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28 juillet 2013 : Journée du Refus

Malgré le désaveu du Sénat par la majorité des burkinabè, le pouvoir de la 4ème république s'entête à sa mise en place. Ce sénat que le peuple a jugé inopportun, inutile, scélérat et de surcroit budgétivore et gabegique.

Pour justifier cette forfaiture, des arguments aussi fallacieux qu'incohérents ont été avancés par le CDP, assisté d'une horde de mendiants de postes de sénateurs. En fait d'arguments, il est fait cas entre autres du renforcement de la démocratie, de la représentativité de couches, du respect de la Constitution, de la mise en ½uvre de recommandations du CCRP...Qu'en est -il en réalité ?

I. Des recommandations du CCRP et du respect de la Constitution

Il est vrai qu'en 2011, il a été mis en place un CCRP pour, soit dit-on réfléchir et proposer des réformes politiques. Ce sont des choses qui peuvent arriver. Mais rappelons qu'en fait de réformes politiques, en 2009, l'Assemblée nationale avait eu toute latitude pour proposer et voter des réformes. Qu'avaient-ils donc manqué de réformer, les députés et qu'il fallait rattraper au CCRP ?

Toujours est-il que ces concertations se sont tenues sans une partie du peuple, notamment l'opposition et plusieurs corporations socioprofessionnelles. A l'époque, au lieu de chercher à concilier les positions, le Ministre en charge des réformes avait préféré le bricolage, la fuite en avant sinon le remplissage. Et le résultat fut qu'à la grande surprise de tous, des partis non affiliés au CFOP, donc non membres de l'opposition se sont retrouvés là-bas au nom de celle-ci. (Et pourtant la loi sur le statut de l'opposition est claire !). Il s'agissait visiblement d'une usurpation de titre et qui se devait d'être sanctionnée comme telle, mais dans une république de juges acquis, on a trouvé le moyen de débouter le CFOP sous prétexte qu'il n'a pas intérêt à agir. Et aujourd'hui on s'étonne que l'opposition ne se sente pas concernée par le Sénat que l'on dit issu des résolutions de ce CCRP. Allez y comprendre !

Mais, ce qui est le plus grave avec ceux qui défendent l'idée du Sénat, c'est toute cette incohérence dans les propos que l'on ne cesse de nous servir. Et les honnêtes citoyens de conclure que même si ces gens (CDP et affidés) raisonnent encore, ils ne sont plus cohérents. Prenons juste un exemple.

Il avait été dit que les « recommandations consensuelles » du CCRP allaient être mises en ½uvre et, que celles pour lesquelles il n'y avait pas de consensus, les choses allaient rester en l'état. Cette logique conduirait à la mise en place du Sénat, mais par contre, l'article 37 de la Constitution (qui n'a pas fait l'objet de consensus) resterait comme tel. Aujourd'hui, le CDP brandit les résolutions dites consensuelles du CCRP pour mettre en place le Sénat, alors qu'en ce qui concerne l'article 37, c'est le contraire des recommandations et c'est surtout le contraire des dispositions constitutionnelles qu'il veut imposer à notre peuple.

C'est ce qui nous conforte dans notre position que toutes ces man½uvres n'avaient d'autres visées que la modification de l'article 37. Et c'est du reste sans surprise que le Chef de l'Etat à l'issue des travaux du CCRP avait invité à continuer la réflexion, car en réalité ses "oreilles n'avaient pas entendu ce qu'il voulait entendre ».

II. Du renforcement de la démocratie et de la représentativité de certaines couches

Nous sommes étonnés que le pouvoir se rende subitement compte du mauvais visage de notre démocratie au point qu'une 2ème chambre viendrait à la parfaire. Les mêmes qui appellent de tous leurs v½ux le Sénat, sont ceux la même qui nous ont toujours clamé l'exemplarité de notre démocratie et de nos institutions. Personne ne se rappelle qu'on ait mis en cause l'Assemblée nationale parce qu'elle était inopérante ou incompétente. Le seul reproche qui est fait à cette institution, c'est son caractère budgétivore. Et si tel était le cas, la meilleure formule serait de renforcer sa capacité en adjoignant aux groupes parlementaires les compétences nécessaires, surtout en expériences diverses.

Du reste, le renforcement de la démocratie, ce n'est pas une question de nombre de chambres. Notre parlement aura beau être composé de 2 voire 3 chambres, cela ne changera rien, tant qu'il n'y a pas une volonté de jouer conséquemment le jeu démocratique, tant que 90% des électeurs voteront sans savoir pour quoi, tant que des maires se promèneront le jour des élections avec des bulletins pré-paraphés, tant que de hautes autorités produisent du faux pour valider leur candidature, tant qu'une poigné de riz gras peut influencer le choix d'un électeur...

