humaines, en équipements, en matériels didactiques et pédagogiques. Et le mal perdure. Notre système éducatif est devenu, pour l'Etat, un véritable tonneau des Danaïdes. Plus du tiers du budget national lui est consacré pour les résultats que tout le monde déplore.

Il est temps de reconnaître l'évidence : ce que nous nous échinons à soigner ne peut pas être soigné ; l'Ecole que nous cherchons de sauver ne peut plus l'être parce que totalement inadaptée à notre contexte actuel. Il nous faut avoir le courage d'une véritable révolution pour créer l'Ecole dont notre pays a besoin. Cela suppose que nous commencions par nous faire confiance afin de penser par nous-mêmes et pour nous-mêmes pour adopter un système éducatif qui nous soit propre, restructurer ce système en diversifiant les cursus et les filières de formation, en le finançant de manière efficiente.

L'Essor: Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Choguel Kokalla Maïga :  Outre la situation au Nord, l'économie et l'Ecole, deux autres préoccupations sont miennes :le statut de la Femme et la laïcité. En ce qui concerne la Femme, j'estime que ce n'est pas la parité qui va résoudre le problème, mais la reconnaissance de l'indispensable complémentarité greffée sur des actions ayant, comme finalité, l'épanouissement  de  la Femme comme épouse et mère en même temps qu'agent du développement, de la Femme affranchie des contraintes et servitudes.

Le Mali laïc que je conçois n'est pas un pays où les institutions ne seront pas fondées sur la stricte séparation entre la religion et l'Etat, mais un pays au sein duquel s'établirait la nécessaire collaboration entre les deux.

cheick B TraoréCheick Boucadry Traoré

Né à Kayes  en 1962, fils aîné de Moussa Traoré, ancien chef de l'Etat, Cheick Boucadry Traoré, affectueusement appelé Bouga par ses proches entame ses études dans cette ville avant de les poursuivre à Bamako, puis aux Etats-Unis. Il fit un stage au greffe du tribunal de la première instance de Bamako en 1984. Cheick Boucadry Traoré a été recruté par le cabinet Vallot international consultants en 1992 en tant que consultant et conseiller principal en investissements.

Le candidat Cheick Boucadry Traoré a également travaillé au sein de la société Automated Research Systems (ARS), où il a occupé les fonctions de responsable commercial et vice-président chargé du département des relations internationales. Et d'expert résident pour les questions de développement commercial et industriel des pays en voie de développement. Il a été membre de la délégation des observateurs envoyés par les États-Unis (United states national security Caucus Foundation) pour l'élection présidentielle du 21 juillet 1998 au Togo.

En décembre 2003, Cheick Boucadry Traoré et la Société Tanexco ont été chargés par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales du Mali de la «Prospection et l'identification d'un prestataire chargé de la réalisation du Projet état civil et carte nationale d'identité et électorale sécurisée».

Cheick Boucadry a une connaissance approfondie des arcanes des structures gouvernementales et administratives des pays africains et est conscient de l'impérieuse nécessité d'apporter un surcroît de dévouement, de sacrifice et de rigueur pour susciter un changement en profondeur du devenir des populations africaines. L'espoir peut être redonné à ces populations. Telles sont les raisons qui l'ont poussé à créer TANEX Institute, organisation sans but lucratif, pour contribuer à améliorer la qualité de vie dans les pays africains et partager son expérience et ses connaissances. Son souci premier est d'investir dans le capital humain.

Cheick Boucadry Traoré est un des membres fondateurs de la Convergence africaine pour le renouveau (CARE). Il est marié et père de trois enfants.

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L'Essor : Monsieur Cheick Boucadry Traoré, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus?

 

Monsieur Cheick Boucadry Traoré : Une paix durable dans notre pays exige que toutes les causes principales d’instabilité soient identifiées et que les solutions appropriées y soient trouvées. Les solutions suivantes peuvent aider à mettre fin à l'instabilité dans notre pays:

Poursuivre les criminels de guerre

La paix va de pair avec la justice. La lutte contre l’impunité est une nécessité si l’on veut réconcilier les peuples, éviter que les gens se rendent justice et endiguer le phénomène des rébellions qui déstabilisent la région.

Promouvoir la démocratie et une armée républicaine

Il est temps de proposer un modèle de démocratie qui prend en compte la requalification des principes qui sous-tendent l'interactivité du citoyen et de l'Etat. Nous devons accepter que la consolidation de la nation ne peut se faire qu'à travers des politiques de gouvernance adaptées et des institutions qui représentent réellement les aspirations du peuple. La nation elle-même ne peut que se reposer sur un État de droit et une justice sociale. Quand l'État de droit est menacé, son seul recours devient les forces armées et de sécurité. Alors, nous devons tout faire pour restructurer nos forces armées et de sécurité afin de garantir l’intégrité territoriale et de réagir efficacement lorsque l’intérêt du pays est menacé ou quand la sécurité des personnes et des biens est mise à mal.

Insister sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale

Le Mali a besoin d'un gouvernement qui a la confiance du peuple. Un gouvernement qui est le seul maître d'½uvre, guidé par les seuls intérêts du Mali, et assurant la cohérence des politiques. Aussi, souverain, le Mali doit faire ses propres choix et devenir le gestionnaire unique de son destin.

Agir pour un traitement social et politique de la crise

Une solution politique est toujours préférable aux problèmes de société. Nous devons faire de la décentralisation un outil de renforcement de l'unité nationale par la reconnaissance et la gestion appropriée des particularismes locaux en créant l'opportunité d'une meilleure participation des citoyens au processus démocratique.

 

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser?

Monsieur Cheick Boucadry Traoré : Il est temps de remettre l'économie au service de l'ensemble des citoyens. Il s'agit de reconstruire un système économique plus efficace, plus stable et plus juste où tout le monde, par son travail, nourrit la croissance et en tire profit, et pas simplement une petite minorité.

Pour créer plus de richesses dans notre pays et assurer le financement de notre avenir, nous devons travailler plus et intelligemment. Nous proposons un nouveau modèle de croissance, qui met le travail, la production, le talent des femmes et des hommes au centre de l'activité économique. Cette nouvelle croissance s'appuiera sur les petites et moyennes entreprises (PME) et s'inscrira dans une dynamique de développement durable et d'innovation continue.

