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Assurance maladie obligatoire : REGAIN D’INTERÊT A SIKASSO

La Caisse malienne de sécurité sociale a enregistré un taux important de ré-adhésion à l'AMO des travailleurs des collectivités locales, notamment les enseignants

« A bon vin, point d'enseigne », l'adage pourrait s'appliquer aujourd'hui à l'Assurance maladie obligatoire (AMO) dont la mise en ½uvre avait fait des vagues au départ. Ce régime de protection sociale, notamment de prise en charge du risque maladie pour les fonctionnaires et autres travailleurs régis par le code du travail, fait ses preuves, un peu partout, grâce à ses résultats.

Pour jauger le fonctionnement de l'AMO et du Régime d'assistance médicale (RAMED, destiné à la prise en charge des indigents), le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, le Dr Mamadou Sidibé a effectué du 21 au 23 juillet une visite dans la région de Sikasso. Il a pu y apprécier les efforts des organismes gestionnaires délégués (OGD) et des prestataires impliqués dans la mise en ½uvre de ces régimes de protection sociale. Le ministre était accompagné du directeur national du développement social, du directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (CANAM), en charge de la gestion de l'AMO, Ankoudio Luc Togo, et du directeur national de la protection sociale et de l'économie solidaire, Aboubacar Maïga «Boubèye».

A la direction régionale du développement social, le ministre Sidibé a mesuré les efforts de soutien et d'accompagnement de cette réforme phare dans notre pays. Il s'est ensuite rendu à la direction régionale de la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS) où il a été informé d'un taux important de ré-adhésion à l'AMO des travailleurs des collectivités locales, notamment les enseignants.

Cet OGD enregistre en moyenne 200 adhérents et ré-adhérents chaque mois. Ainsi aujourd'hui, sur les 4387 agents des collectivités de la région, ont dénombre 2032 adhérents au régime. Mais cette tendance est très inégale puisque sur la trentaine de travailleurs de la mairie de Sikasso, un seul est assuré à l'AMO.

A la direction régionale de l'Institut national de prévoyance sociale (INPS), autre OGD, l'arrivée de la délégation a coïncidé avec le cas d'un enseignant venu régulariser sa situation à l'INPS. Ce pédagogue qui émarge au budget des collectivités a témoigné de son regain d'intérêt pour l'assurance maladie obligatoire. Son exemple est cependant loin d'être représentatif car sur les 13 000 salariés potentiels à prélever au niveau de l'INPS, seuls environ 500 sont  inscrits à l'AMO. Explication : les grosses sociétés, notamment la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT) et les sociétés minières paient directement les cotisations de leurs travailleurs à la direction nationale de l'établissement.

Le ministre Sidibé a constaté les difficultés de mise en ½uvre des deux régimes au centre de santé de référence (Csref) de Sikasso. A ce niveau, il a invité les prescripteurs à s'inscrire dans la dynamique de promotion des médicaments génériques et dans l'esprit AMO pour éviter les dysfonctionnements. Ceux-ci sont liés au fait que des médecins généralistes se mettent de plus en plus à prescrire systématiquement des médicaments de spécialités pour les assurés. Alors  que les équivalents de ces produits existent dans les génériques avec les mêmes molécules présentant les mêmes principes actifs.

A l'hôpital régional de Sikasso, Mamadou Sidibé a noté que les consultations sont globalement en nette progression grâce à l'AMO. L'établissement encaisse en moyenne près de 3 millions de Fcfa sur les consultations, les hospitalisations et les ordonnances des assurés AMO. Le ministre a examiné le circuit du malade dans cet établissement hospitalier dont les responsables ont souligné le casse-tête constitué auparavant par la gestion des gratuités pour le personnel. La quasi totalité des 220 agents de l'hôpital étant aujourd'hui assurés à l'AMO, l'hôpital prend en charge le ticket modérateur, 30% en soins ambulatoires (consultations) et 20% en hospitalisation pour le personnel. Le gap est financé par la CANAM. Cette répartition fournit véritablement un bol d'air à l'hôpital.

Le Dr Mamadou Sidibé s'est ensuite rendu à la pharmacie Joseph Médine santé, une officine conventionnée à l'AMO. Les ordonnances présentées par les assurés dans cette officine sont rapidement livrées. Ici on témoigne d'une totale satisfaction sur le respect du délai imparti pour le remboursement des médicaments fournis aux assurés. Le ministre a discuté avec les responsables de la Mutuelle de santé de la commune urbaine de Sikasso (MUSCUS).

Après la visite des structures effectuées en compagnie du gouverneur de la région, Mahamadou Diaby, le ministre a rencontré les différents acteurs impliqués dans la mise en ½uvre des deux régimes pour recenser leurs préoccupations essentielles. Il a listé les problèmes puis dressé une sorte de feuille de route pour la résolution des difficultés liées au processus d'acquisition des cartes d'assurés. Il a invité la CANAM à délivrer le maximum de cartes d'assurés avec photos dans les 6 prochains mois.

L'AMO est un instrument social qui permet à chacun de participer à la solidarité nationale et sa réussite va dans l'intérêt de tous, a plaidé Mamadou Sidibé qui a salué à ce propos, la prise de conscience prononcée en faveur de la pertinence de l'AMO. Il a rappelé à la direction générale de la CANAM, la nécessité de s'atteler à produire des cartes avec photos et d'abonner les supports vinyle et les récépissés initialement délivrés aux assurés pour accéder aux prestations. « Il nous faut développer des stratégies pour minimiser les fraudes », a expliqué le ministre du Développement social, de la Solidarité et des personnes âgées. Malgré l'embellie, « nous sommes interpellés parce que nous avons l'obligation de continuer à satisfaire les usagers », a-t-il averti.

Pour le directeur de la CANAM, la gestion métier de l'AMO est en train de s'enraciner dans les pratiques quotidiennes. Il a rappelé que l'AMO est un régime important dans le tissu des réformes en cours avant d'expliciter quelques difficultés.

B. DOUMBIA 

 

 

 

 

 

L'essor

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