mis à jour le

Mezouar, maître du jeu politique !

Qui aurait parié sur Mezouar et le RNI il y a encore tout juste six mois ?

À l'époque, le leader du Rassemblement national des Indépendants était plutôt en situation inconfortable, attaqué par le PJD et ses parlementaires les plus virulents, descendu en flammes par une certaine presse, accusé qu'il était d'avoir «échangé» des primes avec M. Noureddine Bensouda, Trésorier général du Royaume. Certains demandaient une commission d'enquête parlementaire, d'autres qu'ils soit déféré devant la justice, et d'autres encore, tout simplement sa «tête», le sommant d'interrompre sa carrière politique…

Et voilà que par la «grâce» des évolutions politiciennes, (car la démission des ministres du PI n'a rien à voir avec la «haute politique»), parce qu'il n'est dans l'intérêt de personne d'aller vers des élections législatives anticipées, Mezouar et son parti sont remis en selle…

Et de quelle manière !

Reçu pendant plus de trois heures par le chef du gouvernement, il s'est vu proposer par Abdelilah Benkirane une participation à la nouvelle coalition parlementaire destinée à pérenniser l'expérience PJD à la tête de l'Exécutif.

Et, cerise sur le gâteau, l'ancien Grand Argentier a eu droit, dans la même foulée, à des excuses de sa part, Benkirane avouant même, d'après certaines informations, qu'il s'était opposé (mais mollement sans doute) à la campagne qu'avaient menée contre le leader du RNI certains secteurs du parti islamiste.

Mezouar, qui garde de son passé de basketteur, le sens tactique, la feinte et l'esquive, pour garder sinon le ballon, du moins l'avantage, n'a répondu à l'offre du Chef du gouvernement que par l'annonce qu'il communiquerait la teneur des propositions aux instances habilitées du RNI.

Un «temps mort» qui lui permettra, tout à la fois, d'obtenir l'aval de ses troupes, mais surtout, de négocier avec les «barons» du parti de la colombe, le «dispatching» soigneusement pesé des postes à pourvoir.

Une opération délicate tant sont nombreux au sein de ce parti les ambitieux aux dents si longues qu'elles rayent les parquets…

En tout état de cause, lorsque les candidats seront connus et proposés, c'est que les discussions entre les nouveaux alliés seront arrivées à leur terme, ce qui, selon bien des probabilités, ne saurait intervenir avant plusieurs semaines.

Car si le RNI serait enclin à placer la barre le plus haut possible, ni le PJD et encore moins le PPS et le MP ne voudront faire la part trop belle à leur sauveur de la dernière chance.

Cela signifie, sans nul doute, que les négociations seront sinon difficiles, du moins longues, surtout en cette période estivale et « ramadanienne ».

Il faudra en effet, aux protagonistes de la nouvelle mouture majoritaire, s'accorder sur les noms des nouveaux (et nouvelles) ministres, et, surtout, sur un programme alors que le RNI avait voté contre la déclaration d'investiture de l'équipe Benkirane 1.

En outre, la prochaine déclinaison programmatique du nouveau gouvernement devra tenir compte des urgences qui sont devenues très pressantes et qui se rangent dans la case «réformes», à la fois pour répondre aux attentes des institutions internationales qui suivent le Maroc avec une grande attention, mais aussi pour conforter un RNI, fort critique jusque-là, dans l'idée qu'il aura eu raison de choisir la voie de la coopération avec son adversaire d'hier, le PJD.

A la faveur de ce qui arrive donc aujourd'hui au sein de la classe politique marocaine  on aura compris que l'adage, «Le Parthénon est tout proche de la Roche Tarpéienne » vaut aussi bien pour la Rome antique que pour Rabat la moderne.

Et ce n'est pas Salaheddine Mezouar, maitre du jeu pour l'instant, qui s'en plaindra…

Fahd YATA

moustache7

 

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Maroc : Alerte de pluies et averses importantes dans plusieurs villes  Obsèques  La terre a tremblé 

jeu

AFP

Nigeria: l'opérateur sud-africain MTN a fait le jeu de Boko Haram, estime le président Buhari

Nigeria: l'opérateur sud-africain MTN a fait le jeu de Boko Haram, estime le président Buhari

AFP

Le nzango, jeu d'enfant congolais en quête de reconnaissance sportive

Le nzango, jeu d'enfant congolais en quête de reconnaissance sportive

Rodolph TOMEGAH

Alaixys Romao: Le Togolais pas d’accord avec le système de jeu de l’OM

Alaixys Romao: Le Togolais pas d’accord avec le système de jeu de l’OM

politique

AFP

La longévité politique des chefs d'État africains

La longévité politique des chefs d'État africains

AFP

RDC: Kabila s'en tient

RDC: Kabila s'en tient

AFP

Guinée: le dialogue politique bloqué par des divergences sur les élections locales

Guinée: le dialogue politique bloqué par des divergences sur les élections locales