 

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour quelle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Cheick Boucadry Traoré : : Il est important de souligner que l'école malienne souffre aujourd'hui de carences majeures auxquelles il faut s'attaquer. Or, Les sociétés les plus avancées son celles qui émancipent l'homme par l'instruction. Notre système scolaire ne peut relever avec succès les défis du sous développement que s'il progresse vers plus d'exigence et de qualité. Alors que nous entrons dans une économie de la connaissance et d'intégration régionale, le niveau de formation fait plus que jamais la différence entre les nations. C'est ce qui doit motiver notre réforme de l'éducation et le recentrage de l'école sur ses fondamentaux. C'est de la qualité de l'enseignant que dépend le plus la réussite des élèves. Une telle responsabilité de l'enseignant s'accompagne, de plus, d'attentes toujours plus exigeantes à son égard. Il nous faut une remise à niveau de l’Education afin de donner une forte impulsion au développement du pays.

L'Essor : Au cas où les Maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient a c½ur ?
Monsieur Cheick Boucadry Traoré :  Notre agenda s’inscrit dans la vision d’ensemble qui donne la possibilité à chacun le moyen de s’épanouir en déployant pleinement ses potentialités et ses aptitudes. C’est dans cette vision équilibrée et portée vers l’avenir que s’inscrivent les réformes fondamentales et les projets structurants que nous engageons et qui permettrons la consolidation de l’Etat de droit, refonder et moderniser les finances publiques dans un cadre juridique moderne, l’élargissement de l’espace des libertés, la promotion des droits de l'homme, d'accroitre l'accès des populations à des soins de santé fiables en instituant une réforme de la santé pour établir un droit à la santé et des catégories sociales démunies et fragiles, démocratiser l'éducation et la connaissance, une politique d'emploi cohérente et viable, un meilleur accès au crédit et à la propriété, d'une politique extérieure moderne et pertinente, faire du Mali le grenier de la sous région, faire de la culture malienne un instrument solide dans notre ingénierie pour le développement du Mali, doter le pays d'une armée forte et républicaine et des forces de sécurité modernes, une bonne politique et programmes d’Insertion des nationaux à l’étranger ; enfin, satisfaire les besoins du présent sans compromettre l’habileté des générations futures d’atteindre les leurs.

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ZouSoumana Sacko

Cet économiste de formation est né en 1950 à Nyamina (région de Koulikoro). Il a obtenu le DEF en 1967 et le Bac 1970 (lycée Askia Mohamed), se classant premier du Mali dans les deux examens. Titulaire d'une licence de l'Ecole nationale d'administration du Mali et d'un master en planification de gestion de projets et d'un Ph.D. en économie du développement à l'Université de Pittsburgh, Pennsylvannie (Etats-Unis), Soumana Sacko a, ensuite, suivi des stages et séminaires de formation à la Fondation ouest-allemande pour le développement international, au Gosplan de l'ex-Union Soviétique, à l'Institut de développement économique de la Banque mondiale et au General accounting office du Congrès des Etats-Unis d'Amérique.

Soumana Sacko a occupé plusieurs postes clés au Mali. Il fut directeur administratif et financier de l'Opération Puits, conseiller technique auprès du ministre de la Coopération internationale, contrôleur général adjoint à la présidence de la République, ministre d'Etat chargé des sociétés et entreprises d'Etat et d'Economie mixte, ministre des Finances et du Commerce, et Premier ministre sous la Transition démocratique.

Soumana Sacko a également servi dans le système des Nations-Unies en tant qu'Economiste principal du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) pour la République Centrafricaine, Madagascar et les Comores. Il est consultant, expert ou formateur de haut niveau pour la Banque mondiale, la Commission économique des Nations-Unies pour l'Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD), le Partenariat stratégique pour l'Afrique (SPA) et l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Il fut également secrétaire exécutif de la Fondation pour le renforcement des capacités (ACBF).

Soumana Sacko est marié et père de quatre enfants. Il pratique le football, le jeu de dame et le basket-ball.

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L'Essor : Monsieur Soumana Sako, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Soumana Sako : Effectivement notre pays traverse une grave crise sécuritaire et politico- institutionnelle, qui a ébranlé  les fondements même de l'Etat, de la République voire de  la nation malienne.

En plus des mesures de renforcement de la démocratie et de relégimitation de l'Etat, je doterai, notre pays d'un véritable outil de défense à travers des forces armées et de sécurité reconstruites, fortes, professionnelles et républicaines très bien équipées et motivées capables d'assurer la mission de défense de l'intégrité territoriale, de la sécurité  et d'éradiquer  le terrorisme et le narcotrafic. A cet égard, je mettrais en ½uvre un système conséquent et cohérent de défense du territoire, basé sur l'alerte et la réaction rapides et efficaces, encadré par une nouvelle architecture de gouvernance militaire et sécuritaire autour du Conseil Supérieur de Défense.

Aussi, je m'emploierai à mettre en ½uvre une véritable politique de réconciliation nationale tenant en compte du principe constitutionnel de libre administration des collectivités et basée sur un dialogue intra et intercommunautaire mais aussi sur la vérité et la justice et  accompagnée d'un  programme de volontariste de réduction des résurgences féodales et de création d'opportunités économiques crédibles au profit de la jeunesse dans les régions

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Soumana Sako :  Pour  reconstruire l'économie malienne fortement ébranlée, je mettrais en place un programme de relance économique fondé sur l'approche chaîne de valeur et  articulé sur :