Enfin, en manque d'argument, le CDP ne trouve rien d'autre à dire que de clamer qu'il s'agit de représenter certaines couches afin que leur préoccupations soient mieux prises en compte. Tiens !

Ainsi nos honorable députés ne sont pas assez patriotes et dotés de sens de discernement pour défendre les intérêts de chaque burkinabè sans distinction ? Or ce que nous savons, c'est qu'un député est un élu de la République. Si le CDP en manque dans ses rangs, on a vu des députés interpeller le gouvernement sur des problèmes de la diaspora, des opérateurs économiques, des étudiants...

Et s'agissant des couches à représenter, voyez vous-mêmes :

- Les collectivités territoriales : il existe déjà l'AMBF (Association des Municipalités du Burkina Faso), cadre par excellence des Maires, qui est à notre avis plus indiquée et avisée pour recenser et soumettre ses préoccupation à l'Assemblée nationale. D'ailleurs il ya des maires à l'AN capables de bien traduire ces préoccupations ; mieux, il ya un cadre de concertations entre les Maires et les Députés. Si ces cadres de concertations ne peuvent pas régler les problèmes des collectivités, on imagine mal comment 39 conseillers bombardés sénateurs feront du coup l'affaire, comme s'il s'agissait de réaliser un miracle.

- Le patronat : il existe un cadre déjà qui est la rencontre gouvernement-secteur privé. A travers ce cadre, la plupart des préoccupations de ce patronat sont prises en compte. Du reste, certains membres du patronat sont des députés.

- La chefferie coutumière : les rois et chefs peuvent être consultés à tout moment. Ils font la politique et d'ailleurs ils sont au moins quatre à l'Assemblée nationale. En terme de représentativité cela fait 3,10% de l'Assemblée Nationale. C'est énorme car cela supposerait qu'ils sont au moins 441000 au Burkina !

Du reste si c'est juste pour 4 places au Sénat, il ya déjà au moins 4 chefs coutumiers à l'Assemblée nationale et rien ne les empêche d'être opérationnels. Si des élus ne le sont pas, ce ne sont pas des gens qu'on va "trier" par affinité qui le seront. Le Conseil Economique et Social est là pour nous rappeler que les élus ont plus le devoir et la conscience du compte-rendu.

- La diaspora : d'abord en ce qui la concerne, il n'y a que 4 représentants. Or au bas mot, il ya près de 14 000 000 de nos compatriotes qui sont à l'extérieur. Aussi, il est évident que les problèmes des burkinabè de New York sont différents de ceux de Niamey, Bouaké... C'est une représentativité inutile, infime et inefficace. La logique aurait voulu au moins un représentant par pays, du fait que les problèmes diffèrent d'un pays à l'autre. Pour ce qui les concerne, ils sont déjà en association et nous avons des consulats et des ambassades qui sont là pour eux aussi justement. Ou bien veut-on nous dire que les ambassades ne sont pas à mesure de traduire les besoins des burkinabé de l'extérieur et de les résoudre. Si tel est le cas, il faut révoquer ces ambassadeurs incapables. Aussi faut-il rappeler que les ambassadeurs organisent une fois par an une rencontre pour justement parler diplomatie mais aussi de la diaspora. Déjà ce sont des cadres qui nous coûtent, autant les valoriser.

- Les syndicats : voilà au moins des corporations qui n'ont pas besoin de sénateur pour les défendre. D'ailleurs il y a un cadre de concertation avec le gouvernement. Si on n'arrive pas à régler les problèmes à ce niveau, ce ne sont pas un ou deux sénateurs qui seront la solution.

-Des personnalités nommées par le président : le Président dispose déjà de larges pouvoirs pour nommer des ministres, des présidents d'institution valables, patriotes et conséquents. Il a un programme. A-t-il vraiment besoin de sénateurs ou d'autres serviteurs de la Nation pour réussir son programme. Si avec cette marge de man½uvre, il n'a pas su ou pu nommer les personnes qu'il faut, il répètera sûrement la même erreur avec les sénateurs. Et on imagine mal comment des gens qui mendient des postes de sénateur à longueur de journée à la télé et à la radio, seront utiles au peuple. D'ailleurs le Blaise COMPAORE joue lui-même sa crédibilité à travers ceux qu'il va nommer (si toute fois le sénat voit le jour). Car s'il faut juste nommer quelqu'un parce qu'il a participé au CCRP ou parce qu'il excelle dans le griottisme, il ya lieu de se poser des questions.

