mis à jour le

Manifestation devant le minstère de l'Intérieur, Tunis, 25 juillet 2013 / Nawaat
Manifestation devant le minstère de l'Intérieur, Tunis, 25 juillet 2013 / Nawaat

Tunisie: qui était l'opposant Mohamed Brahmi?

Il n'avait pas la popularité d'un Chokri Belaïd, mais il n'a cessé de bousculer les islamistes d'Ennahda.

Peu de temps après l'annonce de l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, l’une de ses filles a laissé entendre que les auteurs seraient deux individus à bord d’un deux-roues de type Vespa. Un point confirmé dans un communiqué par les autorités.

Mais l’identité de ceux qui ont tué Mohamed Brahmi de onze balles dans la tête ce 25 juillet, alors qu’il sortait de son domicile de Tunis, n’est pas encore connue. Encore moins les mobiles de l’assassinat.

Toujours est-il que Mohamed Brahmi commençait à donner du fil à retordre aux islamistes d’Ennhada, au pouvoir en Tunisie depuis la chute de Ben Ali. Député de l’Assemblée nationale constituante tunisienne, Mohamed Brahmi était aussi le chef d’un parti d’opposition de gauche, le Mouvement populaire.

Vif et déterminé

Né en 1955,  dans la région de Sidi Bouzid, là même où a commencé la révolution tunisienne, le député de gauche était enseignant d’économie et de gestion. Son engagement en politique coïncide avec ses années universitaires au cours desquelles il intègre le mouvement des étudiants arabes progressistes et unionistes. C’est après la révolution qui a chassé l’ex-dictateur Ben Ali du pouvoir qu’il crée le Mouvement du peuple.

Elu député à l’Assemblée nationale constituante tunisienne, Mohamed Brahmi n’a de cesse  de critiquer les dérives du parti islamiste Ennahda (au pouvoir). Son opposition radicale l’amenait bien souvent à employer un langage pour le moins fleuri. Lors d’une interview à la Radio Mosaïque, il avait notamment dit vouloir «émasculer les institutions de l’Etat».

Ancré à gauche

Certes, il n’avait pas la popularité d’un Chokri Belaïd, tué 6 mois avant lui, quasiment dans les mêmes circonstances. Mais Mohamed Brahmi ne faisait aucune concession au pouvoir en place. Il avait notamment rejoint le mouvement Tamarrod, qui s’était lancé en Tunisie, de la même façon qu’en Egypte, et qui exige la dissolution de l’Assemblée constituante et le départ d’Ennahda.

Le leader de ce parti, Rached Ghannouchi a déclaré que le meurtre de Brahmi était «un meurtre contre la Tunisie et la démocratie» et que, à travers cela, on cherchait à «mettre la Tunisie dans l’instabilité et pousser les Tunisiens à s’accuser les uns les autres.»

R.M

Raoul Mbog

Raoul Mbog est journaliste à Slate Afrique. Il s'intéresse principalement aux thématiques liées aux mutations sociales et culturelles et aux questions d'identité et de genre en Afrique.

 

 

Ses derniers articles: Les femmes de Boko Haram sont aussi dangereuses que les hommes  Le problème avec les gens qui veulent «sauver l'Afrique»  Bienvenue en enfer 

Chokri Belaid

Dialogue national

La Tunisie retient son souffle

La Tunisie retient son souffle

Tunisie

L'opposition veut la chute d'Ennahda

L'opposition veut la chute d'Ennahda

Mobilisation

Vendredi de colère en Tunisie

Vendredi de colère en Tunisie

Mohamed Brahmi

Guéguerre

Les députés de l'opposition tunisienne sous pression

Les députés de l'opposition tunisienne sous pression

Instabilité

La Tunisie est morte avec Mohamed Brahmi

La Tunisie est morte avec Mohamed Brahmi

Tunisie

AFP

Soutien affiché des Premiers ministres du Benelux

Soutien affiché des Premiers ministres du Benelux

AFP

Panser les plaies de la dictature, le défi de la Tunisie

Panser les plaies de la dictature, le défi de la Tunisie

AFP

La Tunisie

La Tunisie