  1. 1. La création d'un environnement  propice aux  affaires à travers  la lutte contre la corruption, l'assainissement des finances publiques et la réduction de la taille et du train de vie de l'Etat, la mise en place d'une justice indépendante et la simplification des procédures pour la création des entreprises et la mise en place de moyens appropriés et adéquats de financement de l'économie, y compris en faveur des micro, petites et moyennes entreprises.
  2. 2.   La promotion de pôles de croissance et de développement sur la base des avantages comparatifs des différentes régions du pays ainsi que le renforcement de la solidarité nationale à travers la création de centres opérationnels de minimum vital et social (COMVS), la gratuité de l'eau et de l'électricité pour les plus pauvres.
  3. 3. La mise en ½uvre d'un programme d'investissement massif axé sur la réalisation des infrastructures de base (transport, eau, énergie et télécommunications), la modernisation de l'agriculture (intrants de qualité, systèmes d'irrigation, mécanisation, infrastructures post production, accès au marché, accès aux marchés, financement, etc),  le  développement industriel, portant prioritairement sur la valorisation et la transformation des produits  agricoles et miniers, la fabrication des principaux facteurs de production et de biens de consommation durable courante (intrants agricoles, textiles, oléagineux, ciment, fer, etc ) et l'artisanat industriel et la relance du tourisme..
  4. 4. La mise en ½uvre d'un programme de qualification professionnelle et d'amélioration de la  gouvernance des entreprises

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Soumana Sako :  Je propose un Plan Abdoulaye Singaré de sauvetage de l'Ecole malienne (PASSE) reposant sur une école obligatoire et gratuite jusqu'à la classe de 9è de la gratuité des fournitures scolaires au niveau de l'enseignement fondamental, l'enseignement technique et professionnels pour l'apprentissage des principaux métiers (agriculture, environnement, mines artisanat, BTP, mécanique générale, électronique, électricité, etc) sur l'enseignement supérieur, l'innovation technologique et l'articulation harmonieuse entre l'enseignement, la recherche et le développement. L'adéquation entre la formation et l'emploi sera recherchée  à travers une plus grande implication du secteur privé  dans la définition des programmes de formation et la mise en place d'un système permanent d'informations sur le marché du travail. La construction des infrastructures fonctionnelles, le recrutement d'enseignants qualifiés, la réduction de 50% du taux de déperdition scolaire jusqu'au niveau des lycées par la mise en place de programmes d'appui aux élèves en difficulté scolaire, y compris des  enfants des familles pauvres et des zones défavorisées, la  mise à niveau des universités et l'amélioration de leur gouvernance, la formation des enseignants et la valorisation de la fonction enseignante, l'introduction des TICS sont retenus comme des déterminants dans le sauvetage de l'Ecole malienne. La valorisation de l'excellence à l'école et en dehors de l'école, la lutte contre la corruption et la violence dans le domaine scolaire et universitaire, l'assainissement de l'environnement externe de l'Ecole, y compris la relance économique pour la création de débouchés et la moralisation de la vie publique contribueront à rendre les études et la réussite scolaire plus attrayantes et plus motivants pour les élèves et étudiants.

L'Essor: Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Soumana Sako : En plus de l'amélioration de l'accès géographique et économique à des services de santé de qualité et des services sociaux de base (COMVS), de la fin de l'impunité, de la restauration de l'autorité de l'Etat, je procéderai à  une révision des contrats miniers et de téléphonie mobile pour accroitre les moyens internes de financement de l'économie que nous voulons compétitive, diversifiée et résiliente aux chocs internes et externes, d'amélioration du cadre de vie et l'adaptation maitrisée de notre économie et de notre société au changement climatique et aux exigences de la mondialisation dans le respect strict de nos valeurs de société, la protection des droits et des intérêts de la diaspora malienne dans les pays d'accueil et la facilitation de leurs investissements ainsi que leur réinsertion au pays natal seront fortement soutenus.

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Cheick KeitaCheick Kéita 

Le président de l’Union pour la démocratie et l’alternance (UDA), Cheick Keïta, est né en 1955 à Kayes. Il a fait ses études primaires à l’école de Kayes Plateau. Après y avoir obtenu son DEF, il est envoyé à Bamako pour poursuivre ses études secondaires. Celles-ci seront sanctionnées par un baccalauréat en Lettres. 

Après ses études universitaires à Dakar, le candidat Cheick Keita fait ses premiers pas dans la Fonction publique malienne, dans l'administration des douanes avant d'aller parfaire ses connaissances à l’Ecole supérieure des douanes de Neuilly en France. Le président de l’UDA a gravi tous les échelons du corps de la douane. Il a dirigé de nombreux bureaux dont le bureau de Bamako principal, le bureau des régimes économiques et des exonérations douanières (801), le bureau des produits pétroliers. Il a également servi dans les directions régionales de Gao, Kidal, Tombouctou, Sikasso avant d'être nommé directeur régional de la douane de Sikasso. Cheick Keita a occupé le poste de directeur général des douanes pendant cinq ans, un record qu’aucun directeur n’a jamais atteint. Le président de l’UDA connaît très bien le Nord du Mali (Gao, Anefis, Aguelhok, Tessalit, Kidal).

Après de bons et loyaux services à la douane, ce cadre émérite est resté deux ans sans affectation, sans travail avant d’être nommé Délégué général à l’intégration africaine avec rang de secrétaire général au ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, fonction qu'il occupe encore aujourd'hui.

En tant Délégué général à l'intégration africaine, le candidat du l'Union pour la démocratie et l'alternance est l'un de ces fonctionnaires maliens qui connaît le mieux la situation sociale, politique et économique des pays de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Mordu de football, Cheick Kéita aime aussi la lecture et la musique. Il est marié et père de 7 enfants.

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L'Essor : Monsieur Cheick Keïta, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Cheick Keïta : Les réalités d’un monde multipolaire, la contestation des fonctions régaliennes de l’Etat ajoutées aux enjeux énergétiques de notre pays, soulèvent des interrogations et nous commandent de redéfinir une doctrine claire et adaptée aux nouvelles menaces, une restructuration profonde de nos forces armées et de sécurité.

La première chose à faire  est donc de s'attaquer aux questions de défense et de  sécurité sur la base d'une politique cohérente dans ses objectifs et dans sa durée.

Ainsi il faut  faire un état des lieux de nos forces armées et de sécurité sans complaisance et corriger l’édifice de notre système de défense en y injectant des moyens plus adaptés  pour contrer les nouvelles formes de menaces qui seraient par exemple :

Des menaces politiques et syndicales notamment d'ordre insurrectionnel et liés aux pogroms et autres contestations de toute nature. Elles feront  l'objet d'études approfondies au niveau ministères en charge des forces de sécurité (Gendarmerie, Garde nationale et Police).