Comme on le voit, les arguments qui sont avancés ne tiennent pas, et nous semblons oublier que nous-mêmes (pour l'une des rares fois) avons donné des arguments aux sénégalais pour combattre leur Sénat. En effet, les sénégalais avaient dit à Wade que le Burkina Faso a expérimenté une 2ème chambre et ne l'avait pas trouvée utile. Qu'on ne nous dise surtout pas que le caractère délibérant du Sénat va changer quelque chose de fondamental par rapport à sa défunte ancêtre.

Pendant que l'on s'interroge sur les motivations réelles de cet entêtement, la réponse a fini par tomber le 6 juillet lors de la marche du CDP : la volonté de modifier l'article 37.

En effet, certains militants du CDP clament que pour modifier l'article 37, ils n'ont pas besoin du Sénat et que la majorité à l'Assemblée nationale suffisait. C'est malheureusement faux. Pour modifier l'article 37, il faut au CDP 97 députés sur les 127. Or les deux groupes ADJ et UPC font 30 députés. Avec la prise de position claire et ferme de l'ADF-RDA sur la question de l'article 37, toute issue y est bouchée.

La deuxième possibilité de modifier l'article 37 est la voie référendaire. Mais de ce coté, il y a d'énormes équations. La CENI, le climat social et surtout la CEDEAO. Pour aller à un référendum, le temps presse déjà car selon les recommandations de la CEDEAO, on ne peut pas modifier la Constitution à la dernière année du mandat. Il resterait au CDP quelques 14 mois pour tenir. Si on déduit le temps qu'il faudra pour calmer la fronde anti-Sénat, la révision des listes électorales, il y a fort à parier que cette possibilité se dissipe également.

Aussi, il n'est pas certain que la CENI actuelle va accepter d'organiser un référendum sur l'article37. D'ailleurs, il se dit dans certains milieux qu'il est prévu une liquidation de la CENI au profit d'une organisation des élections par le MATS. Il se trouverait que celle-ci (la CENI) ne leur facilite pas la tâche. Le ballon d'essai est déjà lancé avec les élections sénatoriales qui sont organisées par le MATS.

Toutes les possibilités étant presque bouchées pour modifier l'article 37, il ne reste que le Sénat. Le Congrès (Sénat + AN) comptera 127+89=216 membres. Or les décisions sont prises là-bas à la majorité absolu soit 109/216. Le CDP avec ses 70 députés, plus d'une trentaine (30) de sénateurs régionaux et les 29 acquis à nommer par le Chef de l'Etat, sortirait facilement vainqueur, bien sûr sans gloire ! On veut donc sacrifier 36 milliards juste pour modifier l'article 37, alors que pendant ce temps le peuple meurt de faim, les enfants n'ont pas d'écoles, les étudiants n'ont pas d'amphis et il ya 0,6 médecin pour 1000 burkinabè...

Nous avons une responsabilité historique : celle de mener ce combat.

En effet, ce régime opportuniste, qui a assassiné le Président Thomas SANKARA, canardé les Oumarou Clément OUEDRAOGO, Henri ZONGO et Boukary LENGANI, torturé à mort Boukari DABO, Guillaume SESSOUMA, brûlé Norbert ZONGO et ses compagnons et dont la seule prouesse est d'avoir réussi à berner le peuple à travers des mirages d'émergence et surtout, à nous placer derrière les autres nations, s'apprête à se jouer une fois de plus du peuple.

Heureusement, l'opposition a lu et compris son jeu ! Le clergé catholique a disséqué sa man½uvre et s'en est écartée ! Des syndicats vigilants ont décrypté sa stratégie et l'ont condamnée ! La très grande majorité de notre peuple sait maintenant qui est qui, qui veut faire quoi et pourquoi ?

Alors, il ne nous reste plus qu'à unir nos efforts pour conquérir notre liberté confisquée depuis si longtemps !

C'est pourquoi le Front des Forces Sociales (FFS) lance un appel à la mobilisation générale de tous ses militants et sympathisants, à tous les démocrates et patriotes, du pays pour que nous sortions toutes et tous massivement le 28 juillet pour rejeter le Sénat, pour refuser la modification de l'article 37, pour dire NON au pouvoir à vie !

Seule la lutte libère !

F.F.S., Parti de l'Avenir !

Pour le Bureau politique national, Le Président National

Norbert Michel TIENDREBEOGO

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