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Togo: élection des députés sur fond de contestation

Les Togolais élisaient jeudi leurs députés au cours d'un scrutin retardé par une série de manifestations antigouvernementales et où l'opposition, bien que divisée, cherche à marquer des points face au régime de Faure Gnassingbé à deux ans de la présidentielle.

A Kodjo Via Copé, quartier populaire de Lomé et fief de l'opposition, Saesse Damado, une coiffeuse de 32 ans, arborait fièrement le tampon sur son doigt, preuve qu'elle a voté.

Mais elle se dit inquiéte "parce que certaines personnes n'ont pas trouvé leur nom ce matin sur la liste. Ils ont fait leur inscription ici mais ils ne trouvent pas leur nom, ils ont tout mélangé".

Ces élections sont le plus récent chapitre d'une lente transition vers la démocratie, le Togo ayant été gouverné d'une main de fer pendant plus de 30 ans par le président Gnassingbé Eyadéma, jusqu'à sa mort en 2005.

Porté au pouvoir par l'armée, son fils Faure Gnassingbé lui a succédé en 2005. Il a remporté en 2005 puis en 2010 des scrutins présidentiels dont les résultats ont été contestés par l'opposition.

Le parti présidentiel avait obtenu 50 sièges sur 81 lors des législatives de 2007. Cette fois-ci, 91 sièges sont à pourvoir et 26 partis politiques prennent part aux élections.

L'opposition et la société civile ont manifesté ces derniers mois pour réclamer des réformes préalables au scrutin, initialement prévu en octobre 2012.

Plusieurs partis avaient même menacé de boycotter le scrutin, mais ils ont finalement décidé d'y participer après avoir obtenu notamment des scrutateurs dans les bureaux de vote et des financements publics pour leur campagne.

Divisée, l'opposition est représentée pour l'essentiel par le collectif "Sauvons le Togo" (CST) et la coalition Arc-en-Ciel.

Les pays d'Afrique de l'Ouest et l'Union africaine ont déployé des observateurs après une campagne largement pacifique.

Le chef de la mission de l'UA, Kabiné Kamara, ancien Premier Ministre de Guinée Conakry, a déclaré à l'AFP que les choses se déroulaient relativement bien en début de scrutin, avec des bureaux de vote ayant ouvert à l'heure pour la plupart.

L'opposant Jean Pierre Fabre, après avoir voté à Lomé, a toutefois dit avoir entendu parler de bureaux de vote qui ont ouvert en retard et de matériel électoral non livré à temps dans certains endroits.

"Malgré cela je demeure confiant", a-t-il assuré à l'AFP.

A la veille des élections des membres de l'opposition avaient accusé le parti au pouvoir de vouloir frauder et avaient appelé à un nouveau report du scrutin.

Certains électeurs ausis exprimaient des doutes, comme Yaovi Adjo, 32 ans, gardien dans une entreprise, arrivé à 5 heures du matin pour éviter l'attente dans la journée.

"Il faudrait un peu de temps, encore, pour s'assurer que c'est bien préparé", a-t-il confié à l'AFP parmi la centaine de personnes patientant sous une pluie fine dans la cour d'une école d'un quartier administratif de Lomé, 

La plupart des grands noms de l'opposition se sont regroupés sur la liste du CST, à l'instar de M. Fabre, chef de l'Alliance nationale pour le changement (ANC, opposition) et principal adversaire de M. Gnassingbé à la présidentielle de 2010, et celle de la coalition Arc-en-ciel.

Le parti de Gilchrist Olympio, figure historique de l'opposition et fils du premier président togolais, qui a conclu un accord avec le pouvoir en 2010, prend aussi part au scrutin même si lui-même n'est pas candidat.

Dans la capitale, c'est la ministre de la promotion de la Femme Patricia Dagban-Zonvidé qui conduit la liste de l'Union pour la République (UNIR), le parti au pouvoir).

Elle a dit à l'AFP souhaiter "une majorité confortable pour permettre au chef de l'Etat de continuer ce qu'il a commencé depuis 2005", notamment de grands travaux d'infrastructures.

Le vote commencé vers 07H00 (locales et GMT) devait s'achever à 16H00. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant plusieurs jours.

 

AFP

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