Des menaces économiques et culturelles  dont les menaces de sanctions, embargos et suspension ou annulation de formes d'aide, destruction et pillages des patrimoines culturels. Elles seront étudiées par  les ministères en charge de l'économie,  celui  des Affaires Étrangères et  le ministère chargé de la Culture.

Des menaces structurelles parmi lesquelles la multiplicité du commandement (ingérences politiques au plus haut niveau dans la gestion des armées), la rupture de la chaine logistique (par exemple les difficultés de ravitaillement des troupes à Aguelhok et à Tessalit) les critères de recrutement, la formation, le respect strict du plan de carrière et la restauration de la hiérarchie seront étudiées et des solutions seront proposées.

Si nous mettons l'accent sur les menaces militaires potentielles, cela nous permettra d'organiser et de restructurer de nos forces armées et de sécurité et de savoir  les faiblesses de notre système de défense actuel, les types de conflits dont nos forces armées auront à faire face dans les cinq (5) ans à venir, les sources de ces attaques et les rapports de forces et enfin la doctrine dont l'ennemi potentiel dispose pour nous attaquer. Cela suppose que nous renforcions l’instruction et la formation à donner aux hommes, aux sous-officiers et aux officiers sur une base permanente.

Mon action consistera aussi  à révolutionner les relations entre le pouvoir et ses Services Secrets,  et bien sûr retisser le lien Armée-Nation, en soulignant le rôle des Armées dans la promotion sociale aussi bien que dans la sécurité civile en cas de crise et en nouant un dialogue constructif avec les anciens combattants et les associations patriotiques.

Enfin, il me semble essentiel de bâtir une politique commune de la défense en Afrique de l'Ouest, pour que nous soyons capables de nous défendre ensemble.

L'Essor: Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Cheick Keïta : Sur le plan économique, il s'agira d'assainir l'environnement fiscal, réglementaire et institutionnel pour encourager l'investissement (code du commerce, code des investissements, code du travail, code de douanes, code des impôts) ;

Je m'investirai pour l'aménagement des zones industrielles et des zones franches, la déconcentration de leurs  pour absorber et   transformer les matières premières disponibles localement (peaux, cuirs, viande, fruits, légumes etc.). Nous allons développer et diversifier la base industrielle pour relever la part de l'industrie dans le produit intérieur brut à 25% et réaliser la croissance de 7 à 10% ;

L'Essor: L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Cheick Keïta : Concernant l'Education, notre école fut longtemps notre fierté. Elle poursuivait des ambitions généreuses et savait tenir ses promesses. Aux catégories populaires, elle offrait la possibilité d'une ascension sociale ; à tous, elle dispensait des savoirs de base leur permettant de s'insérer dans la société.

Depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs se sont détournés de cette politique en ne donnant pas les moyens nécessaires à l'Ecole publique tout faisant la part belle à l'enseignement privé. Je veux donner à l'école publique sa lettre de noblesse comme celle qui a prévalu avec la réforme de 1962.

L'Essor: Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Cheick Keïta : En matière de développement durable, je vais travailler pour une agriculture durable basée sur une production agricole diversifiée, tout en sauvegardant le potentiel des ressources naturelles.

Enfin au plan  social  j'½uvrerai  particulièrement pour :

L'accès à l'instruction

L'accès a l'eau potable

L'accès à l'électricité

Le développement des NTIC

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Hamed sowAhmed Sow

Ahmed Sow est le président du tout nouveau parti, le Rassemblement travailliste pour le développement (RTD). Ancien ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Eau, il est âgé de 54 ans. Diplômé de l’Institut national des sciences et techniques nucléaires Saclay en France depuis 1983, il est aussi titulaire d'un doctorat en économie de la production à l’université de Paris IX/Dauphine avec mention très bien.

Le candidat Ahmed Sow a travaillé au Centre pour le développement de l’entreprise (CDE-institution du groupe des États ACP-UE). Au sein de cet organisme, il fut successivement responsable géographique pour l’Afrique de l’ouest puis coordinateur régional pour l’Afrique centrale (1992-1997) et chef de division des services techniques et du réseau UE (1998-1999) puis chef de division des projets et du réseau ACP avant d’être directeur.

Ahmed Sow a été économiste senior au cabinet SEED (France) de 1986 à 1992. Il sera, à ce niveau, conseiller technique principal du projet « Énergie II », financé par la Banque mondiale au Niger (1989-1992) et expert rattaché auprès de la Commission européenne (DG VIII/B5) de 1986 à 1989. Il était préalablement économiste conseil dans le groupe SEMA-METRA en France (1983-1985). Ahmed Sow est l’auteur de publications se rapportant à la problématique de l’énergie. Il est marié et père de 3 enfants.

