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L’opposition en Syrie enrôle des enfants dans le conflit armé

Le fait que l’opposition enrôle des enfants dans le conflit armé syrien mérite une attention accrue de la part de la communauté internationale et des Nations unie, a déclaré le délégué aux droits de l’Homme du ministère russe des Affaires étrangères Konstantin Dolgov.
« Nous espérons que ces faits ne resteront pas sans une réaction appropriée de la communauté internationale, notamment du représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour les enfants et les conflits armés », a indiqué le responsable russe dans un communiqué publié mercredi sur le site Web du ministère des Affaires étrangères.
La Russie est en outre perplexe face aux informations selon lesquelles des terroristes d’Al-Qaïda prendraient part à l’entraînement militaire d’enfants et adolescents syriens, « ces faits témoignant d’une violation flagrante des droits des enfants, notamment du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant », a-t-il poursuivi.
Moscou espère que ceux qui « ont une influence sur l’opposition armée en profite pour convaincre ses partisans de respecter les normes du droit international », a conclu M.Dolgov.
Le secrétaire général adjoint de l’Onu, Ivan Simonovic, a annoncé mardi disposer des preuves solides de l’enrôlement d’enfants par les commandos syriens.

L’âge n’est pas un critère disqualifiant

« Ils nous ont appris à tirer et à assembler une arme », confie Majid, un garçon de 16 ans originaire de Homs, à l’organisation internationale Human Rights Watch ( HRW ) . Selon son témoignage, l’âge n’est pas un critère disqualifiant pour l’ASL. « Les tâches qu’ils nous confient dépendent de nous, continue-t-il. Si vous avez un coeur vaillant, ils vous enverront vous battre aux check-points ! »

Selon HRW, à l’instar de Majid et de Raed, d’autres enfants – dont certains âgés d’à peine 14 ans – auraient servi dans au moins trois brigades de l’opposition, même si toutes ne peuvent être accusées d’avoir recours à ces méthodes. Tour à tour vigies, transporteurs d’armes et de nourriture, certains ont également rejoint les unités combattantes de l’ASL. Quelques-unes donneraient même un entraînement militaire à certaines de leurs jeunes recrues. Une mobilisation qui n’est pas sans conséquence. Comme le précise HRW, le Centre de documentation des violations en Syrie fait état de 17 enfants tués au combat dans les rangs de l’ASL et de nombreux blessés et invalides à vie.

Comment ces enfants sont-ils recrutés ? Selon HRW, les adolescents le plus susceptibles de rejoindre les branches armées de l’opposition seraient les enfants de réfugiés dans les pays frontaliers, ou ceux issus des classes populaires. Les jeunes combattants volontaires seraient souvent soumis à une pression tacite pour rejoindre l’opposition, notamment dès lors que des membres de leur famille ont été tués ou font eux-mêmes partie de l’ASL.

Crime de guerre

Le recours à des mineurs par des groupes armés est pourtant considéré comme un crime de guerre selon le droit international. Comme le rapporte HRW, le statut de Rome de la Cour pénale internationale fixe l’âge minimum pour la participation à des « hostilités directes » à 18 ans. Selon cette règle, le terme « hostilités directes » non seulement interdit la participation des enfants aux combats, mais prohibe également toute activité liée de près ou de loin à l’exercice de la guerre – les fonctions de messager ou de ravitailleur, par exemple.

HRW n’est pas la première institution à se soucier de la participation de mineurs aux combats. En août dernier, la commission d’enquête sur la Syrie des Nations unies exprimait déjà son inquiétude à ce sujet. Néanmoins, le Conseil national syrien (CNS), représentant politique de l’opposition syrienne, nie avoir pris connaissance du phénomène. « Nous sommes absolument opposés au recours à des mineurs et sommes très attachés aux principes universels des droits de l’homme », affirme l’un des représentants de son bureau de presse parisien, contacté par Le Point. « Ayant visité les territoires libérés, je n’ai pas vu de mineurs porter des armes et nous n’avons pas de preuves que c’est vrai », continue-t-il, avant de nuancer ses propos : « J’ai en revanche vu des enfants impliqués dans le conflit. Il est probable, même si je n’en ai pas été témoin, que certains contribuent à la logistique ; mais si c’est le cas, nous sommes tout à fait contre et cela doit immédiatement cesser », soutient-il.

Tunisie Focus

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