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AU RYTHME DU RAMADAN La Korité n’est pas une priorité

La plupart des Sénégalais attendent la Tabaski pour se parer de nouveaux habits et de nouvelles chaussures. Pour la Korité, beaucoup d'entre eux se contenteront de faire un tour chez la teinturière ou le cordonnier du coin. Dégâts collatéraux de la crise économique ambiante ? Sans doute !

A quelques semaines de la Korité, certains ouvriers commencent à se frotter les mains. Teinturiers, blanchisseurs, cordonniers, peintres, menuisiers métalliques et autres sont tous aux aguets pour rendre plus beaux habits, chaussures et maisons. Sur les allées de Front de Terre, les bruits des gourdins se font entendre depuis les voitures de transport en commun, les ruelles des Hlm. Assis devant ses affaires, brosses, cirages, fer à pied, et autres produits, Amadou Dia est en train de réparer des chaussures. Il s'active à refaire des chaussures, du genre babouches, nu-pieds, sandales en cuir, entre autres. Non loin de lui, Abdoulaye Kane, lui aussi cordonnier. Lui par contre s'est spécialisé à réparer les sacs à mains et les chaussures de femmes. «En cette période, les femmes viennent surtout avec des chaussures achetées chez les Chinois». Épingle à la main, corde serrée entre les dents, cet homme habillé en tenue de travail délavé par le soleil, confie qu'il a commencé à veiller pour recevoir ses clientes. «Les femmes viennent souvent la nuit pour réparer leur sac et autres accessoires», sourit-il.

Bon marché

Les teinturiers eux ont commencé à se frotter les mains depuis le début de ramadan, nous renseigne Ousmane Baldé. Assis sur une natte, «taparka» (gourdin pour donner un coup de neuf aux habits) à la main droite, dans son tee-shirt blanc, il informe que ses premiers clients ont déjà récupéré leur dû. Interpellé sur le coût de la main-d'½uvre, Oussou, comme le surnomment ses clients, indique qu'il ne suffit «que de 1500, 2000 ou 6000 francs Cfa» pour avoir de nouveaux habits. Selon lui, «comme les moyens font défaut, la seule alternative, ce sont les teinturiers ou les blanchisseurs». Une déclaration confirmée par une cliente venue récupérer ses habits. «Je dois me contenter de teindre mon boubou et d'attendre la Tabaski pour acheter un nouveau». Elle ajoute que c'est un système D pratiqué par bon nombre de Sénégalais car la crise sévit partout. Coumba Sall, elle aussi cliente, est venue pour teindre son boubou. Cette fille de 25 ans, teint clair, vêtue d'une robe multicolore, estime qu'il lui arrivait d'acheter des habits pour son mari, mais qu'elle est obligée de se rabattre sur les teinturiers.

Dépense quotidienne

De nationalité ivoirienne, habillé en chemise et pantalon kaki, Alassane Bâ est un blanchisseur habitant Grand Yoff. L'éclat du soleil en rajoute à sa bonne humeur. La raison ? «Notre seul allié ces temps-ci, c'est le soleil. Surtout que la cherté de la vie pousse certains à reporter leurs anciens habits et à solliciter nos services. C'est seulement à l'approche des fêtes de Korité et de Tabaski qu'on fait nos meilleures affaires. Les autres jours, les Sénégalais se préoccupent plus de dépense quotidienne que d'habillement. C'est ce qui pousse les gens à apporter leurs habits. Ils n'ont pas les moyens de se procurer des habits neufs», renseigne Alassane Bâ. Ce système de débrouillardise est visible aussi chez les maçons, peintres et menuisiers (bois et/ou métalliques) qui voient leurs chiffres d'affaires grimper. C'est le cas de Serigne Modou Sarr, connu sous le nom de Tony, qui crèche à Ouagou Niayes 1 : «Chaque année, en cette période, mes clients deviennent plus nombreux. Certains réfectionnent toute la maison, la peinture, les meubles, même parfois les fleurs».

Aïssatou Doucouré NDIAYE

Rewmi

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