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L'Essor : Monsieur Hamed Sow vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Hamed Sow :  A la demande des militants du RTD, j'ai accepté de me présenter à la prochaine élection présidentielle pour conduire le Changement dans la gouvernance de notre pays. La déroute de nos forces de sécurité et de défense face aux groupes terroristes et de narcotrafiquants trouve sa racine profonde dans la mauvaise gouvernance de notre pays. C'est pour cela qu'il faut s'attaquer avant tout au changement de gouvernance. A cet effet, je veux  trouver des hommes et des femmes compétents pour leur confier les postes de responsabilités. J'ouvrirai à la compétition tous les postes-clés, afin de pouvoir trouver les meilleurs cadres aptes à gérer les biens publics. J'augmenterai les salaires pour lutter contre la corruption. Concomitamment à l'instauration d'une nouvelle gouvernance, j'engagerai des négociations avec les communautés du Nord en vue d'une paix durable et définitive. Ces pourparlers seront entamés dans l'esprit et en conformité avec le préambule et les 25 articles de l'Accord de Ouagadougou. Qui veut consolider la paix entre les Maliens, prépare la guerre notamment contre les groupes extrémistes et les narcotrafiquants. A cet effet, il nous faut une armée républicaine, restructurée, bien entraînée et bien équipée. C'est dans cet esprit que je renforcerai les moyens de nos forces armées et de sécurité et j'améliorerai les conditions de vie des hommes.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Hamed Sow :  Si la crise politico-sécuritaire est en voie de règlement, le Mali reste confronté à d'autres graves problèmes. Le 1er est d'ordre alimentaire. Nous sommes actuellement 15,3 millions de Maliens. Comment nourrir toutes ces populations avec un système agricole où les 2/3 des paysans utilisent encore la houe ? Le 2éme problème porte sur le chômage et le sous-emploi. Face à une croissance démographique forte et une croissance urbaine galopante comment trouver du travail pour des milliers et des milliers de demandeurs avec un système économique extraverti, très peu créateur d'emplois. 3éme problème : la jeunesse. 80 % sont dans un système scolaire sans réel débouché d'emploi ou sont déjà des jeunes diplômés sans emploi. Notre pays compte aujourd'hui plus de 125.000 jeunes diplômés sans emploi, dont notre système d'enseignement supérieur inadapté augmente chaque année le nombre de l'ordre de 10.000 chômeurs.  Pour faire face à ces trois dangers, il faudrait intensifier les productions, améliorer la productivité des exploitations du secteur primaire, chercher et exploiter les ressources minières, transformer sur place en grande partie les produits primaires, multiplier l'offre d'énergie, développer les infrastructures, promouvoir les services. Je veux produire, créer de la richesse et des emplois et ensuite utiliser les fruits de la croissance pour développer les secteurs sociaux.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Hamed Sow :   S'agissant de l'école, Il faut absolument procéder à sa refondation complète. Le problème fondamental de l'éducation au Mali demeure dans la qualité de la formation et surtout l'inadéquation entre les filières de formation et les besoins de l'économie nationale. Nos établissements d'enseignement supérieur mettent sur le marché de l'emploi chaque année de l'ordre d'une dizaine de milliers de jeunes diplômés. La fonction publique en recrute moins de 300 par an et les entreprises privées beaucoup moins, faute parfois de niveau de qualification requise. Pour faire face à cette grave situation, je compte prendre deux mesures essentielles :

(i) d'abord développer l'enseignement technique et professionnel, – (ii) ensuite lancer un ambitieux programme de formation professionnelle pour donner une seconde chance à tous les jeunes diplômés sans emploi. Dans mon prochain gouvernement, je créerai un poste de ministre de la Jeunesse et de l'Emploi qui aura pour fonction essentielle de s'attaquer aux problèmes de l'emploi des jeunes.

L'Essor: Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Hamed Sow :   Au titre des autres priorités, je compte d'abord mettre en ½uvre une politique de santé  pour tous. A cet effet, je veux mettre de l'eau saine à la disposition des 35% de Maliens qui n'y ont pas encore accès. Toutes les localités (y compris les 12.000 villages) du pays, seront dotées d'au moins un point d'eau saine. Je compte doter le pays de 1500 centres de santé supplémentaires d'ici 5 ans. Les programmes de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le sida seront amplifiés. J'ouvrirai le débat sur l'assurance maladie pour tous et organiserai le dialogue sur la question.

Enfin, je compte développer une politique de préservation de l'environnement. Dans ce cadre, la lutte contre l'ensablement du fleuve Niger sera une priorité. Par ailleurs, je prendrai des mesures draconiennes pour préserver  l'environnement, etc.

 

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Sibiri-coumaré-208x300Sibiry Coumaré

Sibiry Coumaré fils de N'Golo Coumaré et de Mariam Ouattara est né à Kirango Markala dans la région de Ségou dans une famille modeste de neuf enfants. D'un père paysan et ouvrier qualifié aux AMC de Markala et d'une mère ménagère qui faisait en même temps de l'élevage. Sibriry Coumaré va porter les couleurs du parti SIRA à l'élection présidentielle du 28 juillet prochain.

Après les études primaires à l'école fondamentale de Kirango, le candidat du parti SIRA, Sibiry Coumaré entre au lycée de Markala où il obtint le baccalauréat qui le conduit à l'Ecole nationale d'ingénieur (ENI). Après ses études supérieures, Sibiry Coumaré devient conducteur des travaux dans une entreprise familiale (GEC) de 1998 à de 2001 date à laquelle le candidat du parti SIRA entre à l'Agence d'exécution à haute intensité de main d'½uvre (AGETIPE) où il est depuis chef de projets.

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L'Essor : Monsieur Sibiry Coumaré, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Sibiry Coumaré : La mauvaise gouvernance est pour la quasi-totalité des maliens la cause de la double crise socio politique que vit notre pays.

Pour nous la source de tous ces problèmes est l'abandon de nos valeurs éducationnelles. L'erreur que nous avons commise au moment  de l'avènement de l'école a été de confondre l'enseignement et l'éducation. Nous savons tous que le volet éducation ne fait plus parti du programme scolaire ; seul l'enseignement y est dispensé. Les produits de ce système sont des intellectuels qui par définition sont des Hommes dont les têtes sont remplies de connaissances théoriques telles que les mathématique, la physique et la chimie, l'économie, le  droit, l'ingénierie etc... mais qui hélas ne sont pas des sciences qui permettent de gouverner. En combinant l'éducation et l'enseignement nous obtenons comme produits finis des Hommes instruits dotés de valeurs morales et qui en conséquence auront une même vision pour le pays. Un tel changement peut durer quarante ans. Cela en référence à l'Exode des juifs pour épurer ce peuple qui avait subi l'esclavage en Egypte. La chine et l'Inde ont subit la même métamorphose après leurs colonisations pour enfin émerger au firmament. Nous nous appuierons sur la culture malienne pour aboutir au même résultat et faire du Mali un pays émergeant.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Sibiry Coumaré : Notre économie a toujours été dans un état lamentable, un pays qui a toujours eu besoin des compléments budgétaires. Autant  nous devons refonder la nation malienne autant nous refonderons notre économie. Notre pays est riche mais les richesses sont mal exploitées et mal gérées. Pour relancer notre économie nous devons:

  • -        faire de notre pays une puissance agricole en faisant de nouveaux aménagements, en introduisant de nouvelles semences et en passant à la mécanisation, valoriser et diversifier les produits de notre élevage;
  • -        chercher à rehausser les revenus de l'exploitation de nos ressources minières ;
  • -        développer notre secteur touristique
  • -        Nous devons maitriser les coûts d'exploitation énergétique en nous tournant vers les énergies renouvelables (hydroélectrique, photovoltaïques et éoliennes) ;

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Sibiry Coumaré : Nous allons amener dans ce domaine un vaste changement car l'avenir de la nation en dépend. Pour cela nous allons :

  • -        Entreprendre des concertations pour pouvoir adapter le système éducatif  à nos réalités.
  • -        Valoriser la fonction enseignant car les hommes et les femmes qui travaillent dans ce secteur doivent être considérés comme le socle de l'avenir de la nation. Pour cela ils méritent de travailler et de vivre dans les meilleures conditions ;
  • -        Construire et équiper de nouvelles infrastructures scolaires et universitaires (des nouvelles salles de classes, de nouvelles bibliothèques, de nouveaux laboratoires, des nouveaux amphithéâtres et de nouvelles cités universitaires dotées de réfectoires et d'infirmeries) ;
  • -        Revoir les conditions d'attribution des bourses, des trousseaux et leur délai de mise en place ;
  • -        Faciliter les conditions d'inscription des étudiants dans les différentes facultés,

Procéder à la décentralisation des universités sur toute l'étendue du territoire national.

L'Essor : Au cas où les maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Sibiry Coumaré : les autres priorités sont, entre autres :

  • -        La santé : le paludisme qui dévient un fléau n'est liée qu'à l'insalubrité  mais fait plus de victime que les guerres ;
  • -        La sécurité, socle de tout développement est mise à rude épreuve. Il faut reformer l'armée en la dotant de moyens adéquats pour qu'elle  puisse faire face à sa mission régalienne.
  • -        L'éducation à la citoyenneté qui aboutira à la formation d'un malien de type nouveau : honnête, intègre et patriote

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Oumar I TouréOumar Ibrahim Touré

Entre l'enseignement et la politique, il n'y a certainement pas de frontière et le cas de Oumar Ibrahim Touré le confirme. Né le 17 juillet 1957 à Goundam. Il fréquenta l'école fondamentale de cette localité jusqu'à l'obtention du diplôme d'Etudes fondamentale, avant de continuer ses études au lycée franco-arabe de Tombouctou où il obtient son bac, série Philosophie langues en 1978. Oumar Ibrahim Touré entrera ainsi à l'Ecole Normale Supérieur (ENSUP). Il en sortira avec une maitrise en histoire et géographie en 1984. A sa sortie, le jeune Touré est professeur d'histoire et géographie à l'Ecole normale secondaire de Badalabougou puis à San où est il désigné responsable du comité d'animation pédagogique d'histoire et géographie. En 1997, il devient membre du comité technique chargé de la mise en ½uvre du programme du Nord de mise en ½uvre du Pacte national, puis membre du comité technique paritaire de suivi financier (PRMC) dont il devient le chef de file. En 1991, après un changement de corps, Oumar Ibrahim devient administrateur civil et il exerce entre 1992 et 2002 comme le chef de la Division actions d’urgence et réhabilitation des zones à risque. En octobre 2002, il est nommé ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, chargé de la Sécurité alimentaire avant d'être promu en mai 2004, ministre de l'Elevage et de la Pêche jusqu'en 2007 date à laquelle il hérite du porte feuille de la santé. Le 5 décembre 2010 Oumar Ibrahim Touré, a démissionné de ses fonctions « afin de se mettre à la disposition de la mission d’enquête concernant le détournement présumé de fonds mondial pour la lutte contre le paludisme et le Sida au Mali ».

Militant à l’ADEMA-PASJ, il rejoint ensuite l’Union pour la république et la démocratie (URD) où il occupait depuis 2003 le poste de deuxième vice-président. L'ancien ministre de la Santé démissionnera aussi de l'Urd pour mettre en orbite l'Alliance pour la démocratie et la république (APR). C'est désormais sous les couleurs de l'APR que Oumar Ibrahim Touré est engagé dans la course pour Koulouba. Il est passionné de sport, voyage et lecture. Il parle Sonrai, Bambara, français, arabe et anglais. Oumar Ibrahim est marié et père de 7 enfants.

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L'Essor: Monsieur Oumar Ibrahima Touré, vous êtes candidat à l'élection présidentielle qui intervient dans un contexte particulier. L'occupation de la moitié nord du pays a fait planer le risque d'une implosion de la Nation. Si vous êtes élu, que comptez-vous faire pour qu'une telle situation ne se reproduise plus ?

Monsieur Oumar Ibrahima Touré : La guerre imposée au Mali à partir de janvier 2012 par les forces obscurantistes de tous acabits a mis a nu les carences sécuritaires latentes de notre état et son impuissance à faire face à ses obligations de défense de l'intégrité territoriale.

Nous sommes respectueux de la loi fondamentale qui stipule à son article 22 que la défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen. Dans cette logique nous créerons une synergie d'action entre toutes les parties prenantes des questions de défense et de sécurité pour bâtir une armée bien formée, équipée, disciplinée, respectueuse des valeurs républicaines réconciliée avec elle-même et son peuple.

Une armée qui sera mise au niveau requis des armées onusiennes. Dans ce cadre nous créerons des centres intégrés de gestion de la sécurité. Ces centres inclusifs travailleront à dégager des axes prioritaires du binôme sécurité/développement pour le Mali. Notre armée sera déployée sur l'ensemble du territoire et à tous les postes frontières.

L'Essor : Avec la double crise institutionnelle et sécuritaire, l'économie nationale s'est retrouvée au bord de l'asphyxie. Quel projet portez-vous pour la redresser ?

Monsieur Oumar Ibrahima Touré : Le Mali, notre pays est connu comme étant un pays dont l'économie repose essentiellement sur le secteur primaire qui contribue pour 45% à la constitution du Produit intérieur brut. C'est ce secteur qui est le plus touché. C'est vrai que beaucoup d'efforts ont été faits dans le sens de le dynamiser. Malgré ces initiatives, le secteur privé reste confronté toujours à d'énormes difficultés. Face à ce constat, notre vision consistera à apporter des réponses claires et des plus appropriées aux différents problèmes ainsi posés.

Nous proposons pour le secteur privé la création d'une banque des PME-PMI et renforcées dans la même lignée les fonds de garantie existants (FARE, FNEJ) ou en gestation (Fonds de garantie du secteur privé). Aussi, des dispositions seront prises pour revoir à la baisse la fiscalité des entreprises.

Pour ce qui est de la baisse du taux des entreprises évoluant dans le secteur non structuré, une autonomie aux structures faitières (APCAM, APCMM) pour qu'une distinction claire et notable entre les commerçants, les artisans et les agriculteurs.

Les démarches administratives pour l'obtention d'agrément (clinique, pharmacie, école) seront allégées.

Le développement du monde rural passera par la création des conditions d'une accessibilité de ces zones par un fort investissement dans les infrastructures routières et énergétiques.

L'Essor : L'école qui est l'avenir d'une nation se trouve depuis des années dans un état de déliquescence très critique. Quelles nouvelles politiques proposez-vous pour qu'elle retrouve le chemin normal ?

Monsieur Oumar Ibrahima Touré : C'est vrai que notre école est l'un des secteurs le plus malade de notre pays. Avec la crise que nous avons traversée elle est devenue carrément méconnaissable.

Nous nous imposons pour les 5 prochaines années : l'enseignement secondaire général, nous mettrons l'accent sur le renforcement des capacités des enseignants et les mécanisme de contrôle de l'état sur les établissements privés.

L'enseignement supérieur est une grande priorité pour nous, nous redéfinirons l'architecture des filières de formation conformément a la reforme LMD (Licence, Master, Doctorat), mettrons en place des mesures incitatives en faveur du secteur prive d'enseignement supérieur, définirons et mettrons en ½uvre une politique d'enseignement a distance, mettrons en place un outil de suivi de l'insertion des diplômés et mettrons en place un système d'information et de gestion.

L'Essor : Au cas où les Maliens vous accordaient leur confiance, quelle autre priorité vous tient à c½ur ?

Monsieur Oumar Ibrahima Touré : Si les maliens m'accordaient leur confiance en plus de l'école, l'économie et la sécurité. Je pense urgemment à la santé qui doit être accessible à tous les fils de ce pays. L’eau potable, une justice équitable. L'une de mes priorités sera également l'emploi des jeunes. Aussi j'envisage le toilettage de nos textes notamment la constitution, il faut dépénaliser les délits de presse pour garantir notre démocratie et pour ce qui est de l'aide publique à la presse je vais l'indexer sur le budget national. Je veux une politique culturelle viable pour permettre aux acteurs de vivre de leur art. Vive un Mali par tous et pour Tous .je vous remercie.

racine thiamRacine Thiam

Né à Bamako le 24 septembre 1975, Racine Thiam a fréquenté le Jardin d'enfant de l'Office des postes et télécommunications (OPT). Puis il poursuivra ses études primaires à l'école fondamentale de Badalabougou, aujourd'hui dénommée Mamadou Goundo Simaga. Il a obtenu un baccalauréat en sciences humaines au collège Cheikh Anta Diop avec mention en 1997. Apres un DUT en marketing management à l'IUG en 2000et une expérience professionnelle, Racine Seydou Thiam s'inscrit à l’Institut international de management du Conservatoire national des arts et métiers d'Orléans en France. Suite à l’obtention de son diplôme, Racine Thiam intègre l'équipe de vente de la Malienne de l'Automobile avant de se voir proposer le poste de chef d'agence de MaliVision à Ségou et Sikasso cumulativement.

Il travaille ensuite en France au cabinet Nizon Consulting à Angers où il s'occupait de la conception des modules de formation puis il devient de 2003 à 2006, chef de produit télémarketing TELOG France. De fin 2006 à 2008, il est le directeur adjoint Marketing & communication de la BDM-SA. De 2008 à 2013, il sera tour à tour chef de division communication puis directeur de la communication et des relations extérieures d'Orange Mali.

Parallèlement, Racine Thiam est consultant international en marketing et communication et promoteur du groupe ISC Business School comprenant l'Institut supérieur de commerce Business School et Global Initiativ Consult.

Racine Thiam a fait son apprentissage en politique juste avant l'avènement de la démocratie au Mali. Le candidat a occupé, à l'Association des élèves et étudiants du Mali, les postes de secrétaire à l'information, secrétaire général de l'IUG puis membre du bureau de coordination et président du présidium du congrès en 2000. Après son retour de France, il porta sur les fonts baptismaux la Boussole, un cercle de réflexion pour proposer des solutions inédites aux maux de la Nation. Il est ensuite l'instigateur, avec d'autres camarades, de l'association « Rassemblement pour les actions concrètes » dont il est le président.

Yeah-Samaké-199x300Niankoro Yéah Samaké 

Né le 27 février 1969 à Ouéléssebougou, Niankoro, Yéah Samaké fréquenta l'école fondamentale de son village natal avant de continuer ses études au Lycée Prosper Kamara où il obtient son bac, série lettre en 1991. Quatre ans plus tard il obtient sa maitrise en anglais à l'Ecole normale supérieure (ENSUP). Le jeune Yéah Samaké retourna au village pour un stage de perfectionnement au Projet Utah-Alliance. Ce projet de l’État d’Utah des Etats-Unis opère dans le domaine de l'éducation à Ouéléssébougou depuis 1985. Il est embauché en qualité d'assistant de recherche. Yéah Samaké reçut au sein de ce projet une bourse d'études pour Brigham Young university (Provo, Utah, Etats-Unis).

Dans le pays de l’oncle Sam, il obtint un master en politique publique. Après les études, il décide de s'installer à Salt Lake City et crée avec d'autres étudiants américains de Brigham Young University, une Ong dénommée «Mali Rising Foundation». Cette Ong a pour l'objectif de promouvoir la scolarisation dans les zones rurales du Mali. Ainsi, elle s'est investie dans la construction d'écoles dans l'arrondissement de Ouéléssebougou. C'est à travers cette Ong que le jeune Yéah Samaké s’est fait une popularité dans le  Djitoumou.

Militant du Parti malien pour le progrès social (PMPS Ciwara Ton) de Moriba Samaké, qui s'est fondu en 2008 dans l'Union pour la République et la démocratie (URD), Yéah Samaké se retrouve dans la section URD de Ouéléssebougou. Lors des élections communales de 2009, l'URD, bien implantée dans la commune, devrait affronter l’Adema-Pasj. Plébiscité par la jeunesse de la commune et soutenu par les familles fondatrices du village, il est élu par une écrasante majorité.

Très ambitieux, le jeune maire de Ouéléssebougou fut promu en décembre 2009, 1er vice-président de l'Association des municipalités du Mali. Il a publiquement annoncé le 15 juillet dernier sa candidature à l'élection présidentielle de 2012 à la surprise générale des militants du parti qui ont désigné Soumaïla Cissé comme candidat à la présidentielle. Pour se donner les moyens de son ambition,Yéah Samaké crée le Parti pour l'action civique et patriotique (PACP). Il justifie sa candidature en ces termes «j'ai des ambitions pour mon pays et c'est en briguant la magistrature suprême que je peux les réaliser».

Marié et père de deux enfants, Niankoro Yeah Samaké aime la lecture et le sport

Koninba-Sidibé-221x300Konimba Sidibé

Né le 18 octobre 1956 à N'Djiballa, dans le cercle de Dioïla, Konimba Sidibé entame les études primaires dans cette localité. En1972, il quitte Dioïla pour poursuivre les études secondaires au Lycée technique de Bamako.

Après sa brillante réussite au baccalauréat, le jeune Konimba s'envolera pour la France en 1975 pour suivre des études supérieures à l'Université de Paris I « Panthéon Sorbonne », et à l'Ecole normale supérieure technique de Cachan, aux portes de Paris. Ici, Konimba décroche l'agrégation en économie en 1981 et le doctorat en économie du développement en 1985. C'est là que l'enfant de Dioïla fut véritablement atteint du virus de la chose politique en s'investissant à fond dans le mouvement syndical des étudiants. Il militera au sein de l'incontournable et toute puissante Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF)

De retour au bercail en 1985, il poursuit la lutte contre le régime du président Moussa Traoré. Le 18 octobre 1990, Konimba et d'autres camarades de lutte créèrent le Comité national d'initiative démocratique (CNID), qui se muera plus tard en parti politique (CNID Faso Yiriwa Ton). Participant à l'historique Conférence nationale, Konimba attire l'attention grâce à dénonciation de la gabegie et de la corruption qui caractérisaient alors la conduite des affaires publiques. De 1991à 1992 il est nommé à la tête du ministère chargé du Contrôle général de l'État.

En 1995 Konimba Sidibé et d'autres compagnons de lutte, quittent le CNID pour fonder le Parti pour la renaissance nationale (Parena). Un an auparavant, il avait créé son cabinet d'expert et de consultant économique et financier « Koni Expertise. Avec le Parena, il est élu député en 2007 dans la circonscription de Dioïla.

À la faveur de la grave crise politico-sécuritaire qui agite le Mali depuis janvier 2012, Konimba Sidibé et certains proches, décidèrent d'investir le champ de la Société civile, avec la création de l'association « Djoyoro Fa ». En avril 2013, il rompt avec le Parena et crée le Mouvement pour un destin commun (MODEC). C'est sous les couleurs du Modec que l'enfant de Dioïla se lance dans la course pour Koulouba.

Konimba Sidibé enseigne dans divers établissements d'enseignement supérieur maliens depuis 1985. Il parle Bambara, Français et Anglais. Konimba Sidibé est passionné de danse, de musique, de cinéma, grand lecteur, il pratique aussi divers sports, comme le basket, les arts martiaux. Il est marié et père de 5 enfants.

Ousmane Ben Fana TraoréOusmane Ben Fana Traoré

Le candidat du Parti citoyen pour le renouveau (PCR) est un économiste titulaire du diplôme de l'Ecole nationale d'administration (ENA) du Mali en 1992. Agé de 46 ans, Ousmane Ben Fana Traoré a mené ses premiers combats politiques au sein de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui ferraillait à l'époque contre le régime de Moussa Traoré.

Ousmane Ben Fana Traoré a aussi travaillé dans le domaine de l'humanitaire. Il a contribué au côté de l'ancien président de la République Amadou Toumani Touré à la conception et la mise en ½uvre de la Fondation pour l'enfance. Toujours avec Amadou Toumani Touré, il a participé aussi à la lutte contre la poliomyélite et le vers de Guinée, avec l'appui de l'ancien président américain Jimmy Carter. Ousmane Ben Fana Traoré fut ensuite le président fondateur de l'organisation non gouvernementale ENVARTS-SOS Déshérité International.

Ces expériences lui permirent de se rapprocher de la couche la plus pauvre des Maliens et de s'imprégner des problèmes comme le chômage massif         des         jeunes,         l'insuffisance des infrastructures sanitaires, l'insécurité alimentaire, la faiblesse des structures éducatives.

Fonctionnaire de l'Etat, il a intégré le ministère des Affaires étrangères en 2004 à la direction de la coopération internationale. Il est devenu ensuite successivement chargé de mission et conseiller à la présidence de la République du Mali dans la Cellule politique et gouvernance, puis dans la Cellule chargée des questions administratives, juridiques et judiciaires.

Pour avoir servi longtemps dans les hautes sphères de l'Etat, Ousmane Ben Fana Traoré a acquis la conviction qu'il faut un changement dans la gouvernance de notre pays. C'est pourquoi il s'est inscrit dans une dynamique de réinvention de l'action politique qui l'a amené à créer en en juillet 2005 avec plusieurs compagnons, le Parti citoyen pour le renouveau (PCR). Ce parti ambitionne de faire une rupture avec la politique politicienne gangrenée par la corruption et le népotisme.

L'essor

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